ETOIL E       D     N O RD

TEXTE FONDATEUR 7

 

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Rubrique 7 ARTS ET METIERS, réappropriation de la TRANSMISSION, 7em monde de la MATIERE, 7em merveille le « DASHI » (Japon).

ous pouvez voyager ailleurs en tapant, GRIMOIRE, VIE(S) DU VETEMENT, CARNET DEGUISE, DICTIONNAIRE DE LA MEMOIRE, HUIT MONDES, HUIT MERVEILLES, DEUXIEME CERCLE DE LA GALAXIE, GLOSSAIRE, GUIDE MEMOIRE, COMPENDIUM COULEURS… ou en tapant un mot de votre choix.

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Images intégrées 1 DIDIER COFFY

Logo YouTube ASTROLABE  COMPENDIUM Didier Coffy —  PLAYLIST « Bande originale du film de la vie (1, 2, 3, 4, 5) ».

 

1 LIEN ET LIEU…

‘ étoile du Nord, dite aussi étoile du berger ou Grande Ourse guidant les nomades dans le désert ou les marins en pleine mer…, que l’on aime à repérer facilement les nuits d’été à la campagne, nous rattache quelque part à une mémoire commune un peu archaïque du grand mystère cosmique, là où l’Homme ne ferait qu’Un avec la Nature, en nous éclairant sur l’image bienfaitrice et protectrice d’une Narration collective rassurante car toujours donneuse de Sens. En faisant signe ouvrant sur l’ailleurs et les autres, la voici ainsi figure lumineuse et victorieuse des ténèbres, définitivement singulière et plurielle, passerelle entre le dedans et le dehors dans toute sa considération féérique (cum/sidus : comprendre le monde à travers ses perspectives et ses dimensions…). Une aide à la découverte de la grande voûte céleste de l’Etre et l’écoute de l’au-delà, sa dualité et sa transcendance ou l’Un inter-agit toujours avec l’Autre (la Terre le Ciel, le spirituel le matériel…), une force attractive au centre de la gravité des Hommes. Une manière de s’inscrire affectueusement dans le coeur de l’univers tout en cristallisant la densité des opposés inspiratrice à sa façon d’un mouvement perpétuel, un corps écrit en mythes et légendes de langues d’universalité… — sa source son souffle sa finalité, une invention onirique et mystique du monde.

S’en éloigner s’en échapper trouble le jeu (le je…) le Nord à en perdre la vie la vue devant soi… — une déconnexion de l’Axe du monde hors de son point d’ancrage brouillant ses points cardinaux tous les repères (à en « être déboussolé », le déséquilibre et sa perte… — la crainte des gaulois et d’un « ciel tombant sur la tête », celle d’une voûte céleste en forme de chapiteau retenu seulement par le « clou du ciel, la Grande Ourse…), obligeant l’Etre à toujours revenir à l’essentiel. Une manière de questionner son étrangeté (ce semblable si différent, sa caisse de résonnance en écho et recherche de reconnaissance) sa densité, usant pour cela de Tout et de Rien (le mot dans le Compendium ou le grain de riz dans le taoïsme), un support intense de méditation infiniment petit infiniment grand. De ce Centre s’écrit l’universalité, là où la richesse de l’Etre se dessine dans sa transversalité (sa capacité à faire circuler entre l’ailleurs et les autres, un souffle un Esprit, le tempo du « moderato cantabile » de Marguerite Duras ou le chant des « Méditations sur les cantiques » de Sainte Thérèse d’Avila) une géographie du mouvement et de l’élan, particulièrement lisible et sensible dans la traversée des grands mythes de la Connaissance : quêtes, enquêtes et recherches pour quelque chose de précieux hors de prix (un trésor, un diamant…), tous les fondamentaux du Récit initiatique passent par la symbolique du mouvement et du voyage, la primauté de la rareté et la Lumière. De la légende des Rois Mages se laissant guider par l’étoile dans le désert avant l’apparition de l’enfant Jésus à l’aplomb de la crèche jusqu’à la quête modernisée du Graal et d’Aladin en bandes dessinées, Tintin ou Jules Vernes en illustrations, littérature policière (cherchant « à faire la lumière sur… »), aventures de cap et d’épée ou au cinéma (le paradisio des frères… la Lumière) toujours une lanterne magique une source lumineuse inspiratrice. Comment ne pas penser aux encyclopédistes Diderot et d’Alembert et leur siècle le XVIIIem les Lumières ou le Moyen Age de l’escarboucle, pierre précieuse à 8 branches enchâssées (forme minérale du grenat en lignes spiraliques), sa réputation « magique » de briller dans l’obscurité la plus complète (en fait, une capacité à capter la moindre source lumineuse à contrario de l’oeil humain…), toutes les vertus pour en faire un talisman protecteur sur l’armure des chevaliers partant en croisade (tapisserie des Gobelins)… — à travers le Temps et les croyances, une même logique interne : être protégé et faire apparaître la Vérité. Et de cette métaphore irradiante (proche du procédé de la diffraction de la lumière en photographie ou du miroir vénitien aux contours éclatés vers d’autres regards d’autres ailleurs… — une image non captée mais disséminée), une Parole révélatrice bifurcante, transversale et transgressive, obéissant à une loi immuable : la lumière ne peut se regarder en face, seulement doit-on en accepter par effet de transversalité toutes les intersections et les imprévus en autant de routes et de destins. Une épiphanie (epifenaios, grec: apparition) de sa transcendance à en fédérer le Sens (son Trait d’Union, ses milles disséminations…) sans incarner le pouvoir de celui-ci… — une polyphonie de voie(x)s, un obscur soleil innommable dans son mystère : signes et symboles des voyages allers-retours de la Parole traversée pour en faire sous nos yeux sa matrice nourrissière, le mot… — l’épaisseur de la Langue son Histoire, une étymologie du monde.

2 L’ALPHABET DU CORPS…

‘intime de la Lettre, un corps écrit, une incarnation dans le réel de l’énergie invisible : le A, le C ou le O, souffle d’une inspiration et aspiration de la base vers les sommets (consonne voyelle labiale ou dentale, phonique ou très sourde, quelque part une essence d’Absolu rendue à la réalité… — un yoga de toutes les postures), parler n’est pas innocent. Un oui à la vie sa bienvenue, une identité révélée dans toute sa représentation sonore ou graphique (la voix, le geste, la parole du texte, le regard la couleur…), une plastique calligraphique mise à jour par un point un trait, une Lettre en son Etre magnifié, ensorcelé et libéré… — l’âme des douceurs et des douleurs. Sans doute le phrasé (tourner sept fois sa langue…) n’est-il que la révélation et traduction de ce quelque chose d’Autre (en chacun l’étrangeté, l’Unique et l’originalité) — la part minuscule et géante de l’Etre, son lieu son lien offerts à la Terre et au Ciel (ce qui l’enracine, l’élève… — un ADN sacré et secret, sacrum/facere… sa part de sacrifice, ce qu’il faut abandonner à l’Autre), une rencontre du Corps avec l’Esprit (une langue, un métier, un savoir-faire…) : le destin tragique et magnifique du mot « miroir », éternel glissement de la Lettre dans l’Etre, l’intime d’une correspondance, une logique du mouvement dans l’équilibre de la terre.

3 VOYAGER AVEC AUTRUI…

oici l’Etre éclairé, sans doute prêt à partir pour une aventure de la Connaissance accomplie (une circonférence parfaite de la fin et du commencement… — entre le mot et le paysage son terroir, un même voyage un même environnement et retour aux sources) avec le vent, le ciel, la pluie de l’Ouest ou le brouillard du matin, le soleil de juillet, l’écorce du bouleau, un grain de blé, la main du vendangeur, la parole du grand-père ou le sourire de l’enfant, la pioche du laboureur le geste et son outil, là où quelque chose s’inscrit dans le sol et la lumière, celle des siècles et des descendances : une histoire de l’origine, l’infime et l’infini… Le mythe de la terre, l’utopie d’une mémoire quand la main et la parole se font éclaireuses de territoires (ubi/topos, là où il y a du lieu un lien, l’Absolu du Sens, sa mystique…– « La vraie connaissance vient de l’intérieur du non-sens… » Socrate) : ainsi sommes-nous d’accord et d’accueil (complètement d’ici, peu importe d’où…) sous nos yeux dans le coeur et l’imaginaire d’un pays devenu paysage, terroir d’un territoire se faisant écriture, pages à défricher et déchiffrer toujours et encore. Nous voilà pointillés, relais d’un héritage imprimé au fil des siècles et des pratiques en autant de « couches » archéologiques, semblables et différentes, façonnant l’art d’une transmission millénaire, un imaginaire dans la conscience collective, sa pesanteur et sa grâce. Et de ces profondeurs, une remontée vers le Temps, un enracinement une élévation… — l’ailleurs de l’Un vers l’au-delà de l’Autre où le passé, le présent en un même mouvement dans un « temps détruit créateur de durée » (René Char) s’unit en un point aveugle vers un Nord complètement éclairant (sa bonne étoile…), là où le corps s’écrit dans le mystère de l’Homme. Quelque chose se met alors à parler, fait écoute écart sans doute écho : le mot, son dialecte son patois (je te reconnais mon pays, mon ailleurs aller-retour entre corps et langage…), l’inscription dans l’espace et la loi de son silence, dedans dehors une Parole muette… — l’esprit d’un Ici es-tu là ? Que faut-il entendre sinon une géographie intime et silencieuse, un babil balbutiant de voyelles et syllabes, un phrasé une remontée vers des temps plus anciens, ancêtres d’une matrice dont il faut mesurer la distance : d’autres ont parlé avant l’heure en ce même lieu, d’autres ailleurs encore demain certainement… — un goût fruité dans la bouche, une pause, un accent une virgule de tout cela un héritage un voyage vers le centre de quelque chose en transmission (une « legenda » devant être lue…) se faisant passante, passerelle, chemins et traverse vers des lieux-dits sonores et silencieux, une langue maternelle de l’instant (l’essentiel d’un Compendium, sa densité), une renaissance de l’ailleurs et du lien dans ce qui fait chacun Autre, semblable et différent… — un fil une filiation une étymologie pour une même traversée du sens questionnant invariablement qui nous sommes et d’où nous venons.

4 CONSCIENCE DU MONDE…

‘habite ici dit l’un, je viens de là dit l’autre… — de l’étymologie du Nom, conditions d’une territorialisation à un substrat (latin, grec, arabe, hébraïque, dialectes..), corps de langue nourricière invisible et souterraine obéissant à une logique interne, un Sens sous-entendu (entendere, latin : comprendre) et transmis donc enseigné assimilé (transiter de haut en bas verticalement et horizontalement, nourriture du corps et l’esprit… — figure du Centre et coeur du monde). L’eau à la bouche d’une langue, ses règles et sa grammaire à en accepter l’altérité et l’humilité, ce quelque chose d’Autre et d’Ailleurs prêts à se laisser traverser, engendrer, croître et se multiplier… — voici les racines d’une dissémination identitaire (l’Etre avec la Lettre), condition de son socle. Cet apprentissage s’incarne à l’école, toute la vie… dans la figure linguistique d’un carré quatre côtés aux points cardinaux révélateurs, fondations d’un monde stable et fiable, représentation numérologique du 4, le labeur et le terrassement… — chiffre masculin du fondement dans le réel, l’architecte et le maçon (la Terre dans l’interprétation kabbalistique). De cette assise, une ouverture unique et multiple sur le monde : appel d’un imaginaire aspiré vers le Ciel et une voûte céleste inspiratrice d’une interprétation libre de la vie (métaphore de la base et du sommet, l’escarboucle se faisant étoile, l’enfant devenant Homme…), à chacun son Centre son chemin, ses pas sa trace sa trame, libre-arbitre poétique dans sa condition d’humain et de citoyen en équilibre sur un fil, liberté imprévisible du funambule. Tour de babil et Babel magnifique et magique à se laisser transiter, imprégner d’une âme à une autre… une langue dans tous ses états, une question de voix et de rythmes, seulement le bruit du mot sur la peau, un air de Proust Flaubert ou Maupassant bientôt Lautréamont, Rilke ou Chateaubriand, Joyce peut-être Victor Hugo, Stendhal.. — les mouvements de la houle et du grand large, un patrimoine malgré soi jusqu’au bout de ce qui fait un « là-bas », une si proche extrémité, une autre territorialisation une autre transmission par imprégnation, dans les mers et l’imaginaire. Pourquoi pas jusqu’au 35em parallèle à l’ouest des Caraïbes, plus à l’est encore le nord le Centre le Cantal la vallée du Rhône, les côtes de la Baltique le pacifique, le cercle polaire plus loin encore mille et une peuplades de chasseurs pêcheurs (le lièvre, le tigre et le requin, la pêche aux saumons ou la dorade dorée, le crabe et la morue) seulement le murmure d’un dialecte et d’un vocabulaire de père en fils, la perpétuation d’un métier compagnonnage et révélation d’un paysage (au sens photographique classique du mot, une image rendue à la Lumière). Un équilibre entre ce qui est reçu et transmis de main en main, l’humain à la pâte et la charrue au sillon, mille et une pages plusieurs générations… — alchimie d’une biodiversité entre un langage et un territoire (défricher le premier, déchiffrer le second…) au nom du Père et de ce fil(s) conducteur entre le Haut et le Bas, une logique du Vivant.

5 MANIERES DE FAIRE ET D’ETRE…

ourtant « quelque chose contraint quelqu’un, contre un quelqu’un… » (Henri Michaux « L’espace du dedans »). Le monde, sa comédie son théâtre une logique du mouvement… — un cercle une quadrature et Atlas sur le dos sa pesanteur ou Léonard de Vinci « L’homme de Vitruve » (un homme le même, un cercle et un carré) en équilibre parfait entre Terre et Ciel à questionner (alerter ?) ce même monde. Egalement l’image du « marcheur », la statue du Bernin à Rome… — toujours un pas devant l’Autre sinon la chute et ainsi vivre à devoir accepter le principe même de déséquilibre, l’homme en son Centre ses contraintes, sa gravité. Toute quête créant du mouvement, une idée de voyage et d’aspiration vers un Esprit devenant Parole se fait Chair, corps d’une langue dispersée disséminée infiniment reliée. Une perception du Temps en bifurcations et petites ruptures (non en décennies historiques ni générations), autant de dérives des continents (sentiments ?)… — plaques tectoniques entrechoquées à la surface et en profondeur une même logique à troubler la perception de sa durée, un décor/coeur des corps. Dans ce théâtre de vie décryptée, quelque chose trouble aujourd’hui le Récit, une « crise » dans la narration (de type sociétale, environnementale, économique, financière, politique…) « censée s’éloigner des buts essentiels » (ceux de son Centre, ainsi l’étymologie), une crise à se « déboussoler le Nord », une crise contre quelques uns contraint quelqu’un, l’Autre le différent, l’ailleurs… une crise la belle affaire et son désastre peut-être une aubaine. Disloquante à en parler tout le temps, à en avoir la bouche et l’horizon bousculé, précipité. De ce mot, un outil pas une croyance encore moins argumentation (non signe extérieur de communication, riche seulement de ce que l’on ne sait pas…), dans ses derniers retranchements une poussée de fièvre minuscule, géante dans l’instant. A la lumière, lueur qui sait…, d’un peu de Connaissance, une logique d’enquêteur, policière même, de l’extrême attention à l’Objet étudié… — mettre à distance la vie entre abîmes et fêlures sans jugement mais révélatrice d’une époque en autant de plaque-contacts photographiques (ses clichés, ses lieux communs…), sa Scène primitive, un « axe central autour duquel s’enroule l’existence » (Freud « Malaise dans la civilisation »), histoire de se faire croire que tout ceci se joue sous nos yeux.

6 SINGULARITE(S)…

ne fiction de quarante deux fuseaux horaires plus une mappemonde, s’amuser à se faire peur… — en apparence rien de changé mais au toucher, à l’aveugle et à l’aventure sur le bout des doigts, des signes des indices (se passerait-il, s’est-il passé quelque chose mais où quand comment…) entre Terre et Ciel un lien distendu le courant ne passe plus ou presque plus enfin pas comme avant, depuis quand la faute à qui on ne sait pas.. : l’Axe du monde (l’étoile, le nord…) perdu de vue un peu hors de portée, décloisonné transversalisé en réseaux moins de frontières (la planète internet interconnectée, un grand village de cybercitoyenneté pourtant… — je ne suis plus vraiment d’ici dit l’un, je ne viens plus complètement de là dit l’autre). Narration fondatrice du mythe : un scénario catastrophe et une Terre sans limites, 4 côtés disloqués, le « socle » de la quadrature et un Ciel trouble vraiment troublé… — comment dire cette perte du Centre de gravité, quelle langue ? Une vacance de l’apprentissage, par réflexe et facilité de quoi inventer sur le champ une nostalgie un passé plus-que-parfait, c’était mieux avant avec des réponses toutes faites, une leçon d’écriture hiérarchique très pyramidale, un savoir ligne droite. L’Etre et la Lettre dans l’inconnu, quelque chose de l’Autre son étrangeté, sa part d’Ailleurs presque à l’abandon… — autrui ne se construit plus parce que personne ne se reconnaît plus : orphelins de quelque part (d’où et comment ?) en un hors champ hors sol de la Parole désincarnée, réduite à un seul principe de communication et de consommation… — tout un environnement, un bon début pour vraiment se faire peur. Faut-il forcer le trait climatique des grands frissons plus de saisons… — dans le Massif des Ecrins par exemple, le glacier du Casset recule, dit-on, de plus de 50 mètres depuis dix ans, conséquence d’une hausse de + 1° de la température annuelle dans la vallée (les anciens affirment l’avoir vu descendre jusqu’aux portes du village autrefois, mais quand…), une déforestation accélérée, une urbanisation galopante, etc… le fleuve de glace « transgoutte à grosse pire » (modification du débit des cours d’eaux environnants, le rythme de la vie la faune la flore et par là même l’économie du pays). Rien à côté des glaciers himalayens, leurs répercussions sur les plaines du Gange, les conséquences hydrauliques, l’impact agricole, économique… sur les populations les plus pauvres. Encore moins sur les côtes du Bengladesh, la montée de l’océan la fuite des populations, la disparition progressive des dialectes locaux (nouvelles générations, la modernité ailleurs…), même situation chez les Inuits du Grand Nord, les pêcheurs à la morue en mer Baltique, le bon vieux temps d’avant… fin de la transmission (ou mutation ?), certains métiers et leurs langages (le pêcheur, le planteur de riz…) emportés dans une modification des pratiques et des savoir-faire avec leurs conséquences sur le paysage, la biodiversité, le climat, etc… à devoir en confier le récit et la vérité à des scientifiques. Rien que des causes à effets d’une époque tombant (à pic ?) toute vitesse sans retenu, une perte d’équilibre à vide (avide ?)… — l’Etre face au principe de gravité bousculée : une quadrature du cercle rayée de la carte ou réécrite autrement selon un scénario de détérritorialisation des corps et de Parole confisquée. Une traversée des apparences, un comble du vide (tout est vrai un peu faux… — « tout est permis rien n’est possible » Bernard Lavillier il y a longtemps), on commence à y croire…

7 L’UN AVEC L’AUTRE…

devoir surfer le mot la vague le web… — jusqu’à repenser, réinventer la transmission de l’Un avec l’Autre, le vivant ? Qu’observer sinon une panne actuelle dans la Narration commune (sa transversalité singulière et plurielle, son mouvement à l’arrêt…) faisant perdre au mot le sens le Nord et à l’Autre l’Ailleurs, sa chair toute son épaisseur… — une maladie de l’âme, un anonyme outil de communication, signifié sans signifiant, répétition et standardisation de même vocables jetables à grande échelle, expression cachée d’une altération de l’humain. De cette uniformisation (son égarement, son Nord « déboussolé », l’étoile la Lumière…), sa déterritorialisation : je ne suis plus du tout de là dit l’un et moi de nulle part dit l’autre, zen et connecté pourtant. Un Centre et sa gravité « lestée » dans un vide en apesanteur, tout glisse tout lisse tout surfe à la hâte à la va-vite, conditionné à un prêt-à-penser laissant les « clefs » à une communication dominante, ludique, sympa, cool et bien sûr bienveillante…, une mécanisation du langage, son industrialisation. De l’école à plus tard beaucoup plus tard, une dégradation au fil du temps et des ans un défaut de quelque chose mais quoi… un sol un terroir déminéralisé, un no man’s land « gris » à qui veut l’entendre (dans le bus, le métro, la rue, la télévision, la radio, le bureau… — simplement tendre l’oreille), une parole collective réduite à ce que le poète Robert Desnos appelait un « langage cuit », une texture infiniment ressassée épuisée, un terroir de langue vide, sans vitamine hors sens disant le « rien » d’un humain sans rien, jouant le rôle de refuge et comble d’un vide, accessoirement d’opinion et de pensée. Un vocabulaire hors sol (ainsi la culture intensive des tomates dans les plaines de l’Andalousie espagnole…) répétitif et réducteur, à durée de vie éphémère, cinq ou six mots-clés au quotidien par personne dans un brouillard et bouillie de syntaxe, grammaire approximative… une consommation intempestive et une date de « péremption » d’environ un an et demi deux ans, remplacés par d’autres eux aussi vite consommés vite oubliés. Autant d’expressions minimalistes faisant consensus tacite autour desquelles tourne un mode de production du langage se suffisant à lui-même, un étrange collectivisme individualiste, une culture de l’ego inversé dupliqué… une vie « selfis » en autant de détournement de l’image de soi et de l’autoportrait. Une contre-façon de l’imaginaire non réductible à un phénomène de mode mais touchant tous les âges, toutes les catégories sociales, tous les milieux professionnels… — un air du temps, une opinion « industrielle » intensive, la loi d’un Marché, sa violence et ses symptômes, l’altération durable de l’identité questionnant la mémoire d’un comment faire savoir et apprendre demain ?

8 PARTAGE DES MEMOIRES…

u début du XXem siècle, l’apprentissage d’un métier se fait essentiellement « la main à la pâte », de maître à élève, de l’Etre au langage. Le mot « métier » trouve son origine dans l’exercice d’une « habileté acquise par la pratique régulière d’une activité en lien direct avec le réel »… — ainsi le compagnonnage. Cum/panis, latin : le Prochain, celui par qui et avec qui on rompt le pain (nourriture première du corps, symbole de l’humanité en toute communauté, lien Terre/Ciel…), l’expression du mouvement de l’Etre vers le Faire, rencontre et partage de l’Un vers l’Autre au-delà des frontières à en faire le « tour » la France et plus loin encore dans ses ressemblances et différences, une circonférence. Ainsi un discours transversal et transgressif, des règles à respecter mais chacun son style, une invention du langage le « franc parler » des métiers…, un réseau d’affects et de savoir-faire entre celui qui donne et celui qui reçoit, la matière vers le spirituel.

Aujourd’hui la transmission par formation professionnelle n’a plus rien à voir, sauf en de très rares secteurs, avec l’idée de métier mais avec celui de fonction et de gestion. De ce mal Etre un malaise, une obligation de re-création… — l’occasion le larron, histoire de jouer le jeu (je). Et ainsi se dire ce monde porte-à-faux entre l’Etre et son environnement, un divorce entre une société numérisée (structurellement tranversale, bifurcante et circulante… — modifiant les rapports sociaux, les réseaux et leur économie de la dissémination), sa représentation (politique, économique, sociale, culturelle..) d’institutions encore pyramidales et cloisonnées, coupées de quelque chose… — presque mortes, étoiles brillantes consummantes. Une époque en apparence à l’arrêt, égarée éloignée d’elle-même avec le réel, un monde sans parole dans son impuissance à le penser globalement, un besoin de retour aux sources mais pas en arrière… En permanence un sentiment sans frontière non localisable non identifiable, invisible et diffus, un cri muet collectif à n’en retenir que les symptômes : on sait qu’on a mal mais on ne sait pas où. Quelque chose questionne ainsi l’Origine et la Fin, une singularité plurielle dont on ne revendique que la souffrance, celle d’un voyageur sans bagage ni reconnaissance; qui es-tu demande l’un qui suis-je répond l’autre ? Un naufrage sans doute un bateau ivre « un équarissage pour tous » (Boris Vian). De ce grand hiatus, tous les germes invisibles d’une marche en avant (statue du Bernin à Rome : avancer pour rétablir un équilibre) et au grand jour une évidence, sous la main et dans les yeux un Compendium au pied de la Lettre, une obligation d’aller à l’essentiel. Du mot au monde, la même distance à devoir se « re-boussoler le Nord ». Un Compendium en temps réel, une source d’énergie un combustible pour la vie, les germes de la démocratie son Utopie… — une aubaine dans cette alchimie d’un Temps en fragmentations, en nous et malgré nous un mouvement perpétuel, un développement durable. Le paradoxe d’un précipité (au sens chimique) à en accélérer encore l’histoire son antidote, le poison… Rien qu’une crise en chute libre (sa dé-cadence, tomber) une transmutation une Oeuvre au Noir réinventée en Blanc en Rouge mille couleurs, la pierre philosophale d’un monde et du mot, sa re-publica (Marguerite Yourcenar)… — seulement la fin d’un récit et de l’Histoire une grande fiction. Un nouveau chapitre dans la Narration (une nouvelle gravité en son Centre…) à la recherche d’une humanité (dans la constellation du Sagittaire, d’Orion ou du Capricorne pourquoi pas… — le ciel de ce soir le dira peut-être), une voûte une étoile en direction d’un Nord à imaginer, seulement tendre la main : l’axe de la mappemonde ne se déplace que de trois centièmes de millimètre par rapport au soleil… quelques secondes, une éternité.

 

ornement la vie moleskine

 

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