L A     V I E          M O L E S K I N E

 

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RUBRIQUES, REAPPROPRIATIONS, APPLICATIONS, TEXTES FONDATEURS, MONDES, MERVEILLES...
Rubrique 6 LA VIE EN JE(UX), réappropriation de l’Art de vivre, application LA VIE MOLESKINE, texte fondateur MARIONNETTES DE HANOI, 6em monde du Temps, 6em merveille « PENDULE DE FOUCAULT » à Paris (France), en lien avec ABRACADABRA, CONVERSATIONS EXCENTRIQUES, EXPEDITION ROUTE DE LA SOIE, EXPEDITION TRANSSIBERIENNE, VOYAGES EN GRANDE BIZARRERIE, LEGENDES CROYANCES ET AUTRES SUPERSTITIONS, SOCIETE EN JEUX.

 

 

 

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MODE    D’EMPLOI

LES MOTS POUR LE DIRE

Le quotidien du piéton voyageur ressuscité par l’écriture, le dessin, la photo, la vidéo, la musique… traces de tout et de rien ici répertoriées, mémorisées, réappropriées pour en redessiner l’espace et l’identité. Une manière (un art ?) de vivre.

A poster sur Google Keep, Facebook Astrolabe Compendium@pietonvoyageur ou Twitter astrolabe 10.

Pour revenir  au menu principal cliquez sur 64 APPLICATIONS PRATIQUES ou au menu particulier en allant sur APPLICATIONS PRATIQUES rubrique 6. Vous pouvez voyager ailleurs en tapant par exemple COMPENDIUM COULEURS, CARTOGRAPHIE IMAGINAIRE DES QUARTIERS, CARNET DEGUISE, TEXTE FONDATEUR, PIETON VOYAGEUR, LYON, MOSCOU, SAGRADA FAMILIA… ou proposez un  mot de votre choix.

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PIETON VOYAGEUR : DIDIER COFFY

Logo YouTube ASTROLABE  COMPENDIUM Didier Coffy —  PLAYLIST « Bande originale du film de la vie (1,2,3,4,5 ) ».

                                                                  

Par monts par vaux et LYON, PARIS, SEATTLE, ISLE-SUR-SORGUE, MARSEILLE, SAINT- CHAMOND, MOSCOU, PAYS DE LA MEIJE…

 

Partir très loin au coin de la rue ou en Mandchourie, rester dans sa chambre ou au bord de la planète avec toujours dans ses bagages un sac, un carnet, un smartphone ou une tablette, quelques brouillons et beaucoup d’à-peu près…  Une géographie de l\’intime et de l’infini, une mémoire, une photo, de la vidéo et quelques mots, une filature de l’Etre dans ses plus simples expressions. La nuit l’après-midi la vie avec des points et des interlignes en interstices, un brouillon et quelques ratures, chapitres en ville voyelles rouge moleskine, autant de déambulations pour s’égarer et mieux s’y retrouver. Le moindre des gestes à en   perdre la tête,  l’enfance et la vieillesse…

ETYMOLOGIES, MANIERES DE DIRE MANIERES DE FAIRE, LANGUES POPULAIRES, CURIEUSES, SAVANTES OU IMAGINAIRES...
MOLESKINE : Tissu dit « de taupe » recouvrant certains carnets, associé dans l’imaginaire collectif à l’écriture, aux écrivains, aux écrivains, au monde des lettres et de l’écriture manuscrite.

FILER (ATURE) : En AF vient de couler,  a donné filure, filuel, fileur, ce qui est filé.

PAPILLOTE :Née à Lyon aux Terreaux au XVIIIem siècle, confiserie (dans la Loire un chocolat) entourée d’un papier. En cuisine, manière de faire cuire avec une feuille d’aluminium. En AF vient de papillot petit papillon, papilloteux … enrichi de paillettes.

AIRELLE : Du latin atra, « brûlé » et de la famille des Ericacea.

EPIPHANIE (DU LANGAGE) : Grec, epiphenaios, apparition. Produit de la géolocalisation dans le chantier, effet de la fracturation des textes. Mise à jour de nouveaux textes, illustrations, etc… révélations d’autres paysages intérieurs.

 

 

LYO  LES   MOT  LA   MAI  DANS   L   SAC

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ues, ruelles, impasses, fontaines, squares et chemins de traverses. Voici nos restaurants, cafés, galeries, boutiques et petites trouvailles, quelques théâtres, artisanat vieilles brocantes ou jardins suspendus… Territoires nez au vent depuis longtemps, souvent connus dûment confidentiels déjà-vus, improbables peut-être incroyables, lumineux ou décevants, nos tours et détours en Presqu\’île et recoins : des coups de coeur de l’instant. Rue Saint Jean ou les Jacobins, un Lyon à notre main, été hiver grands vents et nuages sur les quais… petits frissons toutes saisons. De ces manières murmurées, une ville hors et au-dedans de nous, une espèce d’espaces. Des lieux plein air très publics (rues, cours intérieures, fontaines, squares…) et quelques secteurs secrets plus discrets directement culturels, un péché mignon...

Autant de parcours d’un Lyon en toutes lettres délimitant les repères d’un territoire imaginaire et d’un double discours : géographie du désir et stratégie coup de tête, on ne sait jamais où on va on ne décide jamais à l’avance. Jeux et joutes baroques d’un vrai faux dialogue, duo duel dans l’invention complice d’une Quai Fulchirongrammaire urbaine exclusivement masculin féminin… — ainsi la fraîcheur de ces libres enfantillages à nous seuls connus en ces journées un peu confisquées, gourmandise d’école buissonnière dans l’emploi de nos temps. Le mouvement perpétuel d’une Langue dans tous ses états, un jardin des délices et un centre-ville au pied de la Lettre. Le lieu et le lien d’une Parole communément dissociée en une « épiphanie du langage », nos horizons inconnus. Un essentiel dérisoire, l’effet miroir d’une alchimie involontaire de nous délicieusement prisonniers… si têtue très tenace, entêtante, vers laquelle on revient toujours. Une insidieuse capture captivante d’un temps détruit, une déambulation dans l’espace des corps, une géographie clandestine. Rien que des territoires de reconnaissance (littéraire, émotionnelle, très tactile… affectueuse de l’ailleurs) pour d’autres lecteurs piétons voyageurs prêts à « s’y retrouver » ainsi librement guidés pour mieux s’abandonner… — s’égarer un peu sans se perdre.

LE LONG DES PENTES DE LA CROIX ROUSSE, AVEC MYRTILLE (2009) 

 

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ourquoi pas cette banquette, un décor au plafond très vieux plusieurs générations et ce soir une conférence un débat on viendra (café philo, c’est bien tu crois ?). Notre après-midi nez en l’air trois mois déjà des heures à l’imprévu la vie dans la vue, deux verres et un zinc quelques bouteilles, un printemps avant ce poème et Aragon dans l’air… une histoire entre nous. En 1963 on ne se connaîssait pas, Modiano Le Clézio Barbès le métro, ce bistrot tout en bois la chaleur la lumière une musique dans un coin, on ne savait pas.., pareil cette menthe à l\’eau le sirop une goutte au sucre pas encore sur tes lèvres, une envie de te faire la cour j’en étais loin très loin en arrière, que de l’essentiel à l’envers. Le grand 8 en mai le muguet la belle vie, tu ressemblais à quoi en petite fille, une bulle et du soda dans l’été de Lyon cours Vitton, frimousse avec des couettes ou croche-patte tête en l’air confiture sur les doigts. Trois rues plus loin à côté de chez moi, quelques avenues d’un monde un peu maladroit à quel point tu n’imagines pas… — autant dire un arrondissement, la boulangerie Grande grille d'entréedu coin et beaucoup de platanes avec un marchand de glace on n’oublie pas. Bientôt quatre heures goûter barbouillé, premiers pas Tête d\’Or Guignol et bac à sable, un voilier bleu rouge vert dans le bassin on s’amuse bien, éléphants pas très loin et les biches dommage le grillage on reviendra jeudi prochain… La ville trottinette tu t’y es mise enfin (!), allez-y les enfants, ballon prisonnier la poussière les socquettes plus tourniquet balançoire… c’est bon tu as gagné ! Qu’importe papa maman ou au docteur on joue encore, un monde à l’élastique jupe plissée d’écolière (mes chaussettes blanches arrête de rire, un pantalon du dimanche toujours trop long le sermon la messe la communion…), l’air libre les vignes les grandes vacances c’est la campagne, cousins cousines tu m’as dit seuls au monde sans les parents…

Et puis la suite les gens les grands et de Gaulle Pompidou la France Giscard… le temps s’accélère à quoi penses-tu maintenant jeune fille très sage (une image ?), mémoire bien rangée bourgeoisie pour te plaire. A l’étage un appartement et cette guitare aurais-tu une belle voix ? D’en-haut d’en-bas la rue les autres les lumières… — Félix Faure cours Gambetta plus loin c’est bien c’est toi une silhouette menue mignonette déjà dix-huit ans un garçon dans la tête, quel dommage je ne te vois toujours pas. Seulement Mauriac Flaubert et Maupassant l’univers d’une étagère… — le bruit des pages l’après-midi, cette bibliothèque trois planches de BD et des bulles tout autour, entre nous Capitaine Crochet Anna Karénine page 67 la fin de l’histoire, Joyce Kafka ou Becket ce que tu préfères dans la version originale trois parenthèses quelques guillemets… que des gens très bien. Le monde le hasard, à quoi ça tient ! Où en es-tu au bras de qui l’après-midi un baiser ce rendez-vous (encore raté pour moi aux abonnés absents…) un bon parti un bel avenir, tu l’aimes c’est l’essentiel. Mariée dans l’année trois bébés, ça veut dire quoi un horizon bien dégagé tout tracé, une épouse un mari c’est magique ? Tout va bien demain Lyon Paris le monde ou l’étranger, rien de travers vraiment rien à te reprocher les apparences, une traversée. Encore l’été l’automne un peu d’hiver, que fais-tu de toutes ces choses avec la vie, tes envies ? De quoi te plains-tu de l’âge ou de la quarantaine si gracile, une silhouette.., seule à portée de main le hasard une destinée, la circonférence d’un monde : ce Japon soleil levant signe et sens de ta calligraphie. A peine arrivée dans ce là-bas si proche si loin pourtant déjà chez toi, une trajectoire au pays de la main et du geste, l’alphabet d’un continent, le début de ton histoire.

 MYRTILLE AU CAFE « LA CLOCHE« , RUE DE LA CHARITE

hapitre 1, te voilà entière déjà mieux déjà toi. Un progrès à rebours, deux trois pages, une phrase à laquelle tu tiens, cette leçon d’écriture la tentation du texte; une archéologie de circonstances, quelques mots accents circonflexes dans ce carnet à la plume, tes archives de l’intérieur… Photographie chambre noire, révélateur et miroir, l’enfance d’un art bien clos bien chaud face à face, que des choses un peu clandestines presque moleskines, un monde à l’envers des yeux : une phrase au subjonctif ta poésie, une manière de voyelles quelques consonnes presque une cicatrice et de la douleur un mal un bien, toutes les saisons. De cette syllabe peut-être une aventure, un personnage grandeur nature déjà mûr presque enfant, une Myrtille majuscule quatrième de couverture; héroïne à l’envers et son contraire toute une correspondance en courbes et déliés un jeu des opposés; va savoir l’encre et les sentiments, cet art de l’esquive au pied de la Lettre une arabesque à l’effleurement, fugitive en son pays. Ainsi rentres-tu dans l’histoire (peut-être page 54), une traversée des steppes le grand Nord le Bengale ou l’Orient, demain l’express et quelqu’un pour te tenir la main. Un après-midi de Mandchourie, voilà Jack London en chercheur d’or un matin de Sibérie une caresse un baiser le premier geste… — ou un air de Caraïbes les îles un vieux gréement la Cordillère et déjà presque amants. Tous les embruns du passage Nord-Ouest une escale, l’amour à faire pour toujours un roman, seulement une parenthèse océanique avec des continents, un archipel un instant Gauguin ou Brel à la mélancolie une dérive des sentiments, rien que la vie à l’horizon. Un point un signe un geste, une Myrtille librement.  Et de la fin un commencement, je l’apprends maintenant seulement.

DANS LES JARDINS DE FOURVIERE

 

GEOGRAPHIE PHYSIQUE, HUMAINE, REGIONALE, SCIENCES SOCIALES, MEMOIRES DES TERRITOIRES ET DES SINGULARITES...
PRESQU’ILE : Partie saillante d’une côte reliée à la terre  par un isthme (bande de terre entre deux mers).

BENGALE : A l’Est du continent indien, végétation luxuriante, on y parle le bengali. 250 000 kilomètres carrés.

CARAIBE : Bassin versant de la mer des Caraïbes ou « Méditerranée du Nouveau monde », sous-ensemble du continent américain.

KREMLIN : Partie centrale et fortifiée des anciennes villes russes. Vient de « kreml » signifiant citadelle et du français « crénelé« .

MANDCHOURIE : Nord-Est de la Chine, face au Pacifique, Est de la Russie. Territoire composé de  nombreuses régions, regroupant les îles Sakhaline, Kourili

ARCHIPEL : Etendue de mer parsemée de groupe d’îles. Vient de l’italien arcipelago. A l’époque on disait archipelague.

 

 

roix rousse à la pluie et place petit pavés, on s’en souvient ce matin. La tasse la tienne et du sucre, presque la nuit… – raconte-moi les gouttes le monde toute la vie, que faisons-nous ici ?

De la buée sur cette vitre un ciel un peu froissé, un doigt une cartographie, un voyage avec les yeux… presque froid dans les mots de 8 heures, un miroir un départ pourquoi pas et quelques flaques à pas pressés, ce parapluie. On nous a vus hier, tu me l’as dit, un éphémère presque rien, la vie le vrac et les envies c’est loin tu crois… Rien qu’un planisphère, des changements horaires, quelques lignes à la main et si on embarquait ici ? Une table, trois pages Arthur Miller, Sartre Cocteau ou Picasso dépliés en noir très blanc sur la photo, une machine à écrire et à l’étage que des habitués, un jazz un gilet peut-être sur la chaise. L’histoire d’un couple sans doute, une gorgée, tu rependras bien autre chose… – un cinéma en tout petit paradisio, lanterne magique pour Doisneau et un cliché, c’est Vian la scène du dîner, Bunuel tout Fellini à bout de souffle, rembobine je ne sais plus…

   « GRAND CAFE DE LA SOIERIE », PLACE DE TAPIS

 

                                                                 

 n prend l’escalier quatre à quatre, c’est sûr nous y sommes déjà passés, et puis notre rue ciel ouvert dans l’été, la fontaine la peinture l’ocre ou le jasmin un. peu de bruit, sans doute quelques artistes des gens ici toute l’année… — entre nous les toits et la rue Saint Benoit, Fourvière ou le pont La Fayette une autre fois. A la merci de nos mains, le vent notre chemin et la ville tout autour : une fille un garçon, des milliers d’habitants. Raconte-moi maintenant la suite la fin du bouquin, le milieu et même après, le dernier paragraphe tout haut très fort à petits pas murmurés, trois pages et une phrase. Ce 23 juin presque juillet on ne sait pas, entre nous seulement quelques chapitres et beaucoup d’écriture…

TRABOULES ET PLACES ENSOLEILLES

lace Sathonay un taxi bientôt midi de quelle année un jeudi, tu m’as dit ce rendez-vous dans le quartier on a le temps. Ton coin si bien, de l’ocre et du bois un peu chez toi pourquoi pas quelques bouquins, n’empêche c’est du Higelin le refrain. Au froment le sarrazin rien qu’une galette, une crêpe la différence, on dira vanille ou chocolat la glace pour la fin quelle importance, qu’est-ce qu’on choisit ? Cette table au fond, une nappe avec ta main près du verre et puis le poignet  le bracelet, le glissement du tissu c’est joli la peau, tu lis quoi en ce moment ? Les heures les minutes on parle d’Italie et de Nani Moretti, le film de Polansky à l’esprit pour cinq minutes, l’article un édito ce vieux magazine, la vie huit et demi… c’est peu c’est rien (ta mèche les yeux j’aime bien, je te le dis tu me souris…). Quelques secondes ou beaucoup plus tard la sonate de Chopin à l’étage et puis du thé Ceylan un peu anglais très chic, c’est toi qui en a envie…

 MYRTILLE, A LA CREPERIE « LES ENFANTS GATES », PLACE SATHONAY

 

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n banc quai Saint Antoine encore à contre-jour, comment dire la liberté y as-tu pensé ? Imaginons un jour une librairie une fabrique on ne sait quoi, une. parenthèse un lieu n’importe lequel, un truc avec des recoins des poutres et des lumières, un coussin et du lin ce canapé, peut-être un hamac, de l’ocre et du sable pourquoi pas et l’envie de te dire vous… Au fond un salon une méditation une récréation, l’ordre des choses en légère fêlure presque fissure et petite déflagration très intime, une heure et quelques millénaires. Un autre côté du ciel en somme, un accroc un accident exquis dans le parcours. On y causerait anglais, javanais et français à-peu-près, un arc-en-ciel en adéquation avec le monde, un courant d’air et beaucoup de printemps. Plus au fond, voilà un théâtre un peu bancal, deux tentures trois décors les amis, aimez-vous Brahms, Flaubert, Audiberti, un cinéma quelques Cahiers une étagère avec Doisneau et des photos, tout Bourdieu et la sociologie en mieux. Vers l’escalier un tapis un peu volant, deux boules de cristal et un Gribouille l’album en vadrouille, quelques tables presque un bistrot…, une écriture à l’atelier un scénario. Au sous-sol on mange chinois soja sushis et shiatsu en apesanteur, un quart d’heure avec les cerfs-volants l’effet papillon, une théorie sur la galanterie ça vous dit ?

Au diable l’heure du thé l’art de la sieste, ne restons surtout pas zen. Quel âge avons-nous, les transferts les non-dits les a-priori la psychanalyse une docte science, toutes les séquelles coups et corps de travers comment quoi faire, on est si bien en grand pervers ! C’est la vie l’impuissance  vive les blocages, les à-peu-près quelle jolie compagnie ! Un artifice même pas dangereux ou si peu, jouons le je pourquoi pas le feu, la boîte les allumettes et tout avec… c’est si délicieux une fille comme vous complètement spéciale vraiment anormale. On va discuter et faire la causette (irais-je jusqu’à demander votre main ?), vous éblouir de Louis XVI ou de politique industrielle, les grandes découvertes le monde à l’envers, vos yeux nom de Dieu par effraction un frisson, toute mon  application. J’en suis témoin, vous validez si bien un après-midi d’érotisme guiliguili. En douce et en double à deux très en équilibre, un fil les interdits, c’est inouï si exquis un écart de conduite, çà rappelle je ne sais quoi du temps qui passe, l’envie d’être infidèle, la morale et les chers principes. Un raffinement, et de l’indispensable le léger laisser-aller d’une déflagration essentielle. Le savez-vous c’est encore mieux à plusieurs l’amour et les délicieuses séquelles… avez-vous lu Proust, Diderot, Sade nos encyclopédistes les Lumières, toutes les lois de la Nature, l’infiniment cruel ? Et cette révolution solaire, une question de décolleté mieux qu’une tour d’ivoire le soir le jardin les fruits défendus, y avez-vous goûté ? Ainsi la bienséance cette maison de rendez-vous, les plaisirs les fins de partie mieux qu’à l’ordinaire, tous les préliminaires : un peu de librairie pas vraiment galerie pas encore grenier, vous-même vous ne savez pas. A la croisée des chemins rien de défini, un peu de tout mais pas n’importe quoi… l’imagination avec de l’infini. Une histoire d’amour et de hasard, un coup dans la planisphère un pied de nez à rien, n’est-ce pas la vie et cinq cent cinquante mille secondes des milliers d’instants, votre parenthèse en ordre et de travers ?

Une œuvre miniature en somme, quelque chose d’un peu discret assez public mais précieux très léger raffiné, complètement à l’envers, déstructuré, organisé… Un labyrinthe, une boîte à idées. Et de la fin ou au début, une enfance la ressemblance, décor de coffre à jouer, une maison en papiers, un secret d’écriture Polichinelle, que dis-je… une confidence en aparté, toute l’innocence. Un refuge à images, une page de moleskine et son carnet pour une vie à l’horizontale. Une évidence et ses nécessités.

SQUARE DU 3em ARRONDISSEMENT

 

yon rue de Sèze, 8h30 collège jésuite aux boiseries bien cirées vers le bureau du directeur ou de l’aumônerie (messe le vendredi matin). Un temps d’études et de déclinaisons. Sans bruit l’adolescence quatre murs et tout à l’heure encore l’abcisse et l’ordonnée, 4 sur 10 peut mieux faire. Voilà un ciel à récréation, pain chocolat et oasis du mercredi boulevard des belges (au 14 de la maison en vitrail, domestiques tabliers blancs, acte 1 scène 3 Sartre ou Ionesco, théâtre d’amateur fenêtres ouvertes sur la Tête d’Or et ses jolies jeunes filles…), demain peut-être un clin d’œil et l’avenir une bise ou un soupir.

RUE DE SEZE, 6em ARRONDISSEMENT, EXTERNAT DE LA TRINITE

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51 cours Franklin Roosevelt, poissons rouges et piano verni (tous les jours après seize heures…), parquet plafond renaissance, petits gâteaux sur le napperon et leçons bien apprises. Du Parc ou des Brotteaux, cet avant-goût de 6em collège privé tôt le matin. Un cartable de latin trois volumes, l’avenue, les platanes, chères pages précoces, Proust, Flaubert ou Maupassant… interdites au moins de quinze ans.

LES BROTTEAUX

 

hère Astrid mademoiselle avenue Foch, vingt ans à la perfection. Hôtel particulier, scotch bien glacé, le théâtre vos lectures et la visite de Camille samedi avant le tennis. Mais tard le noir dans la nuit paragraphe rature, trois fois rien. Quelque part ailleurs, silence et encre, l’ombre ou le bruit, un mot, une signature… cette lettre jamais envoyée à double tour du lendemain.

DU COTE DE LA TETE D’OR

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Art et essai dans le 7em arrondissement, séance à minuit, la dernière du festival. Le cinéma espagnol et toutes ses arabesques dans une salle minuscule, entassés face à une image grand écran. Du Bunuel pour l’éternité…

 

COURS GAMBETTA

 

ETYMOLOGIES, MANIERES DE DIRE MANIERES DE FAIRE, LANGUES POPULAIRES, CURIEUSES, SAVANTES OU IMAGINAIRES...
JASMIN : Du persan yasmanin, prénom arabe Yasmina. Symbole de la beauté et de la tentation de la femme en Orient. Fleur emblématique en Tunisie, en offrir est une preuve d’amour. Noces de jasmin, 66 ans de mariage.

GRIBOUILLE : Personnage populaire qui se jette à l’eau par crainte de la pluie.

GUIGNOL : Marionnette lyonnaise crée en 1808. Spectacle théatral déroulant un canevas improvisé non-écrit, se servant de  gazette à la vie locale. Héritier du « parler lyonnais » du XIXem siècle. Le spectacle se pratique dans un « castelet » selon la technique du burittano (marionnette à gaine) issue de la comedia dell’arte.

POLICHINELLE : Personnage de la comedia dell’arte, un peu menteur, malin, débrouillard, roublard, bossu des deux côtés… En typographie un polichinelle  est une réduction de documents. « Avoir un polichinelle dans le tiroir », être enceinte. « Un secret de polichinelle », vouloir cacher quelque chose que tout le monde sait d’avance.

HAMAC : Origine incertaine. Espagne, hamaca ou amabaca. Portugais maca. Italien amaca. Allemand Hanginable de hangen, être suspendu. Aux Cataïbes on  donné le nom de hamack à l’arbre dont l’écorce est utilisée pour tenir cet espèce de filet dans lequel on se couche ou se balance. Le mot vient aussi de la langue garami, un mot américain. Il se trouve dans les plus anciens écrits espagnols sur l’Amérique, par exemple dans le Promio d’Oviedo, imprimé en 1525 à une époque où pas un hollandais pas un allemand n’avait visité le nouveau continent.

 

« Hier sur la Place Bellecour du haut de ma bicyclette, un tutu tout blanc fait des tours. J’ai vu qu’elle était toute gaite la fille, des gens tout autour à montrer ses gambettes… »

« Lyon la danse en septembre, un dimanche dans tous les sens au centre du geste et du mouvement. « 

 

                                         

 

 

CONFLUENCE, EXPOSITION « FILS DE LA MEMOIRE« 

 

« Mardi bicyclette, de fille paraît-il, que des kilomètres à perpette c’est chouette et même rigolo, c’est du vélo ! ».

« A Lyon c’est la révolution. Grâce au vélov on ose aller à perpette avec un euro le long du fleuve, des sentiers, les cils battus par la pluie, le nez au vent, visages qui se rient des éléments. La liberté çà n’a pas de prix, juste un euro on vous dit ! »

« Pluie ploc ploc aujourd’hui mais pas vélo plouf plouf ! Sois prudente pimpante pimponnette ! »

« Marrant le matin ce biclou quai docteur Bernard, des ricains en shortt au look d’hibou. Sont partis pédalant avec guide debout, assise même à genoux ! Au grand parc du nord, celui de la Tête d’Or, pas un brin de vent plein de fleurs sent bon. Vélo bicyclette biclou , moi aime bien ! « 

«  A deux entrées notre volonté c’est selon, chez les belges le boulevard « qui dois-je annoncer ? »ou chez Interpol coup de bol pourquoi pas s’y retrouver ! »

 » Selon une vieille légende, le parc devrait son nom à une âme vagabonde qui, d’un mauvais bond y aurait le buste perdu et puis aussi la tête… alouette… ahahouououeeette… peuplée d’huluberlus la cassée silhouette pareille au bouton d’or y compte ses moutons quand sans sommation lâche tout et s’endort… »

CO M PE N DIUM      C O UL E U R S 

         Isabelle Massé et Didier Coffy 

 

« Macarons aux « Négociants », tout un palais de la dégustation, que de bonnes raisons c’est si bon… »

« Lieu de rendez-vous et de conversations (parfois ex-centriques…), en novembre le jeudi à 15h pour deux personnages en couleurs. »

 « GRAND CAFE DES NEGOCIANTS » PLACE GRENETTE« 

 

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« ENCYCLOPEDIE » DIDEROT ET D’ALEMBERT (1772

 

SYNERGIE   ET  NOMADISME

 

a synergie (du grec « syn » avec et de « ergazomai » je travaille) se définit comme un ensemble de facteurs agissant de concert et visant à créer un effet global positif. A l’origine le mot est lié à la physiologie (ainsi une association de plusieurs muscles pour l’accomplissement d’un effort) avant d’être utilisé aujourd’hui dans le domaine de la sociologie, de l’économie, des relations humaines et celui de la gestion des équipes. On parle de synergie lorsque l’addition des différences permet un résultat meilleur que chacune de ces différences jusqu’à en faire un aphorisme (de type 1 + 1 = 3), une coopération dite créative (une heuristique de la trouvaille) où chacun va chercher à l’intérieur de lui-même le meilleur de sa personne, cet essentiel éclairant le rendant, aux yeux des autres, si singulier et si lumineux, Unique et Multiple. La synergie questionne alors le lien entre l’unicité et la dualité de l’Etre, la part invisible et mystérieuse de l’humain, là où quelque chose interagit silencieusement entre l’Un et l’Autre. Elle se fait langue et langage d’un pays inconnu échappant au Temps, conscience d’un Sens, Parole muette dans l’obscure clarté du monde.

De ce point aveugle, le comble d’un vide : quelque chose se raconte et se révèle en ces lieux insondables, échos en creux de l’intérieur de soi, une épiphanie (epiphenaios, apparition) du Corps et de l’Esprit en un espace non localisable et très insaisissable. Une intersection entre la Terre et le Ciel faisant déplacement dans et hors de soi et dont on ne perçoit que l’effet : un élan, un souffle vers quelque chose d’Autre en un Ailleurs toujours au-delà.

L’appel d’un besoin inassouvi (une faim dévorante), une force centrifuge, une soif à jamais dés/altérée, inspirée et aspirante vers un inconnu semblable et différent dont il faut accepter le mystère mais non l’ignorance.

En s’inscrivant dans une quête vers un Indicible, la synergie se fait mystique. De chez soi ou loin du monde peu importe la destination, voici l’histoire des aventuriers de l’âme à « faire la saison dans une boîte crânienne » (Alain Bashung…) ou prêts à suivre Sainte Thérèse d’Avila, Gandhi, Surin, Simone Weil, la Route de la Soie, le Chemin de Compostel, les utopies hippies, toutes les démarches intérieures liées à l’exploration individuelle des corps et des esprits ou des manuscrits et celle d’une « écriture » collective toujours en train de s’écrire. Cette mystique grave en résonnance l’écho de sa propre Parole et rejoint le champ (chant ?) de ce qui « fait route » depuis les origines jusqu’à une proche modernité (« Easy rider » de Dennis Hopper, « Sur la route » de Kerouac, ou « No direction home » de Bob Dylan…). Quel que soit sa forme, voici une figure de la migration des hommes et des récits, son lien paradoxal avec les racines et l’Ailleurs, renvoyant une autre image de ce qui fait l’étrange étrangeté du Prochain. Une route avec ses bonheurs et ses tragédies dans ce qu’elle a de bouleversant (étym : « troublant l’ordre des choses mais sans les détruire »), participant à sa manière à la réappropriation de l’Etre avec lui-même et la transformation du monde. Si la marche a en apparence un but, elle n’a jamais de terme, seulement une idée d’Absolu, quelque chose de l’Infini.

Marcher n’est pas anodin. Inné à la naissance, ce mouvement se perd ensuite pour mieux se retrouver acquis par un apprentissage très socialisé, marqueur de l’évolution… les premiers pas. Le mécanisme s’articule autour d’un élan altérant (introduisant du double dans l’unique), un pas en alternance où l’Un rejoint obligatoirement l’Autre avant que celui-ci ne doive à nouveau lâcher prise en un déséquilibre à rétablir sous peine de chute. Un instant en suspension, échappant à la conscience, faisant de ce mouvement instantané une éternité, un temps détruit créateur de durée révélant fragilité et force de l’Etre. Un équilibre réajusté, un déséquilibre abandonné… un porte-à-faux du vivant assumé, transfigurant et bouleversant le réel d’un sujet à la fois blessé par le manque de l’autre puis consolé par ce même autre, selon une opération de type éniantologique (enios/logos, discours des contraires). Une consolation éclairante, cum/solis : avec le soleil, faisant apparaître un chemin parfois incompréhensible aux yeux des autres…, la découverte du centre d’un monde par la conscience de son Compendium.

La marche fait déplacement et transgression (moteur de (ré)évolutions, de métamorphoses et de transcendance, creuset de « ceux qui cherchent, voyagent et marchent encore…) en donnant Corps au mot (l’Etre et Lettre) pour en décentrer le Sens. C’est une révolution copernicienne de l’intime, une découverte revisitée comme jadis l’abandon d’une croyance en une Terre au centre de l’univers avec un Soleil au cœur de l’espace jusqu’à la conscience d’une galaxie au centre de nulle part. Un voyage dans l’espace du dedans de chacun, son langage illimité : la Parole et sa géolocalisation paradoxale.

La synergie rejoint ici le nomadisme (du latin « nomades » et du grec « route »). Le mot « nomadisme » s’emploie d’abord pour exprimer un comportement avant celui de traduire un état, aller « d’un point de paturage à un autre ».

Le nomadisme, à contrario de l’errance, a toujours à voir avec la connaissance et la subsistance, la nourriture et l’habitat. Il s’organise autour d’un savoir par transmission générationnel de père en fils et la mémoire d’un territoire par l’observation et le comportement du vivant…: ainsi un migrant quittant son pays en guerre ou des bergeronnettes, des palombes, des grues cendrées sachant toujours où elles vont dans l’intuition de leur destin à suivre. Aller là et pas ailleurs, ainsi le ressent-on… le nomadisme rejoint la symbolique du fil qui lie et délie, tisse et trame un chemin et une histoire similaire à la Soie symbole du fil de la vie ou le fado portugais, mélopée sans fin sur la vie et la mort, chants sibériens a-cappella transmis par les plus anciens… autant de filets de voi(e)x ), effets d’une conscience de la géolocalisation éphémère et universelle de l’Homme.

Si tout est mouvement et déplacement, accentué aujourd’hui par la virtualité d’un monde interconnecté et de sociétés horizontales dites « liquides, réseaux et raisons d’autres ailleurs, comment dire et vivre un immobile en perpétuelle turbulence ? Ainsi la question du Nom et de l’identité. Ce qui détermine l’Unique du sujet dans sa globalité, l’état-civil… des mot pour si(tuer) : un état des liens et une interrogation avec ce qui « fixe », fait compétence et profession, sédentarité des savoirs.

Défricher pour mieux déchiffrer.

L’épreuve du monde dans ce qui fait transmission, sa poétique sans doute.

 

 

SAINT –  CHAMOND   PAR   TEMPS   DE   PLUIE

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aint-Chamond par temps de pluie ou trois pommes pas plus en barboteuse rose, à n’en faire qu’à sa tête. Puis du gris, l’escalier, l’entreprise, la porte vitrée, une salle à manger, Bécassine première lecture, quelques fauteuils rouge étoffe et l’encaustique au buffet de cierge éteint… L’heure du chapelet, monsieur Pinay ne va pas tarder. 

                                                                              

       

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à-haut les genêts et d’autres promenades d’airelles sur les sentiers de crêtes et de Pilat à pieds cabossés. La vie en papillotes avec le goûter, les gestes d’une maman à son petit garçon.

 

ai au muguet ou nuages gros orages. L’air de rien, place Bellecour en presque cachette par-dessus la rue et la radio, Voltaire ou Diderot, les surréalistes, quelque chose de 68… Qu’importe l’avenir, l’arc-en-ciel, le jardin et les écorchures dans les bras de bonne-maman tablier, des promesses.

 EXTRAIT DE « CAHIER DE LECONS DE CHOSES » (2004)

 

PARIS    PEREC   

BOULEVARD    SAINT -MICHEL

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aris Perec boulevard Saint Michel, la pluie et flaques à pas pressés. Page 58, de chapitres en semaines « Un cabinet d’amateur » Hachette Littérature, les mots d’après-midi contre le Luxembourg et les marronniers de l’Odéon. Une librairie d’instants écarquillés sous la lampe, l’hiver. Tout à l’heure encore la sonnette, un bonjour une écharpe, presque un air de famille

ECOLE DES HAUTES ETUDES EN SCIENCES SOCIALES (1984)


ue  Jacob ou les nuits en plomb et doigts sales (mais rien d’une poussière d’arrière-boutique sauf des bavures au retirage : cinq cent exemplaires, Velin d’Arche extra fin 46-3 à livrer avec l’édito demain sans faute). N’est-ce pas encore toi Myriam-la-rieuse aux chansons, courbatures et petit jour, bras dessus bras dessous, par ici ou par-là, un printemps rue Saint Jacques, des hirondelles dans le 7em, quelques éclaircies rue Bonaparte et un peu de pluie sous les arcades… la conspiratrice de l’occasionnel ?

 SPECTACLE « INVISIBLE SEATTLE », MAISON DES ECRIVAINS (1988)

 

  

étro Grenelle ce matin au rendez-vous des rues.

Escalier 4 porte gauche fond du couloir, une esquisse de Miro et Max Ernst : une ur troileçon de littérature et d’élégante courtoisie dans l’effacement d’un vieux monsieur discret… Julien Gracq.

VISITE A JULIEN GRACQ (1983)

 

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LA CINQUANTAINE

Le temps n’a pas de mémoire. Sans doute n’est-ce seulement qu’une question de circonstances en forme d’hypothèses. L’expérience des limites dans le dur désir de passer outre. Peut-être le juste prix à payer pour la bonne fortune de l’Histoire. Le discours de la méthode, l’Art et la manière. Rien d’autre qu’une opération de prestige pour se refaire, dans la cérémonie des retrouvailles, le coup de la vie, de l’amour et de la mort.

 

CINQUANTENAIRE DU CENTRE INTERNATIONAL D’ETUDES PEDAGOGIQUES DE SEVRES

BAROQUE, DIS-TU

Je sais tout. Tu m’as tout dit. Une lettre transmutée en 40 « moyens formats », 10 réponses synthétisées en une seule, elle-même éclatée à son tour en « pages de livres » multiples. Tu me présentes un puzzle terminé, parfaitement reconstitué, chaque pièce idéalement emboîtée dans sa voisine. Tu m’as même suggéré une double grille de déchiffrage : altérité/miroir. Tu te proposes donc, c’est évident, de me cacher quelque chose ! Alors…
Baroque, cette manœuvre de « trompe-l’esprit », qui fait écho au trompe-l’œil de tes fausses-lettres-vrais-tableaux (ou l’inverse ?) et aboutit à l’exaltation de l’apparence poussée à sa conséquence ultime, à savoir la totale disparition du signifié qui cède la place à sa représentation esthétique. Baroque, bien sûr, cette alchimie qui métamorphose le clair en obscur — baroque par l’opération même de transmutation mais également par sa direction qui va à rebours du sens commun.
Baroque aussi cette profusion de signes qui jaillissent d’un même noyau de rouge vie et se font larmes et sang sur les sculptures noires, ou hiéroglyphes cérémoniels sur les « grands formats » que je vois comme autant d’étendards d’un ésotérisme farceur.
Baroque encore cette prolifération de dessins, lignes et entrelacs qui occupent jusqu’au moindre recoin des pages de livres.
Et baroque donc, cette scénographie imaginée qui fera d’une salle l’écran/écrin d’un théâtre d’apparences. D’un théâtre où l’agencement même des hasards donnera naissance à une logique.
Baroque, baroque : d’accord. Et alors ?
Le baroque est moins un style qu’un état d’esprit aux résurgences périodiques et étincelantes. Pour le capter, je vais négliger tes clés truquées et m’attacher à chaque tableau comme à autant de petits cailloux semés sur le chemin d’une vérité – pas celle que tu m’as indiquée d’emblée, l’autre, celle de dessous, que je trouverai peut-être en grattant ce palimpseste.
Tu me confrontes à un langage à l’inintelligibilité non seulement assumée mais revendiquée comme essentielle… Le fil général du discours m’échappant pour l’instant – je n’ai pas dit mon dernier mot ! – chaque tableau m’est rencontre individuelle et me parle sans que s’impose rien de définitif : j’évolue dans un état d’interrogation active qui me renvoie à mon propre mystère, à mon foyer obscur.
Chaque « moyen format » se laisse plus ou moins difficilement déchiffrer. J’attrape un « deux » ici, une « histoire » là, d’autres mots un peu partout. Et je me laisse aller aux associations. Un moi dialogue avec un toi (toi ?). Moi parle d’une histoire à deux, qui comporte une dimension sacrée. Il y est également question de peau et d’âme, de visage et d’or. Tout cela se vit peut-être en juin à la fois dans l’infini et le gris. On assiste à un opéra avant que la fin n’intervienne…
Pourquoi non ? Et je, spectateur/lecteur, devient ainsi acteur de cette décomposition/recomposition du signe et du sens. Et s’amplifie le jeu de miroirs déformants qui provoque l’errance et la dérive du spectateur.
Il ne m’en reste pas moins la certitude que chaque tableau est un éclat de ta propre conscience nourrie par le vacillement d’une conscience extérieure à toi. Cette altérité exploitée, affichée, ne se résoudre-t-elle pas finalement à la fusion par annulation de la différence ? Serait-ce possession, domination ? Car si, dans un premier temps, tu transformes l’autre en toi, ensuite tu transformes toi… en toi ! On assiste à une résolution cannible de l’altérité, Narcisse baroque qui à ce titre, assume pleinement son versant féminin, que ce soit sur le plan esthétique (large emploi de la courbe, décor foisonnant…) ou sur le plan psychologique (démarche qui procède par séduction et « coups tordus », qui parle à l’intuition et l’émotivité). Alors ? Faut-il parler de tentative d’approche totalisante de l’être humain ? Ce serait somme toute logique puisqu’encyclopédique ! Danièle Bouché

 

  « LA LECON D’ECRITURE »

CINQUANTENAIRE CIEP SEVRES, 1996

 

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« LA LECON D’ECRITURE« 

STAGE BELC, UNIVERSITE DE CAEN ETE 1996

 

 

                   

 

                                               

                                                                                              

MARSEILLE    LA    BLANCHE

DE    DRAPS    ET   D’ECUME

2000

 

arseille la blanche de draps et d’écume à la Belle de Mai ou au Prado, rochers de mer fouettée et vieux port en bateaux hérissés. 

 

 

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« LA LECON D’ECRITURE« 

« ON DIRAIT LA MER« 

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ETYMOLOGIES, MANIERES DE DIRE MANIERES DE FAIRE, LANGUES POPULAIRES, CURIEUSES, SAVANTES OU IMAGINAIRES...

 

 

ISLE – SUR LA   SORGUE

DE    

SIESTE    BUTINEUSE

L'Isle-sur-la-Sorgue - Rivière de la Sorgue et boutique d'antiquaire

 

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MISTRAL BOUCLES BRUNES

 

 

nous encore amants évidemment, demain de rien et la peur du noir, un monde étrange et tout patraque, histoire de faire comme si un signe, une suite, un geste… neuf mois d’été et de grillons, le fruit de nos rendez-vous clandestins. L’écriture des possibles et de toutes les gourmandises. Ces caprices de langue à la grâce de la mémoire et de la mélancolie (vacances à perte de vue cheveux défaits, rouge soleil bleu vert d’arbres et d’arche perdue, nos corps balanciers de sieste butineuse en belle saison de vie voilà… à s’aimer toujours tellement trop). Maintenant un temps changeant en boucle d’escapade à dire le vent, la nuit et l’incrédule horizon… — du bruit et de l’éclat à voix silencieuse, blanche fureur d’approximations et minuscule fracas. Entre ciel et cris, une vie autre en apprentissage et menus travaux. L’essentiel d’un savoir-faire défaire et dire merci à d’invisibles printemps. Nous les vivants, une leçon de choses et de laisser-aller sans retour, très loin tout court sans doute et rien de plus. Mots de la fin pour trois fois moins d’ici d’oubli, de loin en vain la vie lascive doucement vénéneuse. Mille jours d’insolente solitude et de petits pas pointillés en pays d’étoile filante, une hirondelle hors saison.

 

 JUIN 1996

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 ien chut enfoui et du bruissement un mot… quelle heure est-il la vie étourdie ? Pas indemne ce manège tout qui se détraque. L’âge on ne sait plus vraiment le vide à hue dia et bouts de ficelles. L’amour la déglingue en eaux troubles et désinvolture, ce cœur une torpeur du bruit et des questions une effraction. Ici, un goût de langue… ce baiser pareil la première fois et puis maladroit, un peu de gribouillis avec de la mémoire et un mal de chien. De quoi avoir l’air chouette en se rafistolant l’histoire, les plis, les paupières, le long du cou l’âge aidant. La pluie, le vent, la vie le vide tout le temps, des signes raccords et autres attachements. Qu’en est-il alors de ce je t’aime un peu si singulier, l’écriture les blessures, ce ventre aux tumultes tout hachés minuscules, une attraction dans le cœur par l’empreinte de rien autour ?

   SUR LA TERRASSE DE « LOU MASE », 1991

 

insi quatre saisons plus un baiser de mer du soir sur les quais vers cinq heures. Un souvenir, un café, mes mains tes hanches et ta bouche ce matin oui pour la première fois. Encore d’amour belle journée à l’envers du figuier et d’une main dans le cou, un quelque chose en pente douce, une révolte à deux. Tous ces coups de vent froid bleu mistral gelé de janvier sous la couette, une robe un peu froissée au pied du lit. Le corps la chaleur, un air d’Alpilles pas grand-chose, Arles ou les Saintes-Maries sous les pins petite faim, un coin de bien et de rien sauf le chocolat au bout de tes doigts.

  DANS LE LUBERON, 1992 

 

n prénom le soir après la nuit et des miettes sur la table, ta manie de manger à n’importe quelle heure… encore cinq minutes surprises sucrées salées et pour plus tard la brutale chute. Une Provence en nuage et fil de poche à la ribambelle, un instant chocolat et des ombres en hiver avec du miel sur les tartines. Le ciel ou la fraîcheur des draps, visage voyage dans tes trente ans, là où la vie fait défaut.

  APRES-MIDI A « LOU MASE », 1991

a fenêtre, un fauteuil, le bureau… de temps à autre quelques ombres sur le tapis, une silhouette et mèche assortie. Ainsi les amours de la plume et du pinceau, brouillures à papier jeux de mains et rien que moins du dérisoire des sentiments. Les mots je ne sais presque pas, seulement des petites ratures certains jours une somnolence, un chapitre. Fourbu finalement de rien. Ces silences, la littérature la nuit le jour, une écriture à l’encre longtemps en avant et maintenant doucement, une mémoire mordillée griffouillée avec du remord au cœur. Que du saigné à l’âme et souvenirs, bagages avec déroutes et douleurs lancinantes dans ce quelque part muet si secret. L’ordinaire d’un mal de cœur à l’aveuglette et tâtons, l’éphémère puis plus rien… — tout un raffut les sentiments au prénom blotti. Ce bouquin Léautaud, quelques cheveux blancs maintenant. Un rendez-vous chapitre Sartre, écris-moi je vieillis.

  A LA FENETRE DE « LOU MASE », 1991

hoses sentimentales contre le cœur, du blues du bleu et des couleurs. Chut ratures, l’art une peinture. Des souvenirs aussi, Le Clézio une page contre le mur, l’olivier lentement glissé de ta main l’eau l’Isle si chaud ce juillet là. Le jour la nuit, des corps appris apprivoisés et l’amour à faire, un alphabet sans se blesser. Une esquisse et de l’encre, un œil un désir une étincelle. Maintenant mademoiselle photographe, robe légère et transparence, soirs à la lune en Avignon… un thé avec du sucre derrière le mistral dehors. Un grand pull m’engloutir m’ensorceler, les soirées chez qui chez chacun la fête le Luberon, l’alcool, le reste… Je me souviens de la Provence, une histoire bleue ciel noire et rouge, quelque chose de l’eau et du midi au clocher , le ruissellement le soleil. Trente ans ce goût si doux m’embrasse en arc-en-ciel et sud d’Italie.

 FESTIVAL D’AVIGNON, 1993 


rune blottie en boucles effarouchées de sommeil et de mélancolie. Guêpes et sieste derrière la vitre ou l’olivier, une petite hirondelle à la Sorgue.

 

DANS LE HAMAC DE « LOU MASE », 1991  

 

 

 MISTRAL    BOUCLES   BRUNES

1990-1996

Prière d’insérer…

Ce travail n’est pas le fruit d’une expérience ou d’une intention que d’aucuns nomment projet d’écriture… — ce luxe de la distance entre un auteur et son objet, une perception d’espace et un savoir-écrire. Seulement sans recul, habité d’innommable (l’Amour, la Mort, l’Absence, l’Unique…) et d’un lieu (la Provence) n’ayant de s’épouser et de s’opposer en un duel au soleil pour mieux s’engloutir et créer un au-delà de soi. Autant de voyages intérieurs de proches extrémités dans une traversée des apparences en « infinies variations » (poétiques, philosophiques, critiques, calligraphiques, ésotériques…) merveilleuses et tragiques.

Les privilèges de l’Absolu.

 

 

 1

e sera ici, un pays d’eau et d’ocre.

Là où le doigt se pose en découpe de bourrasques et d’oliviers. Une terre d’élégance et de charme où l’air et la langue souvent se dégustent. Un hommage au bleu et au blanc dans un écart de lumière définitivement incliné vers la circonférence du monde. Sans doute un murmure ciel contre terre en petits toits et tuiles ruelles traverses. Tout le bouleversement d’une eau usée de chaleur. Là un enfant joue, ici une fenêtre se ferme et le vent balaye l’horizon du large en un tour de main d’espace et d’éclaircie.

Le temps, à la merci du moindre bonheur.

Peut-être aussi ce dédale de maisons en mille couleurs, de petites boutiques ou de places ensoleillées et un ciel bleu très bleu très noir. Autant de quais enfeuillés de ferrailles dans un oasis de mousse et de clapotis semblant épouser l’ombre d’une nuit aux petites étoiles. Une flèche à rebours du temps ou une tache griffonnée à la hâte dans un éclat de lumière, seule dédicace du jour. Un point aveugle n’en finissant pas d’éblouir au noir du regard, blessant le mouvement et le réfléchissant en autant d’éclats. Voilà une trace trouée des apparences, zébrures de l’âme dans la trajectoire infinie d’un soleil aveugle. L’instant tragique de la totalité heureuse.

Là ou ailleurs entre chaleur fatigue et perdition au grand zénith hallucinant, midi s’étale dans l’éblouissement du rouge au noir. Toute l’inscription du travail de l’absence noire de sens…. — rien au-delà rien, seul le silence dans les pas dansant de l’amour à l’envers.

Un soleil de proches extrémités au pays d’autrefois dans les sentiers de basse pinède.

L’arrachement et la profondeur, ici.

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2

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l’angle de la rivière et du petit pont…

La route les arbres les vergers et la voie ferrée. Quelques virages puis une longue ligne droite assourdissante avant le débouché au grand soleil, la petite maison sur la main.

Ici, un toit et deux pans de mur, la fenêtre du séjour et un rayon de lune, l’étagère, le canapé, les fauteuils en gris mauve et un peu à droite la chambre dans le décor d’un corps… — léger frémissement dans les replis du sommeil. Enfouie dans tant de nuit, à la renverse et offerte une parenthèse à tort et trace d’un peu de toi, un récit.

En octobre loin d’ici, dans l’angle d’un atelier l’esquisse d’une silhouette en noir et blanc, les cheveux dans le mouvement d’une robe longiligne. Puis un geste un bref instant un après-midi de printemps, derrière la vitre d’une galerie, ce mouvement du bras, la plénitude de la totalité et un éclair de soleil en révérence.

Un peu plus tard dans la pénombre de « Lou Mase », soir d’hiver entre le petit couloir et le séjour avant de plonger dans des yeux si doux, une nouvelle fois le goût de l’envol et d’une biche aux abois. Quelques semaines de plus à la nuit sur un lit inconnu… — ainsi m’avoueras-tu avoir eu très froid l’autre soir au téléphone, une voix de l’autre côté des corps.

Comment dès lors faire le départ de l’amour ou de l’infini ?

Du bout des doigts, l’épaisseur fruité des cheveux, la bouche, Affiches et posters Jacques Prévert au guéridon, Paris, 1955le ventre (les restes d’un cours d’anatomie ?) avec en exergue « tu m’aimeras parce que je veux que tu m’écoutes et que tu me parles… ».

On se l’enfoncera dans le crâne en attendant la suite, histoire de  prendre conscience du piège doré de notre situation et demain plus tard, toujours cette douleur lumineuse pour sortir du cauchemar (et le vivre ailleurs…) à la fenêtre du séjour en un dernier coup d’oeil gris et blanc.

Demain le mistral, bras ouverts boucles brunes.

3

es yeux sombres entre griffures d’enfance mille fois désenfantée… De quoi s’envoler motus et bouche ouverte, il suffit de tendre l’oreille (haut perché et faussement grave, irisé d’une pointe épicée soleil sud, son chant du monde). Un accueil d’accord pastel clôturant dans la dureté géométrique de sa robe l’esquisse d’un mouvement lumineux.

Un sourire dans un geste banal, les manières d’interrompre une phrase et de glisser dans le souffle d’un mot les cheveux en décalage éparpillés sur la joue. Une façon scrutatrice de fouiller l’horizon, la bouche complice d’elle-même, les jambes repliées à l’unisson sous le menton avant de rebondir à l’air libre dans un corps élastique…

Tout une géographie du furtif, du passant et du méthodique.

S’affirme-t-elle alors comme une terre de l’essentiel, celle du moment et du mouvement, ressentie dans ces régions-là, nourrie de tous les paradoxes ? Ou faut-il plutôt parler d’une gourmandise en clair-obscur

 

Nous nous rejoindrons dans cet indispensable dérisoire, unique, prêts à plonger ensemble dans la paix de nos éclatements (amour définitif, ainsi l’appellerons-nous…). De quoi en archiver les douleurs et les plaisir entre l’ou-bien du partage (vider notre sac, faire table nette et rase du passé) et l’ou-bien du silence, le temps de se faire des histoires. Et pour en trouver l’issue, s’inventer des tentatives, incognito par effraction d’une seconde pénétrer en ce labyrinthe afin d’en fracturer l’huis, s’en obscurcir à tâtons… — redécouvrir les esquives à jamais architecturées tels des petits voleurs de couleurs imprégnés en plaque-contacts, pure merveille photographique.

 

 

4

 alme et frais…

« Lou Mase » dans l’ombre du ciel, personne derrière le volet. A perte de vue, l’olivier blanc bourrasques et miroitements. Un écart de repos et l’effort du jour derrière la vitre.

No man’s land en bleu et blanc, inventeras-tu des détours ? Pas d’impatience, juste un temps fuyant imperceptible et volatile. Un peu de linge éclaboussé dans l’armoire du matin. Dans la tour du sommeil, par André Masson

Tu me parleras, assise devant la fenêtre de la salle à manger. Tu sentiras que l’enfant, que nous souhaitons, tant t’apportera la confiance qui te manque. Tu affirmeras, en posant la main sur ton ventre, le découvrir accueillant. Tu me diras la sensation de vivre, de pouvoir donner la vie encore…

Ici et autrement, un doigt sur tout cela.

5

eptembre de bleu et de feux.

Le temps le long de cette avenue, toute la lumière dans les yeux au grand soleil écartelé. Retrouverai-je alors les toits et tuiles ruelles traverses ? La limite du ciel dans ta main doucement… — une nouvelle fois un peu de toi au bout de mes doigts.

Là un bruit de vent sur les feuillages, cette inexprimable sècheresse de l’air et de la pierre…jeu d’azur et de froissement. Une ombre pliée au creux de la ruelle en partance vers le soleil… et vers l’angle de la rue, ce bruit diffus de foule baroque bariolée tant aimée. Au centre de la ville, une petite boutique d’or et de mauve, arcades et les ouvertures sur le café de la place.

Ultime chaleur sous les frondaisons, la mort de l’été penseras-tu.

 6

 

 ‘image apparaîtra…

« Lou Mase » en noir et blanc. Photos de chambre claire façon clic clac, mystère et alchimie. Nos plaques-contacts et nuits artificielles d’espace d’ailleurs (derrière la cuisine et le garage…).

Lentement silencieusement infiniment doucement vers 14 heures, quelques clichés, en vain en vrac… Ta main dans la mienne, de rouge et de noir vêtue (soir de Noël) en petit paquet surprise, une vidéo. Le goût d’un baiser à naître et n’être que langueur. Un petit matin évaporé toujours endormi (ce jour de juillet en limite de souffle…). Ici des yeux mouillés d’envie et de mistral aux cheveux mélangés. Au fond de la rue (vers la rivière et l’ombrage du platane…) tout doucement, les yeux fermés, une avalanche de verres et de carafes.

Je reconnaîtrai vers la petite table de droite, le goût de ta menthe à l’eau, les phrases à peine écorchées par la douceur de la chaleur et l’infini glissement de ta main dans la mienne. Du vent et de la poussière, un bonheur de lumière et d’heures au cadran solaire du clocher.

De quoi mettre à jour ton centre du monde… — fenêtres, façades multicolores en contre-jour, minuscules pavés mosaïqués du marché. De jour comme de nuit, un théâtre de mémoire à en déchiffrer les moindres signes. Traces indélébiles d’un peu d’ombre, épousailles lumineuses et ténébreuses en petit pont de fer, soleil couchant dans les peupliers, silhouettes par-dessus la rivière, courbe majestueuse des rochers.

Une exquise immobilité du temps en fin d’après-midi.

7

utant d’infinies variations sur un même thème dont il me semblera entendre l’insoutenable respiration. Saurais-je voir l’automne en profiter et se glisser brutalement dans les rafales de pluie et de vent, brusques furies du ciel entrecoupées d’échappées de ciel bleu ou solde d’un été en soubresauts d’amour et d’orage ?

Tu m’entraîneras à la découverte des premières fraîcheurs de brume, dans les courbatures d’une ville rentrant dans la nouvelle saison.

Nuages mirages, ton territoire le mien.

Une découpe de parcours, d’itinéraires et de variantes à en réinventer les gestes pour traverser les rues, des pas sous l’averse jusqu’à l’odeur du café au petit matin devant les quais. Me plairais-je à répéter et t’épouser en lieu et place… — le tendre amour d’un désir infini, du soleil et des nuages, une silhouette et un platane, notre ligne droite assourdissante là-bas au loin plus tard, définitivement ?

Apprendre à réinventer un nouveau printemps… — du neuf dans l’usure méthodique du temps. Parcours infinis du ciel, quête méticuleuse des couleurs et douce torpeur des matinées ensoleillées. Journées ainsi offertes à la seule gloire du monde.

Autant de caresses de vent en ultimes précautions sur les petites tuiles d’ocre et de rouge, une invitation à des nuits en pente douce rien que pour toi.

8

odeur du marché, la lavande… — un peu de « Lou Mase » dans le regard (nuit à la renverse, miroitement du terre-plein, mouvement du vent dans les cerisiers et soleil en partance). Cela aussi on se le remémorera dans la galerie (nous n’aimerons guère ce peintre), ta fébrilité dans la voiture et le froid sur tes jambes puis ta main sur mon visage. Le petit couloir, une brusque étincelle dans tes yeux et l’exquise violence de ta bouche, mon ciel mon essentiel.

Plus de saisons diras-tu… — histoire de se croire à l’envers à la hâte et en accéléré. Tout un petit tremblement de tête, fièvre de morte saison ou vrai faux séisme.

Une fin d’espace et d’apesanteur.

Des petits soleils d’hiver dans la nuit remuée en ligne de mire à prendre soin de toi, bras ouverts boucles brunes. Te raconter la vie de l’autre côté, l’infini réel et l’unique solitude partagée

Un lundi loisirs sur la plage ?

Petites routes à fleur d’eau froissée, sourires et détours (tu te tromperas deux fois de chemin…). Terre et mer épousées en creux et jetée, de l’air et de la douceur au fond de l’oeil ensoleillé. Rien qu’un envol de saveur gourmande enroulée de sable, l’engloutissement d’un ciel au goût amer de tendre sel vers nos corps lentement glissés dans l’onde… — il te suffira d’éclater de rire. Côte à côte, assis sur des pierres, en pensant à demain ou à tout à l’heure, un besoin de rien d’autre sinon un flottement de cigarettes en morsure de bouche et au bord de nuit, l’indicible mouvement de la silhouette et de la houle.

9

n juillet de 13 heures.

« Lou Mase » au zénith, un crissement de pneus et de graviers ou plus tard (l’hiver ?) sur le quai, ruines de pluies remplies au loin. Partout et nulle part, une âme une attente dans ce bruit de branches en courbe majestueuse vers le petit pont et là plus de raisons, diras-tu… Printemps, automne, hiver et caetera… tour du monde en mille saisons autour de nos mains. Sourire et s’envoler, dormir et s’ennuager, pleuvoir et mourir. Enfants de la tempête, nos tourbillons chavirés et de climats d’exception… — nous, en naufragés.

La fenêtre du séjour et un rayon de lune.

L’étagère, le canapé, les fauteuils en gris et mauve. Un peu à droite, la chambre dans le décor d’un corps… — léger frémissement dans les replis du sommeil. D’où tu viens, enfouie dans tant de nuit, les yeux inclinés vers ton corps éparpillé une seule clarté d’obscurité. A la renverse, une parenthèse à tort et à trace, la main posée sur la nuit Arbres bleusà la limite du souffle endormi.

Ton corps, un récit.

En octobre, loin d’ici, dans l’angle de l’atelier, l’esquisse d’une silhouette en noir et blanc, les cheveux sans doute dans le mouvement d’une robe rectiligne. Puis ton geste, un bref instant un après-midi de printemps, derrière la vitre de la galerie, mieux qu’un essor, la plénitude de la totalité… — un éclair de soleil en révérence.

10

idi  mon heure de préférence extrême.

De quoi profiter souvent de cet embrasement de clarté pâle, flirter avec la ligne droite, les peupliers et le bruit du train. On me dira que c’est là… — pourquoi cette fois-ci oserais-je bousculer, ce mur, tuer la grille et pénétrer en ton antre ?

Les graviers sous mes pas, un peu de fraîcheur et d’oliviers, presque un air de campagne et de vacances dans un jardin au repos forcé. Ton nouveau territoire, penserais-je… Mille difficultés pour ne pas trouver le chemin, arpenter en tout petit, divaguer dans le minuscule, faire des ronds, des courbes et des traverses, simulacres en trompe l’oeil.

Il n’y aura plus qu’à franchir un dernier obstacle et le printemps s’éteindra, un peu d’herbe et de douceur dans le monde des ombres. La vie l’absence et un nouveau désordre, je réussirai encore à t’échapper.

Ce périmètre petit format, ton territoire de bon matin… — quelque chose dans les hirondelles sous le clocher (vers neuf heures ?), une envolée de soleils argentés, frais fruits et clairs la douceur d’un instant à petits pas. Je saurai te dessiner, une impression de bonne élève dans la tranchée de lumière, un doux balancement de hanches et silhouettes majuscules. J’apprendrai à te découvrir dans la connivence de l’oeil et au-delà du tumulte, cette resplendissance d’un corps en discrète mèches de cheveux d’ombre rousse — effleurement d’une cigarette et tes yeux en deux gouttes d’encre…

La texture, le glissement des formes et des métamorphoses : tout se diluera s’inversera et se dévidera. Le bruit de la nationale autrefois dans le froid, ici à « Lou Mase » ou ailleurs, l’histoire d’un passage nord-sud de l’autre côté du monde. Face à la fenêtre, le corps à la rêverie l’esquive d’une brûlure en forme d’éparpillement le tout se détachant lentement pour revenir à la question initiale…. un doigt et le mystère.

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 ans la profondeur du vent et de la nuit, tout ce bruit de pluie en clapotis au fond de la rue : commencerais-je à tourner lentement en contre-bas d’un territoire ? Auras-tu froid, faim et peur à frissonner ? De rues en roues et petites froidures en lamelles d’eau et de bois, autant de nuits en ciel paillettes pour mieux se recroqueviller et retrouver la pâle buée du café de la place, bouffée d’haleine en blanche tiédeur ouverte sur un visage de laine emmitouflée. J’aimerais cet hiver de flamme sèche, de vent et d’étoiles brulantes m’ennuageant en douce à longueur de nuit et de vide; frôler les parcours d’autrefois en repérant à perte de vue des lieux d’obscurité. Là-bas de l’autre côté de l’avenue, les petites lumières dans les arbres, un peu de froid sous les doigts L’hiver surpris et retenu en coup de silence et d’infortune. Déchirure et coupure d’un ciel décousu dans les matins glacés et la mort entre les lignes.

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 a nuit de ta signature.

On oubliera volontairement l’après-midi. Une petite parenthèse, un accroc d’infortune et de hasard. Seulement une poignée d’heures au creux de la main. On imaginera facilement une nouvelle fois la chaleur, l’accablement du soleil et du ciel bleu, les certitudes de l’absolu; tout un faux décor de carte postale. On inventera une enquête, quelque chose qui explique, donne des solutions… — pas à pas au bout de toi. L’essentiel ailleurs, un coup de poignard dans le dos à plonger dans de mémorables itinéraires en surprenant les moindres détails. Tu ajouteras en riant que cette disparition sera exactement rien, cela viendra tout seul d’un coup sans laisser de traces… — boomerang invisible aux limites identifiables. Quant au reste, affirmeras-tu, il n’y aura pas à s’en faire : les cigarettes, les papiers, la maison, l’amour et la vie… iront et viendront pour mieux s’unir dans leurs mille petites déchirures. De quoi jouer à la mort en une composition parfaite de l’espace feint, se déguisant dans la cérémonie des retrouvailles.

On se remémorera, murmures amères lèvres contre lèvres en lieu et place, l’escalade de la patience. On se remémorera sans arriver à oublier complètement la cohérence ordonnée de l’histoire. On reprendra une série de clichés, là où on en était resté : l’oeil sur une promenade au bord de la rivière, un partage de l’eau dans l’horizon de la houle, le souffle dans les cheveux. Plus à gauche la nuit profonde dans le jardin avec chaises et tables renversées, la nébuleuse incertitude de ce qui se passe au-delà par devant ce qui entoure et dépasse… — cela se déplaçant encore, arrivant jusqu’au terre-plein devant la maison déjà citée, les zones d’ombre les petites ruelles, l’attente du ciel bleu finement découpé dans l’encadrement de la fenêtre pour le définir enfin sans doute comme une histoire de doux leurre. Des mots rien que des mots, aux aguets, juste bon à connaître enfin la suite…

Une nuit bien fermée bien repliée toute close sur elle-même, une grosse fleur rouge de quoi couper le souffle. Une sorte de huis clos interdit au regard. Une nuit aux petites étoiles, toujours bien fermée et repliée avec à l’intérieur un éclair blanc et noir, un absolu de circonstances. Temps d’arrêt définitif sans importance, suspendu et prêt à l’envol… — disparaître dans l’anonymat. Seras-tu là pour remonter à la source de ce scénario en inventant une route en lacets bordée de platanes ? Une petite promenade nocturne pleine de saveurs et d’odeurs, la fin d’un printemps.

Seule au volant et rien qu’un balayage Apollinaire: colombe poignardée et jet d'eaude phares : le petit bureau ou le fauteuil dans lequel tu ne t’assois jamais, ton regard dans le couloir et ta voix au téléphone. Tu n’oublieras pas non plus la chaleur de « Lou Mase » dans la nuit éclairante ni le goût du sel sur tes lèvres après la plage… oui, tu archiveras cette mémoire au fur et à mesure de la ville. (ta main le long du rideau, la pluie tombée, un après-midi à découvert de la chaleur et des discussions sous le figuier… — les lumières, les platanes, la rivière et les petites ruelles; autant de quais et de traverses à la nuit plongeante dans la l’obscurité revenue).

Immobile et définitif, un doux toucher de silence.

Seras-tu là ?

En un long cri muet d’amour blessé, ultime geste d’abandon et d’appel, un instant de pause. Tout disparaîtra par la voix, le corps et le souffle un fil interrompu.

Sans doute viendras-tu d’inventer la nuit de ta signature, il sera 0h45  ce 1er juin 1996.

MISTRAL BOUCLES BRUNES

 

 

MOSCOU    LES   NUITS   D’UN   CIEL   GELE

 

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1996 – 1997

 

alina yeux bleus à la Moscova blanche glace, vodka ou caresses, les nuits d’un ciel gelé… — des plaines en petit déjeuner de Sibérie vers Krasnodar et les bords de la Mer Noire

 

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« LA LECON D’ECRITURE« 

CENTRE DE LANGUE FRANCAISE (ATELIERS, CONFERENCES, EXPOSITIONS), 1996-1997

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SEATTLE, NEW-YORK, CHICAGO

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1984 – 1988

 

.By air mail sauf un timbre de Chicago. Le Roman de Seattle, trente ans avec Rob, Lynn and Philip, une histoire d’écriture le mardi après-midi. Notre passage nord-ouest, sincerely.

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INVISIBLE SEATLE

Ecrivains, danseurs, comédiens, architectes, urbanistes, le roman de Seattle (1984)

 

 « CARTES POSTALES«  

Philippe Petit, funambule auteur du « crime du siècle », la traversée sublime et poétique, le 7 août 1974, des tours jumelles du World Trade Center à New York.

 

 

PAYS  DE   LA   MEIJE

CHRONIQUES DU GRAND OISANS SAUVAGE

MASSIF DE LA MEIJE DEPUIS LE CHAZELET

 

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INEFFABLE

 Sauvage !

Minéral, venteux, très lumineux…

Un azur d’altitude inassouvie dans sa lente ascension intérieure  vers l’éclat du ciel et son soleil ébouriffant. Quelque chose s’écrit ici, traverse l’échancrure de la pierre jusqu’à la lumière des cimes et des arêtes. Une enfilade bleutée de couloirs dégringolés et  leur élégante architecture en équilibre sur un fil.

Ainsi l’œil à l’à-pic du vertige, des dalles et du granit à l’ombre d’un peu de neige dans l’interstice d’une fissure en Z inscrite dans le roc. Autant d’aplomb de ressauts et de vide à ciel ouvert, les frissons d’un zénith horizon bleu blanc tourbillonnant dans l’écume des nuées, son corridor.

L’appel d’une brèche, sa découpe et ses crevasses…

Sans doute une élévation de cathédrale dans le silence et le vent, une altitude et sa plénitude. L’architecture d’une révélation  depuis La Grave, un entre deux mondes et d’ombre portée sur  les Enfetchores, la sihouette dentelée du Râteau avec un contre-bas vallonné et le soleil de muraille dressée contre le Promontoire et son refuge, les Etançons…

Midi la Meije et ses arêtes.

L’aventure d’une chevauchée ainsi nommée entre le Doigt de Dieu et  le Pic Central avant l’Orientale, un replat un repos sur le Tabuchet le glacier et enfin le refuge. Une vue d’ensemble sur le massif et son point culminant les Ecrins la Barre, un tour d’horizon en autant d’Ailfroide ou d’ Agneaux : tout le secret du Lautaret face au Pic Gaspard.

Ainsi la solitude si parlante des grands espaces, l’expression muette d’une recherche au-delà de soi, là où quelque chose comble et transcende, transporte ailleurs, interroge l’essentiel des chemins et de leurs lumières.

PLATEAU D’EMPARIS

Un balcon à l’horizontale.

Tout en retenu un peu pentu, suspendu au bord du vide.

Vu d’en bas, quelques parois schisteuses avec un empilement d’ardoises à l’assaut des murailles et des cascades avant le débouché au grand soleil, un plateau verdoyant pour une vie en lacs et miroirs… Lérié, Noir et petits ruisseaux à fleurs de pelouse alpine. L’exacte définition d’un belvédère projeté en avant sur d’éclatantes étendues glaciaires (Mont-de-Lans et Girose en molles ondulations crevassées…) dans un infini écarquillement de l’œil, des soubresauts du petit et gros Têt jusqu’à la silhouette massive du Mas de la Grave…

Une plaine d’herbe et d’eau venteuse facilement frissonnante et enivrante, une petite Mongolie de poche et d’intérieur… avec de la terre et du ciel en point d’orgue.  Un alpage à plat à traverser, arpenter, voyager, imaginer…

Les Aiguilles dklzzwxh:0008Arves vues du Nord-Est

AIGUILLES D’ARVES

Trois sentinelles, une silhouette.

Depuis le vallon du Maurian puis le col Lombard, au petit matin. Pentes d’éboulis et d’herbe rase, une certaine sécheresse dans l’air. Le silence en secret là où tout s’immobilise, seul le souffle des crêtes au bord du ravin avant de les voir apparaître en enfilade : la méridionale, la centrale et l’occidentale.

Trois aériennes, une solitude.

Inscrites dans un ciel pleine lumière de parois dressées, en lames de pierres et dalles fissurées ou un peu ramassée pour l’une d’entre elle selon l’inclinaison. Mais toujours élancées, bien individualisées face  à la Saussaz les aiguilles tout à côté.

Trois impérieuses, une évidence.

Un Oisans des origines dans toute sa finitude, à la racine de la pierre et  du vent coupé du monde. Un territoire d’herbe sèche et de saillies rocheuses à l’assaut des arêtes, autant de petits ruisseaux dans les vallons creusés, la  fraîcheur des bourrasques…

PIC DE LA GRAVE

Blanche immensité au bord du plateau crevassé depuis les Ruillans, une rimaye avant la pente et sa pointe au dessus du vallon du Sélé, les hérissements du Soreiller tout proche.

La Grave et son pic.

On y monte depuis Chancel le refuge. Une sauvagerie secrète si chère à l’Oisans, l’élévation de la pierre jamais complètement dévoilée. Aux alentours, un désert de glace immaculé ponctué de failles et de replis, le dôme et sa lauze  de molles ondulations jusqu’à plus loin là-bas à portée de main, le Jandry. 

Vue du refuge, la Meije Orientale

REFUGE DE L’AIGLE

Sur un perchoir si haut perché…

Blotti là, un ressaut rocheux avec ses haubans et un décor de Meije neigeuse au milieu du glacier, un petit abris et sa grande histoire : l’air d’un temps et des premiers conquérants du Grand Pic et de la traversée des arêtes (Whymper et Gaspard y sont passés…) puis une longue descente un peu pentue avant le long replat crevassé du Tabuchet.

Une parenthèse en altitude à s’y ressourcer chaque année.

On ne vient pas ici par hasard.

LA GRAVE

 

Depuis la vallée, à peine Bourg d’Oisans dépassé, déjà le bruit de la Romanche et ses eaux gris ardoise. Quelque chose remue, attire vers le haut. Un grondement de cascades en tumultes, de blocs et de chaos. L’appel d’une première rampe dans la paroi, là où le chemin s’élève se tord et bifurque, celle dite des « commères » à l’ombre de l’été et de juin ensoleillé. .

L’Oisans escarpé du Fréney.

Autant de lacets d’une route tourmentée entre les contours d’un précipice en abimes… de quoi se blottir vers l’ombre et la lumière, une enfilade de tunnels, avant  de retrouver l’air libre et paisible, l’eau scintillante du Chambon. Voilà une bifurcation à gauche, la traversée du barrage, puis d’autres virages et l’entrée dans les gorges de l’Infernet, la combe de Malaval : un monde d’éboulis et d’ardoises entrecoupé de mélèzes arrachés aux avalanches et de brèves échappées sur quelques langues glaciaires, un chaos minéral à l’aplomb des cascades dont on va bientôt sortir un peu après les Fréaux, avant la révélation.

La Grave face à la Meije.

 

Hautes-Alpes, Col Du Lautaret, Jardin

COL DU LAUTARET

 

Entre Romanche et Guisane,  les pâturages de l’Alpe illuminé : l’Oisans au carrefour de la Meije et du Sud. On y passe on le traverse jusqu’au bout de l’hiver toujours ouvert , le souffle  de ses congères.

Le temps d’apercevoir le Pic Gaspard ou le Pavé, l’Homme et son glacier, un Combeynot avec ses chamois si proche pas si lointain… un jardin alpin au bord de la route. Un col si ancien, celui du  temps jadis et des colporteurs, les photos sépias, les vallées très reculées… — un temps d’arrêt et de contemplation avant de monter plus haut, le Galibier.

 

lac du goleon

LAC DU GOLEON

 

Valfroide et ses chalets, une route en terre depuis les Hyères… le vallon du Maurian, un torrent dans le raidillon caillouteuxs. Quelques efforts encore et voici le lac, à ses pieds les Trois évêchés, les Arves en arrière plan, une eau un peu sombre aux rives fleuries quand vient la fonte des neiges. Un silence hors du monde à la surface d’un miroir en reflet, le massif de la Meije comme décor.

Quelques pêcheurs ou randonneurs, simples visiteurs d’une altitude silencieuse à l’approche de son petit refuge. Un coin presque méconnu, histoire de ne pas trop en dire.  

 

Aiguille de la Saussaz

AIGUILLES DE LA SAUSSAZ

 

En toute discrétion face au Goléon, les voilà en compagnie du glacier Lombard. Trois pointements rocheux à l’ombre de leurs grandes sœurs, les aiguilles d’Arves. Sans doute les apprécie-t-on mieux du regard au Bec de Grenier puis sur l’arête menant au Goléon. La descente et une petite pause au pied de leurs éboulis.

 

Le Chazelet

LE CHAZELET

 

Au bout de la route et du chemin, les contreforts du plateau et ses ultimes maisons, la vie au milieu du pré. Ici la vie  blottie, quelques ruelles et toits en pente, une église tournée vers l’azur.

L’éternité de la saison.

Un balcon sur les cimes.

 

GEOGRAPHIE PHYSIQUE, HUMAINE, REGIONALE, SCIENCES SOCIALES, MEMOIRES DES TERRITOIRES ET DES SINGULARITES...

 

 

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presque un air de famille
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