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RUBRIQUES, REAPPROPRIATIONS, APPLICATIONS, TEXTES FONDATEURS, MONDES, MERVEILLES...
Rubrique 4 LIEUX COMMUNS, réappropriation de l’Environnement, application TERRA INCOGNITA, texte fondateur HANNIBAL AUX ELEPHANTS, 4em monde du VIVANT, 4em merveille « TELEPHERIQUE DE L’AIGUILLE DU MIDI » à Chamonix (France), en lien avec ARCHE DE NOE, LANGUE DE PUB, TERRITOIRES, A LA TRACE, ARGENT TROP CHER, PERSONNAGE VIVANT PLUS VRAI QUE NATURE, PARTIE COMMUNE.

 

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MODE     D’EMPLOI

 NOUVEAU MONDE

Le piéton voyageur des villes ou des champs cultive son jardin et partage sa relation avec la Terre. L’environnement de son monde dans toute sa (bio)diversité, une inconnue ? De quoi faire partager ses petites observations (climatiques ou autres…), même les plus anodines, manières de faire à travers les âges et les générations, autour de soi ou au-delà (dans le jardin, les parcs, la rue, le balcon…). Quelles modifications de la Terre, réelles ou imaginaires, au fil des jours ? Le temps de le poster sur Google Keep, Facebook Astrolabe Compendium@pietonvoyageur ou Twitter @astrolabe10.

Pour revenir au menu principal, cliquez sur 64 APPLICATIONS PRATIQUES ou au menu particulier en allant sur APPLICATIONS PRATIQUES rubrique 4. Vous pouvez voyager ailleurs en tapant par exemple VIE(S) DU VETEMENT, GRIMOIRE, LE GOUT DE LA LANGUE, MIRO, SAINT JULIEN EN JARREZ, BICYCLETTE, CARNET DEGUISE, LA VIE MOLESKINE, RUE DE GRENELLE, VALERIE GISCARD D’ESTAING, VERSAIRE, GLEIZE, RUE DE SEZE, CARTOGRAPHIE IMAGINAIRE DES QUARTIERS… ou proposer le mot de votre choix.

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GEOGRAPHIE PHYSIQUE, HUMAINE, REGIONALE, SCIENCES SOCIALES, MEMOIRES DES TERRITOIRES ET DES SINGULARITES...

 

 

 

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DIDIER COFFY

Logo YouTube ASTROLABE  COMPENDIUM Didier Coffy —  PLAYLIST MUSIQUE ET CINEMA « Bande originale du film de la vie (1, 2, 3, 4, 5) ».

 » La crise environnementale actuelle, celle de l’Homme dans sa globalité, révèle un déséquilibre du vivant. Le mot «crise» est à prendre ici au sens de «devoir faire un choix» (latin « crisis » assaut de la nature et grec « krisis » distinguer, séparer, passer au crible…) avant de l’associer à une idée de «période de tensions». Ce déséquilibre sérieux signale l’altération profonde d’une gravité négligée en son Centre (latin «gravis» assumer la charge morale et intemporelle du lien Homme / Planète avec noblesse, dignité et proximité) entraînant l’Etre dans un porte-à-faux avec lui-même et son réel. Le Centre synthétise en un seul point l’essence de l’Etre, son principe de dualité, ce qui fait LIEN dans l’équilibre de ses contraires (masculin/féminin, lumière/obscurité, Terre/Ciel…), la vérité de son IDENTITE. Maltraiter cet équilibre dé-centre et déboussole le sujet, lui fait perdre le Nord, la vue, la vie et le sens. L’altération de l’intégrité (in-tegritas ce qui fait tissu intérieur, réseau, lien social…) dé-géolocalise l’espèce et l’espace faisant perdre également à l’individu et à sa planète son ADN et ses repères, l’oxygène de ses liens intimes, visibles et invisibles avec le vivant.
Nous vivons donc d’abord une crise identitaire.
L’Astrolabe Compendium répare et recoud en apportant sa contribution à la restauration du tissu social de la communauté humaine dans son environnement, l’affirmation d’une écologie de la personne. Il est le résultat d’une recherche appliquée cherchant à rendre visible l’invisible au moyen d’un outil d’exploration intérieure à vocation humaniste générant du lien et créant les conditions du recentrage de la personne grâce à un principe de géolocalisation. La redécouverte de l’essentiel permet ainsi au sujet une réappropriation de son monde, l’affirmation d’une identité explorant de nouveaux territoires tout en s’ouvrant aux autres. De ce mouvement naturel remis en marche, un rééquilibrage de ce qui fait le vivant dans toute sa diversité singulière et plurielle. Les champs d’actions d’un tel dispositif novateur, souple et collaboratif s’inscrivent dans un environnement déstabilisé faisant du centre de chaque être, le lien fondateur d’une humanité en mouvement. Il ne suffit plus d’être informé sur le mauvais état de la planète et de sa biodiversité ni de déléguer la Parole auprès de ses représentants (politiques, associatifs…), il faut désormais rentrer dans son Histoire.  » (extrait de « Pays de la Meije »)

« Quelque chose questionne ainsi l’Origine et la Fin, une singularité plurielle dont on ne revendique que la souffrance, celle d’un voyageur sans bagage ni reconnaissance. Qui es-tu demande l’un, qui suis-je répond l’autre ? Un naufrage, sans doute un bateau ivre, « un équarissage pour tous » (Boris Vian) ? De ce grand hiatus, les germes invisibles d’une marche en avant (la statue du Bernin à Rome : avancer pour rétablir un équilibre) et au grand jour une évidence, sous la main et dans les yeux un Compendium au pied de la Lettre, une obligation d’aller à l’essentiel. Du mot au monde, la même distance à devoir se « re-boussoler le Nord ». Un Compendium en temps réel, une source d’énergie un combustible, les germes de la démocratie et son Utopie… — une aubaine dans cette alchimie d’un Temps en fragmentations, en nous et malgré nous un mouvement perpétuel, un développement durable. Le paradoxe d’un précipité à en accélérer encore l’histoire, l’antidote et son poison… Rien qu’une crise en chute libre (une dé-cadence, tomber) une transmutation, une Oeuvre au Noir réinventée en Blanc en Rouge mille couleurs, la pierre philosophale d’un monde et du mot, sa res-publica (Marguerite Yourcenar)… — seulement la fin d’un récit et de l’Histoire une grande fiction. Un nouveau chapitre dans la Narration, une nouvelle gravité en son Centre, à la recherche d’une humanité dans la constellation du Sagittaire, d’Orion ou du Capricorne… — le ciel de ce soir le dira peut-être, une voûte une étoile en direction d’un Nord à imaginer, seulement tendre la main : l’axe de la mappemonde ne se déplace que de trois centièmes de millimètre par rapport au soleil… quelques secondes, une éternité. » 

 « ETOILE DU NORD »

RUBRIQUE 7 ARTS ET METIERS

a nature est indispensable à Pierre, même s’il ne le dit jamais ouvertement. Il aime à se retrouver entouré d’arbres et de plantes. Son lien avec l’océan (plus que la méditerranée) est intense, le besoin d’apprécier le silence devant l’immensité de l’horizon, des vagues et des embruns. A l’inverse le jardin est d’abord pour lui un lieu d’expression sociale, la nécessité de montrer, d’exposer, de prouver… Pierre applique à la lettre (sans le savoir) les différentes fonctions du jardin : ce qui est planté devant la maison exprime ce que l’on veut montrer aux autres, ce qui est planté derrière ce que l’on cache, le non-exprimé. Il faut distinguer chez lui la question de la nature et sa relation avec le monde paysan (toujours ce souvenir douloureux lors de son adolescence pendant la guerre) même s’il faut séparer ce qu’il dit officiellement des paysans et sa relation avec eux à l’abri des regards. Le jardin de Pierre est un jardin de reconnaissance, un « jardin à la française » pour l’œil et la respectabilité. Il sous-entend un retour en flatteries, un respect des valeurs et de la notabilité, très loin du jardin contemplatif.

 Pierre aime les grands arbres, ceux qui poussent haut ou qui bénéficient d’une frondaison étendue. Les soirs d’été, il aime à aller les contempler, les toucher, les examiner dans son jardin. D’un pas lent et pensif, il évalue son patrimoine.

Un goût prononcé pour les jardins à la française, bien taillés, bien ordonnés. Tout doit être rectiligne, reflétant un niveau social… Pierre aime montrer son jardin, affectionne qu’on lui fasse des compliments sur le gazon bien coupé, les haies dans un parfait alignement. Une fois seul, à l’abri du regard des autres, Pierre aime la nature « authentique », les arbres en particulier qu’il contemple, touche, observe. Il s’irrite facilement si l’herbe n’est pas bien coupée, une feuille en trop ou une branche mal taillée. Tout doit être aux ordres d’une volonté, la main de maître de l’homme sur la nature.

Egalement une attirance très forte pour l’océan atlantique, les embruns, les côtes ventées isolées… rencontrées à Royan. Un goût pour l’immensité des flots, Pierre aime rester longtemps debout face à l’horizon. Quelque chose d’innommable en lui en ces instants là. Que ressent-il exactement en ces instants là ? Il n’en parle jamais. Bavard sur la géographie des lieux, sur le panorama… mais rien sur ce qui se joue à l’intérieur de lui-même. Quelles correspondances trouve-t-il avec les mouvements intérieurs de son âme ? L’océan est pour Pierre une parole muette. Un espace sacré insondable.

 « AUTOPSIE DU QUOTIDIEN DE PIERRE »

RUBRIQUE 2 NOUS SOMMES ICI

 

 » Revenir sur des lieux oubliés, remettre en lumière des catastrophes qui ont quitté l’actualité, adapter notre pratique du journalisme aux défis de la crise environnementale, c’est-à-dire décrypter la complexité, donner à voir l’invisible, couvrir le long terme autant que l’événement : Le Monde s’est associé au photojournaliste Samuel Bollendorff pour publier, du 1er au 8 septembre, une série de sept reportages en territoires contaminés. Ce sont des villes, des régions entières parfois, souillées par des pollutions irréversibles à l’échelle humaine du temps. Ces sept lieux ont été choisis – aux Etats-Unis, en Russie, au Japon, au Canada, en Italie, au Brésil ou encore au milieu de l’océan Pacifique – pour leur caractère exemplaire et la diversité des situations qu’ils illustrent. Leur point commun est d’être devenus impropres au développement harmonieux de la vie en général, et de celle des humains en particulier.
Au-delà de leur cas particulier, ils illustrent surtout une perturbante réalité : silencieusement, loin des regards, une partie du monde devient progressivement de moins en moins propice à la présence de la vie. Partout sur Terre, la majorité des substrats – les sols, l’air, l’eau – portent désormais la marque indélébile des résidus de l’activité humaine, sous forme de substances chimiques de synthèse, d’hydrocarbures, de métaux lourds, de pesticides… Les chiffres dépassent parfois l’imagination : en Chine, par exemple, les autorités ont révélé en avril 2014 que 16 % des sols du pays dépassaient les normes, déjà singulièrement laxistes, en matière de pesticides et de métaux lourds. Même dans les zones reculées de l’Arctique ou de la forêt amazonienne, présumées vierges, on trouve des traces de plastique, de phtalates, de divers composés toxiques et persistants. Bien souvent, ces substances se fixent dans la chaîne alimentaire et remontent, d’une manière ou d’une autre, jusqu’à nos assiettes.
Les mêmes erreurs sont commises

Car ces territoires souillés à jamais sont les nôtres. Nous partageons les histoires qu’ils racontent. Dans la petite ville d’Anniston, en Alabama, Monsanto a fabriqué pendant près d’un demi-siècle des substances hautement toxiques – les polychlorobiphényles (PCB) – et a pollué irrémédiablement la ville et ses habitants. Mais, avec le temps, on se rend compte que cette catastrophe n’est pas seulement locale : aujourd’hui, la majorité des humains portent en eux des traces ténues de ces substances. Leur présence est généralisée ; elles ne disparaîtront pas. Inlassablement, les mêmes erreurs sont commises, portées par la croyance que tout ce qui a été fait peut être défait, que la nature finira par éponger nos excès, et que toutes les ressources naturelles sont renouvelables, à l’infini.
Il y a près d’un an, en novembre 2017, 15 000 scientifiques avaient lancé dans nos colonnes un cri d’alarme sur l’état de la planète, prévenant qu’il serait bientôt trop tard pour agir, pour tenter de garder une Terre vivable sur le long terme. Ils appelaient l’humanité à changer radicalement de mode de développement. Quel chef d’Etat s’est emparé de leur message ? Un an est passé, rien n’a changé. La démission de Nicolas Hulot de son poste de ministre de la transition écologique, mardi 28 août, est à resituer dans ce contexte. « La planète est en train de devenir une étuve, nos ressources naturelles s’épuisent, la biodiversité fond comme neige au soleil, a-t-il dit. Et on s’évertue à ranimer un modèle économique qui est la cause de tous ces désordres. »

La série de reportages que nous publions montre les conséquences à long terme de l’inaction dénoncée par M. Hulot, de l’incapacité des Etats à prendre leurs responsabilités, à jouer pleinement leur rôle face aux forces économiques, comme garants de l’intérêt général et du long terme. Ces catastrophes ne sont pas seulement industrielles, elles signalent aussi de profondes défaillances dans l’action des gouvernements, qui préfèrent ensuite recouvrir pudiquement ces désastres du voile de l’oubli. Retourner sur les lieux, raconter les conséquences de ces tragédies, est une manière de les rappeler à leurs devoirs.  » (extrait journal LE MONDE, septembre 2018)

A 400 kilomètres à l’est de Moscou, Dzerjinsk, qui fabriquait des armes chimiques, fermée aux étrangers jusqu’à l’effondrement de l’URSS, reste l’un des territoires les plus pollués de Russie. Par Isabelle Mandraud (Dzerjinsk (Russie), envoyée spéciale)

De la route en terre s’élèvent d’épaisses volutes de poussière. Au bout, c’est un décor de fin du monde qui nous attend avec, au milieu d’une forêt de bouleaux éventrée, un trou noir. De cette masse informe d’une centaine de mètres de circonférence, profonde comme un immeuble de sept étages inversé – peut-être plus, allez savoir, personne ne l’a jamais mesurée précisément – surgissent des bidons, rouillés, tordus, qui paraissent hors d’âge. Impossible de s’aventurer plus loin que les bords : le sol, mou, se dérobe. Des fils gluants comme du chewing-gum s’étirent sous la semelle. L’odeur, exacerbée par un soleil de plomb inhabituel au printemps, est suffocante.
De l’autre côté de la piste, quelques foulées dans l’herbe sèche mènent tout droit à un immense toit de tôle, sorte de hangar désaffecté sous lequel sont dissimulés des monticules de terre, de gravats et de plaques d’amiante. Une côte à gravir et l’on débouche sur une énorme cuvette de boue aux tons multiples qui exhale cette fois des remugles de dissolvants. Dans un coin, un long tuyau à bout de souffle maintenu en hauteur crache une eau couleur orange vif qui retombe en glougloutant sur le sol. D’ici, des cheminées d’usine se distinguent nettement. Certaines tombent en ruine, leurs flancs couverts de touffes d’herbe. D’autres fonctionnent encore.

Dzerjinsk, érigée le long de la rivière Oka, s’étiole à l’ombre de Nijni Novgorod, la métropole de plus d’1,3 million d’habitants, ancienne cité impériale, distante d’à peine 35 kilomètres, sur les bords de la Volga. A côté, Dzerjinsk, ainsi nommée en l’honneur de Feliks Dzerjinski, fondateur de la terrible Tcheka, la première police politique soviétique, fait pâle figure avec sa population qui décroît : 232 000 habitants aujourd’hui, 287 000 en 1993. Dzerjinsk, son industrie à l’agonie, sa grand-place sans charme dominée par la statue de l’auguste bolchevique, et ses plaies béantes laissées par la main de l’homme.

LE MONDE

AOUT 2018

 

Ça vole haut dans les Écrins !
Record d’altitude enregistré cet été pour deux papillons des sommets.
La chenille de l’Ecaille des Grisons, papillon de nuit et d’altitude dont la répartition française est concentrée dans les Écrins, a été observée à 3000 mètres d’altitude. Autre record pour la zygène des sommets, observée à plus de 3700 mètres cet été également.

PARC NATIONAL DES ECRINS

SEPTEMBRE 2018

GEOGRAPHIE PHYSIQUE, HUMAINE, REGIONALE, SCIENCES SOCIALES, MEMOIRES DES TERRITOIRES ET DES SINGULARITES...

 

ETATS DES GLACIERS

BILANS, EVOLUTIONS…

 

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GLACIER LOMBARD

MASSIF DE L’OISANS

MAI 2O15 — MAI 2015 — SEPTEMBRE 2018 

2017

De janvier à mai 2017 : 590mm en neige. De juin à septembre : 200mm de pluie. D’octobre 2017 à décembre 2017 : 550mm en neige. En 2017, sur une pluviométrie totale de 1340mm : 1140mm l’ont été sous forme de neige. En cumul de neige fraîche d’une masse volumique moyenne au moment de la chute de 100 à 150kg/m3, cela représente 7,5 à 11 mètres d’épaisseur. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg) on tombe à environ 2,30 mètres d’épaisseur….. Avec un enneigement aussi faible, le glacier n’a pas la capacité d’affronter les étés chauds que nous avons actuellement, car il ne « fabrique » plus de glace …. La totalité de la neige tombée pendant l’hiver, fond pendant l’été. 

 

2018

Nous venons de voir que pendant le début de saison 2017/2018, les précipitations de neige à la fin 2017 ont été de 550mm. Voyons maintenant la situation deuxième partie de saison au premier semestre 2018 :
Le total des précipitations neigeuses de janvier à mai 2018 a été de 790mm. Comparativement sur la même période de 2017 (rappel 590mm) c’est 33% de plus et confirme l’impression que nous avions, d’un l’hiver 2017/2018 plutôt neigeux ! Il est donc tombé la saison dernière 550 + 790 = 1340 mm de neige sur le Lombard. En terme de cumul de neige fraîche (100-150 kg/m3) cela représente entre 9 et 13 mètres de neige fraîche. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg) on tombe à environ 2,70 mètres d’épaisseur. C’est un minimum pour espérer que le glacier fabrique un peu de glace… L’hiver dernier a donc été simplement correct, mais sans plus. Mais l’été ne lui a pas fait de cadeaux quand on voit que fin juillet la température moyenne est montée à 10°….. Malgré cet hiver neigeux, le Lombard ne s’est pas refait et la tendance négative se maintient. Malgré l’hiver neigeux, le glacier n’a rien « gagné » ! On peut même penser qu’il a encore perdu sur le coté en bas à droite, plus exposé au sud… Le point positif, des rochers qui étaient apparents en haut à gauche en 2017, ne sont plus visibles.

La saison prochaine 2018/2019. Malgré le triste constat que le glacier recule, il neigera heureusement dans les prochains mois. Il est donc temps d’anticiper ces chutes de neige, en faisant une évaluation de la surface du glacier. Nous sommes principalement sur de la glace vive (1)  sauf sur la partie droite haute (2). Les crevasses sont plutôt petites et majoritairement remplies de neige transformée. On peut donc classifier le glacier d’un point de vue neige/glace en catégorie 2*.

:
Névé : La surface du glacier a des parties qui restent enneigées en permanence, avec de la neige très ancienne qui date de plusieurs mois. C’est souvent le cas du névé. Elle n’est pas lisse, mais présente de faibles irrégularités. Sa masse volumique à faible profondeur est de l’ordre de 450 à 650 kg/m3. Graduation 1
• Glace et petites crevasses : Glace vive striée de petites crevasses plus ou moins remplies de neige ancienne. Graduation 2 • Grandes crevasses : Grandes crevasses ouvertes et peu remplies de neige, qui nécessiteront la création de ponts de neige pour être franchissables. Graduations 3 et plus (en fonction de la largeur).

. Les rochers : Pendant l’été avec les températures positives se produisent de nombreux éboulis. Parfois ils se limitent au pied de la paroi mais, ils peuvent également impacter fortement des parties du glacier plus éloignées. En fonction de la taille estimée de ces rochers, on attribuera une graduation du même type que pour l’état de surface de la neige&glace. Rochers d’une petite taille (<50cm) :1 Rochers d’une taille moyenne (<1m) : 2 Rochers de taille plus importante (<1,5m 3 Etc…..

 

GLACIER DE SAINT SORLIN

MASSIF DES GRANDES ROUSSES (SEPTEMBRE 2018)

 

2017

De janvier à mai : 780 mm en neige. De juin à septembre : 410 mm de pluie. D’octobre 2017 à décembre 2017 : 650 mm en neige. En 2017, sur une pluviométrie totale de 1840mm : 1430mm l’ont été sous forme de neige. En cumul de neige fraîche d’une masse volumique moyenne au moment de la chute de 100 à 150kg/m3, cela représente entre 9,5 et 14,3 mètres d’épaisseur. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg/m3) on tombe à environ 2,8 mètres d’épaisseur….. Avec un enneigement aussi faible, le glacier n’a pas la capacité d’affronter les étés chauds que nous avons actuellement, car il ne « fabrique » plus de glace …. La totalité de la neige tombée pendant l’hiver, fond pendant l’été. Voir plus ! Il meurt petit à petit !
Nous venons de voir que pendant le début de saison 2017/2018, les précipitations de neige à la fin 2017 ont été de 650mm. Voyons maintenant la situation pour la deuxième partie de saison, au premier semestre 2018 : Le total des précipitations neigeuses de janvier à mai 2018 a été de 1240 mm. Comparativement sur la même période de 2017 (rappel 780mm) c’est 59% de plus et confirme l’impression que nous avions, d’un l’hiver 2017/2018 plutôt neigeux ! Il est donc tombé la saison dernière 650 + 1240 = 1890 mm de neige sur le Saint Sorlin. En terme de cumul de neige fraîche (100-150 kg/m3) cela représente entre 12 et 19 mètres de neige fraîche. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg) environ 3,8 mètres d’épaisseur. C’est beaucoup mieux que sur l’année 2017 et on pouvait espérer que le glacier se soit un peu refait…. Mais l’été a été très chaud, avec des températures moyennes jusqu’à 11° et surtout une arrière saison qui reste chaude. Fin septembre les températures sont toujours largement positives.

Effet d’une augmentation des températures de +1° et +2° avec la positionnement de la ligne d’équilibre du glacier. A +1°, il diminue de moitié et à +2° il disparait. Actuellement elle est à 2700m pour une orientation nord. Il y aura également une photo du glacier l’été 2003. Pas la peine de faire le moindre commentaire ensuite………..Malheureusement! Pour ce qui est de l’épaisseur de la glace, je n’ai pas l’information, mais certains changements de couleur me laissent penser que l’épaisseur sur les cotés est loin d’être importante. Sachant que l’albédo diminue rapidement quand le blanc n’est plus éclatant, l’effet de fonte se renforce encore. Auparavant il y avait ponctuellement des étés chauds, mais le glacier avait le temps de se refaire lors d’étés plus frais. Maintenant, nous enchaînons les étés chauds. C’est, il me semble, la principale et tragique différence. »

De janvier à mai : 605 mm en neige. De juin à septembre : 585 mm de pluie. D’octobre 2017 à décembre 2017 : 510 mm en neige.
En 2017, sur une pluviométrie totale de 1700mm , 1115mm l’ont été sous forme de neige.
En cumul de neige fraîche d’une masse volumique moyenne au moment de la chute de 100 à 150kg/m3, cela représente entre 7 et 11 mètres d’épaisseur. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg/m3) on tombe à environ 2,3 mètres d’épaisseur….. Avec un enneigement aussi faible, le glacier n’a pas la capacité d’affronter les étés chauds que nous avons actuellement, car il ne « fabrique » plus de glace ….
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GLACIER DU TOUR

MASSIF DU MONT-BLANC (SEPTEMBRE 2018)

Le total des précipitations neigeuses de janvier à mai 2018 a été de 1070 mm.
Comparativement sur la même période de 2017 (rappel 605mm) c’est 72% plus et confirme l’impression que nous avions, d’un l’hiver 2017/2018 plutôt neigeux !
Il est donc tombé la saison dernière 510 + 1070 = 1580 mm de neige sur le Tour. En terme de cumul de neige fraîche (100-150 kg/m3) cela représente entre 11 et 16 mètres de neige fraîche. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg) environ 3,2 mètres d’épaisseur. C’est beaucoup mieux que sur l’année 2017 (plus 0,9 m), on peut donc espérer que le glacier se soit un peu refait…. Mais l’été a été très chaud, avec une arrière saison qui est restée chaude jusqu’à mi-octobre…… 
N’oublions pas que l’hiver 2017-2018 a été très généreux en neige !
Saison 2018-2019. Les chutes de neige viennent de commencer, avant d’y aller, une évaluation de la sur face du glacier est nécessaire. Pour la classification, voir l’article AO « Les dessous des glaciers » . Globalement, on peut classer le glacier pour son état de surface en catégorie 2.
Au cours de l’hiver, AO assurera un suivi des précipitations, de manière à estimer l’accessibilité du glacier.

 

GLACIER DE TALEFRE

MASSIF DU MONT-BLANC (SEPTEMBRE 2018)

De janvier à mi-mai : 620 mm en neige. De juin à septembre : 1220 mm de pluie. De mi-octobre 2017 à décembre 2017 : 530 mm en neige.
En 2017, sur une pluviométrie totale de 2370 Mm : 1150 mm l’ont été sous forme de neige.
En cumul de neige fraîche d’une masse volumique moyenne au moment de la chute de 100 à 150kg/m3, cela représente entre 7 et 11 mètres d’épaisseur. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg/m3) on tombe à environ 2,3 mètres d’épaisseur….. Avec un enneigement aussi faible, le glacier n’a pas la capacité d’affronter les étés chauds que nous avons actuellement, car il ne « fabrique » plus de glace ….
La totalité de la neige tombée pendant l’hiver, fond pendant l’été. Voir plus !

Nous venons de voir que pendant le début de saison 2017/2018, les précipitations de neige à la fin 2017 ont été de 530 mm. Voyons maintenant la situation pour la deuxième partie de saison, au premier semestre 2018 : Le total des précipitations neigeuses de janvier à mi-mai 2018 a été de 1040 mm. Comparativement sur la même période de 2017 (rappel 620 mm) c’est 68 % de plus et confirme l’impression que nous avions, d’un l’hiver 2017/2018 plutôt neigeux !
Il est donc tombé la saison dernière 530 + 1 040 = 1570 mm de neige sur Talèfre. En terme de cumul de neige fraîche (100-150 kg/m3) cela représente entre 10 et 15 mètres de neige fraîche. Mais ramené à la masse volumique d’une neige transformée (500kg) environ 3,0 mètres d’épaisseur. C’est beaucoup mieux que sur l’année 2017 (+0,7m) et le Talèfre a plutôt bien résisté à l’été chaud et long que nous venons d’avoir, la partie haute particulièrement. Il est néanmoins peu probable que nous ayons un enneigement aussi favorable tous les hivers. Les étés eux, seront à coup sûr défavorables… 
Il neigera heureusement dans les prochains mois. Il est donc temps d’anticiper ces chutes de neige, en faisant une évaluation de la surface du glacier. On peut classer le glacier de Talèfre pour son état de surface en catégorie 3, à condition de bien le connaître…. Mais le 4 est recommandé, car il y a pas mal de rochers et la surface n’est pas égale.

ETUDES DE AUTRESOISEAUX.COM

 

TEMPETE ADRIAN

OCTOBRE 2018

Le mois d’octobre et plus généralement le début de l’automne ont été marqués par une grande douceur et surtout une sécheresse persistante. Cette situation a brusquement changé au cours du week-end des 27 et 28 octobre. En effet, alors que tout le pays baignait encore dans des températures très douces et un temps bien ensoleillé, la France a connu son premier brusque assaut hivernal à partir du samedi 27. Entre des températures diurnes exceptionnellement basses, une tempête historique en Corse, et des chutes de neige jusqu’en plaine dont les épaisseurs se sont parfois révélées inédites pour la période, les conditions climatiques ont fait la une de l’actualité. Retour sur ces évènements avec quelques explicatCela faisait plusieurs mois que la situation synoptique paraissait bloquée avec une activité dépressionnaire sur l’Atlantique qui véhiculait des flux de sud-ouest anormalement chauds. Le mois d’octobre n’ayant pas dérogé à la règle, la situation allait néanmoins brusquement changer en toute fin de mois.
Samedi 27 octobre, une puissante dorsale anticyclonique s’est établie des Açores jusqu’au Groenland. En amont, un appel d’air froid et instable déboulait depuis la Scandinavie. Sous la pluie, les températures diurnes se sont déjà montrées particulièrement basse sur la moitié Ouest du pays où quelques records de froid sont tombés lors du week-end. Des températures maximales exceptionnellement basse. 

I/ Une dorsale anticyclonique sur l’Atlantique et une puissante dépression sur la Méditerranée.

Mais c’est surtout dans la journée et soirée du lundi 29 octobre que la situation allait devenir parfois critique. Alors que la dorsale anticyclonique (1) s’est légèrement décalée vers la Scandinavie, tout en s’affaiblissant avec la reprise de l’activité dépressionnaire sur l’Islande, le talweg dépressionnaire (2) continuait de s’enfoncer vers la Méditerranée. Avec une masse d’air à 500 hpa (environ 5500 m d’altitude) autour de -30°C et une mer encore à 22°C, le cocktail n’a forcément pas fait bon ménage. En effet, une puissante dépression (3) nommée Adrian s’est formée au large de la Corse. La formation de cette dépression a provoqué de nombreuses intempéries sur le pays. Météo-France a donc déclenché trois vigilances simultanées pour le vent (vigilance rouge sur la Corse), les orages/inondations sur les Alpes Maritimes et le Var, et enfin la neige sur une large bande centrale du pays.

II/ Tempête, inondations, chutes de neige précoces.

Pourtant habitué aux intempéries hivernales, la Corse a dû faire face à des dégâts souvent impressionnants liés notamment au vent et aux submersions.
Voici quelques rafales de vent maximum : (Source Météo-France)
117km/h à Ajaccio
176 km/h à Marignana (Corse-du-Sud)
188 km/h au cap Corse
La photo du village de Brando à proximité du Cap Corse, témoigne de la violence du phénomène. Les images de la baie d’Ajaccio sont également assez surréalistes avec des bateaux qui se sont échoués sur le bord de mer à cause de la force des vagues. Autre fait tout aussi remarquable, la neige est apparue jusqu’en plaine et parfois en grande quantité. En effet, la dépression a également continué de drainer l’air froid scandinave sur le pays par effet « pompe à froid ». A l’avant d’Adrian, de l’air très doux est remonté sur l’Europe Centrale. Entre les deux masses d’air, une intense zone de précipitation s’est formée du Golfe du Lion jusqu’au Massif Central. Par isothermie, la neige finit par remplacer la pluie parfois jusqu’en plaine dans la soirée du lundi 29 octobre. C’est notamment le cas à Saint-Etienne où l’épaisseur est exceptionnelle pour une fin octobre (entre 17 et 35cms selon les quartiers de la ville). Cette neige lourde et collante a provoqué de nombreux dégâts, les arbres étant encore très feuillus suite à un début d’automne très doux. En cours de soirée, la dépression se décalant vers l’est puis le nord, la neige est également tombée sur la Bourgogne et le Centre notamment mais en plus faible quantité ce qui est tout de même remarquable pour la période.
Exemples :
Bourges (18) : 3cm
Vichy (03) : 4cm
Nevers (58) : 3cm

III/ Vers de nouveaux épisodes Méditerranéens ?

Si le mercure devrait de nouveau retrouver les normales saisonnières (voire au-dessus), nous n’en avons peut-être pas fini avec les intempéries le mercredi 31 octobre. Un nouvel épisode est d’ailleurs en vue sur le Languedoc-Roussillon. En cause, une circulation très méridienne : le jet-stream atlantique plonge directement sur l’Espagne et la Méditerranée. A plus long terme (selon les modèles numériques du mardi 30 octobre 2018), on retrouverait ce même schéma. Après un début d’automne très sec, le mois de novembre serait-il parti pour être très humide sur les régions du sud ?

AUTREOISEAUX.COM

 

GLACIER DU MONT DE LANS

SEPTEMBRE 2018

On se rappelle le lac qui s’est reformé durant l’été au Col de la Lauze à 3500 m d’altitude et les habitués des Deux-Alpes connaissent bien le Lac de Puy Salié qui résulte du recul du glacier vers le Col du Jandri. Eh bien, en quelques jours, ces deux lacs viennent de se vidanger. Dans les deux cas, la débâcle résulte de la pression des eaux maximale en cette fin d’été chaud, qui a provoqué la rupture des bouchons de glace qui les retenaient et les eaux se sont frayé un passage sous les glaciers en direction de la Romanche. Cela s’était déjà produit au Col de la Lauze. Le lac étant à nouveau plein, le phénomène s’est reproduit (date indéterminée mais avant le vendredi 14 septembre). C’est plus inattendu pour le Lac de Puy Salié, normalement situé côté vallon de la Selle et qui existe depuis plusieurs années. La rupture du bouchon de glace a précipité les eaux sous le glacier côté Romanche ! En 10/12 minutes, environ 60 000 m3 d’eau ont rejoint la Romanche par les Balmes et Côte Borel ce lundi 17 septembre. 

OBSERVATION PAUL-BILLOU GRAND

#glacierdemontdelans

Éboulement à la Meije

SEPTEMBRE 2018

 

DIDIER VILLEGER

 JEUNES FEUILLES ET FLEURS A L’OMBRE DE PROUST

MARRONNIERS A NANCY, NOV 2017

 

ERIC LOUBIE

Je ne sais pas si le sable déposé sur notre sol à suffisamment d’influence pour changer quoi que ce soit au niveau climatologie, mais c’est un phénomène naturel qui a toujours était présent selon les périodes de l’année. Il est vrai qu’on le ressent comme une couche différente quand le sable repose uniformément sur la neige et qu’il reneige par dessus !
Puis le printemps ou l’été paradoxalement ( sur la neige ) quand il fait chaud il est plus facile au niveau portance de marcher côté sableux que du côté blanc …
Le sable comme le rocher emmagasine la chaleur ce qui a pour effet de faire fondre la neige mais aussi de la maintenir puisque il à protége du rayonnement direct … on peut le constater à plus grande échelle sur certains glacier totalement recouverts de pierres. Le glacier bien qu’il ne soit plus alimenté , existe encore grâce à ce couvert de pierres et ce à basse altitude. .. du moins c’est ce que je constate. 

 


EBOULEMENT ARETE DES COSMISQUES (massif du Mont-Blanc)
23 AOUT 2018

 

TOUCHING THE VOID

DOIGT DE DIEU A LA MEIJE

 

Longtemps invaincu, l’éperon qui surmonte la Meije dans le massif des Ecrins ne se livre qu’après un rude combat. Récit d’une expédition avec piolets, crampons et crayons.
La Meije, à 4000 mètres, hors du temps…
Sous le casque, la barbe est blanche mais le regard brûle d’un feu intense. D’un coup de rein, Jean-Marc Rochette, poigne ferme et adrénaline à plein débit, franchit en tête de cordée le dernier ressaut raide sous le sommet de la Meije. Sous ses pieds, la fantastique face nord, verticale et englacée, plonge jusqu’au village de La Grave, 2 500 mètres plus bas… Au-dessus, le sommet, à une dizaine de mètres. Rochette les remonte dans cet état propre à la conclusion des grandes ascensions, cocktail de jubilation profonde et de plénitude.

A 62 ans, le dessinateur de BD et peintre, auteur de Transperceneige, série post-apocalyptique culte, collaborateur de Martin Veyron, René Pétillon et bien d’autres, est revenu à sa passion de jeunesse, la montagne. Son dernier ouvrage, Ailefroide (Casterman, 2018), superbe autobiographie graphique, récit de ses années de grand alpinisme, fait l’unanimité auprès de la critique et du public. A l’invitation de Libération, il est venu renouer avec l’alpinisme engagé, physiquement cette fois et crayon en main, à la Meije, sommet phare des Ecrins.
Ce presque «4 000» resta un temps un des derniers sommets invaincus des Alpes. Sa conquête, en 1877, fut la première grande réalisation française dans un paysage dominé par les Britanniques. Emblématique pour l’alpinisme du pays, la Meije est chère aussi au cœur de Jean-Marc Rochette : c’est ici qu’il avait accompli, il y a trente-six ans, sa dernière grande ascension avant de se consacrer entièrement au dessin.
Passage initiatique
Cet été, il a choisi la belle voie historique d’ascension, ouverte en 1877 en face Sud par Pierre Gaspard, guide paysan légendaire, et Emmanuel Boileau de Castelnau, jeune baron languedocien. Il n’a pas été difficile de convaincre Rochette de poursuivre, depuis le sommet, sur la longue ligne d’arêtes effilées séparant les faces nord et sud de la Meije. Cette traversée, itinéraire aérien, exposé et exigeant, est une course de référence, un passage initiatique pour les montagnards. Nous l’avons projetée sur trois jours avec, luxe rare, un bivouac sur l’étroit sommet.
Le premier jour a été consacré à une lente et usante approche, depuis la fin de la route au hameau de la Bérarde. Les sacs, chargés du matériel d’alpinisme et de bivouac, nous scient les épaules. Qu’importe : au fur et à mesure de la remontée du vallon rocailleux des Etançons, rectiligne et de plus en plus raide, la face sud de la Meije, monumentale muraille de rocher fauve, prend peu à peu toute la place dans notre champ visuel et notre esprit. Demain, nous serons accrochés à ses flancs. Rochette savoure : «800 mètres de haut, 2 kilomètres de large, et au centre, le glacier Carré, son marqueur : c’est l’une des plus belles faces des Alpes !»
En fin d’après-midi, nous atteignons le refuge du Promontoire, suspendu en plein vide au pied de la face. Le gardien, Frédi Meignan, nous attend avec une terrible nouvelle : ce matin, sur l’autre itinéraire d’accès au refuge, celui du versant Nord, un guide a dévissé avec un bloc instable. Ses deux clients ont été tués sur le coup. Héliporté vers l’hôpital de Grenoble, il est entre la vie et la mort. Dans le réfectoire du refuge, trois autres guides passés plus tôt par le même itinéraire sont accablés. Brutal rappel à l’ordre : la Meije est dangereuse. Meignan, amoureux fou de cette montagne mais blessé par le drame, nous raconte longuement le «voyage en Meije», sa beauté et ses risques…
Jeu de piste
Le lendemain, encordés dès la terrasse du refuge, nous nous lançons sans hâte ; notre projet de bivouac au sommet nous épargne la pression d’un horaire à respecter. La voie d’ascension est un long et fabuleux jeu de piste technique à travers la paroi, où chacun des passages clés porte un nom : couloir Duhamel, muraille Castelnau, Dos d’âne, dalle des Autrichiens, pas du chat… Nous n’en finissons pas de célébrer la témérité et l’habileté des conquérants, passés là cent cinquante ans plus tôt avec une simple corde de chanvre. Dans l’après-midi, nous ressortons crampons et piolets pour la traversée du glacier Carré, pente raide de neige dure suspendue en pleine paroi sur laquelle «on a droit à zéro erreur», répète Rochette, concentré. Au-dessus, c’est le dernier bastion rocheux, puis le passage du Cheval rouge, où l’on rejoint subitement le fil vertigineux de l’arête, entre faces Sud et Nord, puis le sommet (ou Grand Pic).
Le bivouac, sur d’étroites banquettes aménagées juste sous le sommet, au-dessus de l’abîme, est extraordinaire. La voûte étoilée est somptueuse, nos duvets sont bientôt caparaçonnés de givre. Pas un son, pas une lumière en contrebas, juste l’immensité sauvage du massif des Ecrins. A 4 000 mètres, nous sommes au-dessus du monde, «hors du temps, comme aux premiers jours, dans un pays inconnu, de légende», lâche Rochette. «Et pas d’échappatoire ! Demain, pour descendre, ça va être compliqué et long.»
Après un sublime lever du jour et un café brûlant, nous voilà sur l’aérienne traversée des arêtes, d’ouest en est, alternant passages en neige, en glace, escalade, descentes en rappel… Des heures de funambulisme technique et panoramique, jusqu’à la pointe ultime, l’incroyable Doigt de Dieu. Le retour sur terre commence là, à son sommet : rappels, glacier, puis sentiers escarpés. La descente vers la vallée n’en finit plus, nos esprits sont hantés par la beauté des heures passées en altitude. «C’est une folie consciente, réfléchie… Mais une folie quand même», résume Rochette. Il est heureux. (été 2018)

LIBERATION

 

 

 

 

 

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