BIBLIOTHEQUE     INVISIBLE

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RUBRIQUES, REAPPROPRIATIONS, APPLICATIONS, TEXTES FONDATEURS, MONDES, MERVEILLES...
Rubrique 8 ENCYCLOPEDIE I, réappropriation de la Connaissance, application BIBLIOTHEQUE INVISIBLE, texte fondateur CANARD DE VAUCANSON, 8em monde du SAVOIR, 8em merveille le « LIVRE DE KELLS » à Dublin (Irlande), en lien avec ECRITURE DE L’ESPACE, COMPENDIUM COULEURS, DICTIONNAIRE DE LA MEMOIRE, PETIT MUSEE DES APERCUS, PLANCHE ENCYCLOPEDIQUE, MILLE ET UNE NUITS, ABECEDAIRE.

 

 

MODE   D’EMPLOI

MOTS DU MONDE

Le piéton voyageur participe à la construction d’une bibliothèque dite « invisible » avec comme langue universelle, le pastiche. La technique lui permet de choisir l’auteur de son choix et de s’introduire par effraction dans l’œuvre en y insérant sa propre histoire à l’endroit adéquate, à la manière de Proust, Flaubert, Balzac, Sartre, etc… Il peut aussi  y développer et faire partager sa propre relation (en tant que lecteur et/ou connaissance peut-être) avec l’auteur, exemple « Roland Barthes et moi… ». Ou envisager d’alimenter la rubrique LIEUX COMMUNS, petit inventaire d’us et des coutumes.  Une bibliothèque transgressive et respectueuse du style d’auteurs reconnus, invisible et infinie dans sa démarche. 

Le piéton voyageur participe également à la construction d’une bibliothèque sonore « LA VOIX DE SON MAITRE » en enregistrant toutes  formes d’écrits (extraits de romans, poésies, journaux, magazines, publicités, brouillons…). Ce n’est pas l’auteur choisi qui importe mais la VOIX de celui ou celle qui le lit. Une bibliothèque des tessitures à l’écoute des mots et du monde. A poster sur Google Keep, Facebook Astrolabe Compendium@pieton voyageur ou Twitter @astrolabe10.

ETYMOLOGIES, MANIERES DE DIRE MANIERES DE FAIRE, LANGUES POPULAIRES, CURIEUSES, SAVANTES OU IMAGINAIRES...
PASTICHE : « De l’italien « pâté »… exige une bonne connaissance de l’œuvre, une approche par l’intérieur. Le pasticheur idéal voudrait être celui qui ajoute une œuvre à celle de sa victime. Sa victoire serait serait que son pastiche fût pris au sérieux, mais, dans ce cas, semblable en cela à l’auteur d’un crime parfait, il ne connaîtrait jamais la consécration. A la différence de la parodie qui se veut méchante, le pastiche n’est qu’une source de jubilation. » POUR TOUT L’OR DES MOTS Claude Gagnière. 

 

Pour revenir au menu principal en cliquant sur 64 APPLICATIONS PRATIQUES ou au menu particulier en allant sur APPLICATIONS PRATIQUES rubrique 8. Vous pouvez voyager ailleurs en tapant par exemple LA VIE MOLESKINE, COMPENDIUM COULEURS, PETIT MUSEE DES APERCUS, THEATRE, ECRITURE DE L’ESPACE, CARTOGRAPHIE IMAGINAIRE DES QUARTIERS, LYON, CAMOMILLE, COUTEAU, PETIT MUSEE DES APERCUS, LOU MASE, JACQUES LACAN, CARTE POSTALE… ou en proposant un mot de votre choix.

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JEAN-PAUL SARTRE, MAURICE ROCHE, HONORE DE BALZAC, COLETTE….

DIDIER COFFY

 

« ICI TOUT EST VRAI UN PEU FAUX…« 

« Jamais l’histoire n’a compris le nomadisme, jamais le livre n’a compris le dehors. Rhizomatique = nomadologie. On écrit l’histoire mais on l’a toujours écrite du point de vue des sédentaires et au nom d’un appareil unitaire d’Etat, au moins possible même quand on parlait de nomades. » (« Rhizôme » Gilles Deleuze)

 

EUGENE   GUILLEVIC

         

ETIER

 

L’Isle

De toutes façons.

Avant ou après la mort

De l’Isle 

Dans cette île

Lhistoire de l’Isle 

Peut-être

En savoir plus sur l’Isle


EUGENE GUILLEVIC ET MOI...
1907- 1997 : Poète, auteur de Terraqué, Elégie, Etier… — Première lecture de Guillevic en 1977 à la Faculté des lettres de Lyon, « Terraqué » est au programme. Puis Paris juillet 1981, l’appartement de Guillevic. Vaste et raffiné, un très beau parquet. Après la réception de mes textes quelques semaines auparavant, il me reçoit dans la pièce principale devant une table chargée de livres. L’homme est courtois, voix grave, corps passif, un regard dévoré par de grosses lunettes. Il insiste sur la nécessité de se « donner de la peine » en écriture, « travailler », « travailler encore ». Par la suite nous échangerons régulièrement  nos vœux par courrier. J’apprendrai sa mort en 1997 à la radio. Terraqué est toujours à portée de main.

 

JACQUES     LACAN

 

ENCORE

L’encore d’écrire la femme ? Il m’est arrivé de ne pas penser à çà. Dans ces lointains là, c’était plutôt un plus pour moi… — après vous, je vous en prime. Avec le temps j’ai appris que je pouvais penser un peu plus, un bout de chemin ensemble avec toi et moi, que c’était de l’ordre du çà n’a rien à voir, avoir-voilà. Et je suis toujours là. Moi aussi encore au contraire de toi (encore toujours d’ailleurs ou de l’au-delà). Mon chemin ensemble avec de la prime. C’est à dire avec ceux qui en veulent. Cà s’étire çà se tire. Deux lignes obliques qui tergiversent, qui font leur petit bonhomme de chemin. C’est une question de répétition à dédoublement, l’un des double ment. C’est (juste) de l’écrire, le point fatal final. J’écris là et je m’en veux pas. Voilà une absolution, le coup de l’AMEN total. C’est toujours récompensé. A moi à toi je te renvoie la balle. Point final. C’est tiré juste, c’est se tirer au jus (une histoire de foutre) le camp. Mais oui.. mais oui l’inconscient de politesse pour quelque chose qui jouit. Parce que çà jouit là dans l’entre-deux. Voilà mon affaire de corps à corps mais au fond la réponse ne m’intéresse pas. C’est le manque de mon encore d’écrire qui fait la faille. Ce n’est pas encore de l’a-mur. Faire le mur (avec toi) c’est faire signe au monde du sommet. C’est TOUT dire : çà me soumet des tonnes de souffrance, autrement le langage ne me contente pas. C’est du savoir-juste. Cà me méta-conscient à tout bout de champ. Voilà toute ma fatigue. Est-ce que je continuerai après toi. Parce que c’est çà l’ambiance. Le récit à court (accourt) à corps de nos quarante ans, c’est une blessure de la langue. Je ne l’ai jamais su… çà fait partie de mon projet-objet : pas de parole. La parole c’est mon cycle à moi de l’encore t’écrire, de cris de quoi d’ailleurs ou de nulle part. J’en peux mieux, je laisse à votre perplexité devinette : tout le monde me croît sur parole. C’est juste l’erreur à faire pour m’aimer. Continuer, c’est une preuve d’écrire. Faites donc vos envies. Cà n’a rien à voir avec le résultat. C’est qui perd gagne du temps autant. De ces quarante ans, j’en finis encore avec du cycle. Cà me tourne la tête. Pourquoi pas arrêter là, encore de la boucle (brune ?). C’est une remarque dont il faut toujours en souvenir. Cesser de ne pas écrire c’est maintenir performance pour ce qu’elle est : une interdiction de l’Etre. Alors savoir ou noeud pas s’en voir encore, que faut-il en penser ? Cà prête à confirmer, c’est déjà çà… à côté de la peur que tout çà me joint, je trouve une infinie de raisons pour ne pas vous répondre. 

JACQUES LACAN ET MOI...
1981-1981 : Psychanalyste, interprète de Freud, auteur du Séminaire, Encore… — Un séminaire, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales (1984). On parle de croyance et de mystique. Michel (de Certeau) fait allusion à Lacan. Je sais qu’il a participé à l’école freudienne, il me l’avait expliqué un après-midi dans son appartement du boulevard Pasteur. Michel raconte le nœud papillon de Lacan, les chiens dans sa propriété, les femmes autour. J’achète un peu plus tard « Encore » et ne le quitterai plus des yeux.

 

JEAGIONO

 

COLLINE

La maison est là, derrière. C’est aussi la plus belle. Tout juste contre la pierre, elle fait le gros dos, ses petites tuiles d’ocre et de rouge ne craignent rien, pas même le froid. C’est encore une bonne raison pour l’aimer. Il y a aussi des collines qui se laissent toucher du doigt. On dirait qu’elles ne meurent jamais. L’hiver s’y encapuchonne parfois le soir mais cela ne dure pas. Le vent balaye l’horizon en un tour de main et de matin, le soleil à l’échancrure du ciel. Un monde repeint. 


JEAN GIONO ET MOI...
1895-1970 : Romancier, poète, essayiste, auteur de Que ma joie demeure, Regain, Le moulin de Pologne, Colline, Un de Baumugnes… —  Dès l’âge de 9 ans, « Que ma joie demeure ». Puis au fil des ans, toute l’œuvre essentiellement en Folio ou Pléiade. Souvenir de toute la collection sur mes étagères de la rue Boileau à Lyon  au début des années 80. Une affection toute particulière pour « Les âmes fortes », assez peu connues. Lu avec passion l’album de la Pléiade qui lui est consacré, la vie et l’œuvre avec beaucoup de photos, sa vie à Manosque (un peu troublée par son attitude vis à vis du nazisme…).

 

MARGUERITE      DURAS

 

HIROSHIMA MON AMOUR

 

Lui : Ici ?

Elle : Exactement.

Lui : Depuis longtemps ?

Elle : Il le faut.

Lui : C’est ici, mon amour. 

 

MARGUERITE DURAS ET MOI...
1914-1996 : Romancière, dramaturge, scénariste, cinéaste, auteur de Moderato cantabile, L’Amant, Un barrage contre le Pacifique. Une première découverte en 1977 avec « Moderato Cantabile » au programme de la 1ère année de lettres modernes à l’Université de Lyon. Un peu plus tard tout le cinéma, son travail avec Alain Resnais, Alain Robbe-Grillet ,Hiroshima mon amour… puis les autres romans, interviews.

 

 

ROLAND      BARTHES

 

LE PLAISIR DU TEXTE

 Ce récit ne me parle pas. Il énonce seulement sa propre distanciation. Il crée en moi un lieu-objet où je me perds : classer, penser, mon timing… — un vouloir mourir affranchi. Il y a du deuil dans le texte. Une économie de la production. Le temps de l’écriture est neutre, opaque, à peine touché. Juste un frémissement (un grain ?) de voix dilué dans l’inachèvement. On ne peut donc avoir de prise sur lui, c’est seulement un plaisir culturel. Une fatigue de la langue, quelque chose poussant au désir de ne pas se dépasser. Car l’érotique c’est seulement où mon corps va dire son manque. Là-bas dans ce pays où tout m’arrive (et que j’ordonne avec de l’eau et du soleil…), la cérémonie de l’imaginaire. Le vertige aussi. Tout le contraire d’un rêve. Et voici qu’apparaît la question essentielle : comment puis-je m’y reconnaître (autrement que par un texte dé-centré) ? Dans cet espace « unique », un seul détail m’attire…– un cinéma intérieur et non intimiste troublant mon peu de (ré) jouissance pour ce genre de spectacle. Il faut donc me l’avouer : la littérature est un champ clos de forces contradictoires. C’est pour celà qu’elle n’a jamais d’objet.

ROLAND BARTHES ET MOI...
Juin 1977, université Lyon II. Mon professeur de Littérature moderne me parle de Barthes et me conseille trois livres : « Mythologies », « S/Z », « Fragments d’un discours amoureux ». Je les achète sur le champ à la « Librairie des Nouveautés » place Bellecour.  Plus tard « Fragments d’un discours amoureux » mis en scène au Théâtre du 8em à Lyon. Et puis l’ensemble de l’œuvre… « Sur Racine », « Le plaisir du texte », « L’empire des signes », « La chambre claire », le reste encore; Barthes n’a cessé et ne cesse de m’accompagner. Par les mots, l’élégance de l’analyse, le regard sur le monde. Une esthétique du quotidien. J’apprends sa mort par la radio, un soir à Paris, renversé par une camionnette.

 

VICTOR      HUGO

 

CHOSES VUES

Choses vues en l’an 2012… par le sieur F en promenade un jour de grand soleil dans le secteur du Marais : faut-il préciser ici au lecteur la précision de l’observation, l’originalité de la description et le goût prononcé de son auteur pour le lieu dans lequel il se trouve. La collégiale Notre-Dame du Marais a été initiée dans la deuxième moitié du XIIem siècle puis la construction s’est poursuivie jusqu’au début du XVIem siècle. Chaque époque a laissé une empreinte : les voûtes du choeur sont encore romanes ainsi que l’ancien transept alors que les croisées d’ogives des bas-côtés sont gothiques. Le décor sculpté a souffert des guerres de religions et de la Révolution. Gloire encore au sieur F pour son son sens de la formule. Notre société use d’us et coutumes que le monde lui envie; certes il arrive que ces choses soient décrites dans des ouvrages savants mais elles nous sont livrées ici avec justesse et simplicité. Au lecteur et au spectateur d’en profiter et d’en tirer une morale. Tout le mérite revient donc au sieur F sur un banc dans un quartier clos du Marais ici à Villefranche-sur-Saône d’avoir su découvrir les manières de faire de ses semblables aux environs de l’après-midi sur un banc de la place des Marais. Ainsi l’aiguille d’un clocher tout proche posée sur 16h23 lui révèle-t-elle la nature du goûter d’un enfant (pain au chocolat et bonbons acidulés), à 16h35 dans une poussette celui d’un bébé (un biberon sans sucre), à 16h45 non loin de la rue celui d’un autre garçon (pain d’épices et deux chocos), à 16h48 celui d’une petite fille (gâteaux salés) et à 16h52 celui d’un jeune homme (du cake dans du papier argenté). Nous tairons la suite. Le respect de la vie privée oblige la modération… A chacun d’en tirer des conclusions.  

VICTOR HUGO ET MOI...
1802-1885. Poète, dramaturge, dessinateur, romancier, homme politique, auteur de « Les misérables », « Les travailleurs de la mer », « Notre-Dame de Paris », « Les feuilles d’automne », « Les contemplations », « Odes et ballades »… A  l’âge de 12 ans, « Les travailleurs de la mer » en version illustrée comme cadeau de Noël. Va s’en suivre la lecture de l’intégrale de l’œuvre en collection de poche. Beaucoup plus tard la préparation du spectacle Invisible Seattle à la Bibliothèque Elsa Triolet de Pantin en 1990 avec la Bibliothèque invisible au programme (Victor Hugo l’un des personnages). Vont s’en suivre différentes rencontres avec des chercheurs et spécialistes d’Hugo à la Sorbonne et  à la Bibliothèque Nationale, découvertes de manuscrits et manières de vivre et d’écrire de l’auteur. Premières tentatives de pastiches du poètes…

 

 

CONAN      DOYLE

 

SHERLOK HOLMES

Holmes se cala dans son fauteuil en rallumant sa pipe et Watson ne broncha plus. Il déplia sur le grand bureau un plan de la ville et les deux hommes se penchèrent… pas un bruit dans la pièce seulement un peu de plus sur les carreaux, la campagne dans ce Yorshire anglais semblait désespérement vide, le tictac de l’horloge cependant. Le visage de Sherlok Holmes s’éclaira soudain, sous sa loupe un arrondissement… — « Watson, regardez regardez ! Le 9em… montée de l’Observance ! Ce que je cherchais, exactement là ! Le juge Renaud y a été assassiné en juillet 1975 à 2h du matin…  » Watson esquissa un « vous en êtes sûr… ? » mais Holmes le toisa immédiatement, soupira un bref instant avant de rajouter : « Oui, c’est notre homme… son histoire va nous permettre de remonter la piste, il avait été nommé juge d’instruction au Palais de Justice de Lyon en 1972… il s’intéressait d’un peu trop près au SAC… Un certain Edmond Vidal, à la tête de la pègre locale, aurait plus ou moins commandité le coup. L’assassinat a fait l’objet d’un non-lieu en 1992 mais quelques années après c’est un certain Louis Guillaud dit « La carpe », membre du gang des lyonnais, qui a avoué avoir fait partie du commando, je connais l’affaire par coeur. » Watson osa demander : « Mais quel lien avec notre affaire actuelle ?  » Holmes osa les épaules, il était persuadé qu’une partie de son enquête se trouvait dans ce 9em arrondissement. Il se repencha sur le plan… Le visage de Watson s’assombrit : « Vous ne me dites pas exactement ce qu’est ce gang des lyonnais, comment voulez-vous que je vous suive ?  » Sherlok Hommes se redressa et soupira une nouvelle fois… « Watson écoutez-moi bien attentivement, je ne me répéterai pas. Le gang des lyonnais s’est formé en 1967 et a sévi à Lyon jusqu’en 1977. A sa tête deux hommes, Johany Chavel et Pierre Pourrat dit « Le docteur ». Ils sont rejoints plus tard par Edmond Vidal , « Nicky le Grec » et d’autres… En 1967, ils s’appellent « la bande du Gros Cailloux » avec un certain Guy Reynaud. Très vite des bracages de plus en plus importants et de cette bande plusieurs petits groupes qui vont constituer le « gang des lyonnais ». Watson opina de la tête… Outre l’affaire du juge Reynaud, ils ont participé à l’enlèvement du petit Christophe Mérieux, petit-fils d’un industriel lyonnais, le 10 décembre 1975 pour une rançon de 20 millions de francs. L’enfant sera libéré quelques jours plus tard et abandonné dans une poubelle de l’avenue Jean Jaurès dans le 7em arrondissement près d’un garage Volvo. Le rapt a été organisé par un certain Louis Guillaud dit « La carpe » (il sera arrêté grâce à sa voix au téléphone…) et un certain Jean-Pierre Marin qui sera abattu en plein Lyon lors de son interpellation en 1976. « Ils ont fait d’autre coups ? » demanda Watson. « Oui, les plus célèbres restent le braquage du magasin Carrefour à Vénissieux en 73, des établissements Champiers à Tarare, de la Société Générale de Chazelles sur Lyon la même année ainsi que celle de Feurs « . Holmes allait continuer la liste mais il s’arrêta et but une gorgée de thé. D’ailleurs on a fait un film de sa vie avec Gérard Lanvin, « La pluie tombait toujours sur le Yorkshire. Le plan de Lyon semblait de plus en plus captiver Sherlok Holmes, sa loupe à la main. Il remonta le long des quais, la Presqu’île, Saint Jean, Fourvière… et soudain grommela : « Watson j’oubliais ! La prison Saint Paul ! La « marmite du diable ! Les évasions célèbres, Vidal en avril 76, sa tentative a échoué Watson ! Beaucoup d’autres ont essayé surtout des résistants pendant la guerre mais souvent sans succès…Lyon la ville de l’ombre, la brumeuse… Tout se tient murmura Sherlok Holmes ». Il avala une dernière gorgée de thé et resta immobile de longues minutes. Soudain son visage s’éclaira : « Elémentaire mon cher Watson, il nous faut aller voir çà de plus près ! Le 9em arrondissement, la prison Saint Paul, tous ces braquages…! Elémentaire mon cher Watson ! Elémentaire ! En route…!.  .

CONAN DOYLE ET MOI...
1859-1930, écrivain et médecin. Inventeur du personnage de Sherlok Holmes, auteur du « Chien des Baskerville », « La maison vide », « Le colonel Sébastian »… Premier contact avec Sherlok Holmes à travers la lecture du « Chien des Baskerville » à Saint Chamond pendant les vacances  avant la lecture quasi complète de l’oeuvre. dans les années 60. Beaucoup dans le travail autour du personnage dans le cadre de l’application pratique Abracadabra (rubrique 6 réappropriation  de l’Art de vivre de l’Astrolabe Compendium) à partir de 2012.

 

 

ANNIE       ERNAUX

 

LA PLACE

Je suis devenue enseignante à Lyon, plus précisément à la Croix-Rousse, après l’obtention de mon diplôme. Je me souviens encore de l’épreuve, du jury et des félicitations mais sans plus. Mes parents avaient l’air contents. C’est deux mois plus tard que mon père est mort.

ANNIE ERNAUX ET MOI...
Née le 1er septembre 1940. Auteur des « Les armoires vides », « Ce qu’ils disent ou rien », « La femme gelée », « Passion simple »… Associée quelque part dans la mémoire collective à Nathalie Sarraute, Hélène Cixous et à des livres courts, précis. Je la découvre dans les années 70 à une époque où la collection 10/18 existait encore. 

 

 

LOUIS-FERDINAND      CELINE

 

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT

Quoi encore ! … Cette femme ! Cette femme ! Quoi d’autre…! Niac peut-être… c’est cela… comme si c’était trop compliqué ! C’est pas d’la dentelle tout d’même ! Ah… ah…! Non… c’est pas tout d’faire des histoires ! Faut savoir le montrer ! Faut imaginer ! Et ça l’intelligence… c’est pas gratis ! C’est du senti ! C’est du niac ! Hop…! C’est la guerre de l’amour ! Oui..! Ceux qui disent zéro pour la littérature ! Faut des vedettes… quoi ! Alors en avant la zizique..! Zut et rezut…! L’écriture j’m’embrouille ! C’est une question de souffle et encore y’en a qui disent que c’est du bouillon…! De la petite raclure…hop !La danse… c’est le vent à l’envers ! Comme s’il fallait penser aux sentiments ! La littérature des tripes à l’air, oui…! 

LOUIS-FERDINAND CELINE ET MOI...
1894-1961, écrivain et médecin. Auteur de « Voyage au bout de la nuit », « Mort à crédit », « Guignol’s band », « Féérie pour une autre fois »… Dès 1979, acquisition de l’œuvre intégrale de Céline (collection Folio puis La Pléiade), découverte du personnage de Ferdinand Berdamu. Plus tard la préparation du spectacle Invisible Seattle avec Céline dans la Bibliothèque invisible (lectures de documents, photos de Céline et sa femme à Meudon, le docteur Destouches… les manuscrits suspendus avec des pinces à linge…). A Paris, visite au passage Choiseul de « Mort à crédit », Céline enfant dans la boutique de mercerie où sa mère fait cuire les nouilles dans une lessiveuse…

 

 

JEANPAUL     SARTRE


HUIS-CLOS

 

Garcin

Toi (il la caresse). Tu es là, je te regarde et je comprends. Si j’avais su..! Tu te souviens : la maison, le vent et les nuages… quelle idiotie ! Pas besoin de tout cela. L’enfer, c’est nous. 

JEAN-PAUL SARTRE ET MOI...
1905-1980. Romancier, dramaturge, philosophe, essayiste, fondateur de la revue « Les Temps Modernes »… auteur de « Huis-clos », « Les mouches », « Les chemins de la liberté », « L’être et le néant »… Une découverte de l’œuvre indissociable de celle de Simone de Beauvoir et d’Albert Camus. Très tôt vers 12  ans la lecture des « Chemins de la liberté », de « Huis-clos », des « Mouches ». Plus tard la philosophie avec « L’Etre et le néant ». Sartre m’accompagne dans ma formation politique, la gauche et le communisme. Je le suis à la trace à Paris et à New York, dans ses amours et ses colères. Avec le temps, la prise de conscience que dans son combat avec Camus  et la découverte des atrocités staliniennes dans les années 50, c’est Camus qui avait raison… Souvenir du soir de sa mort, l’enterrement avec la foule immense à Paris.

 

 

PHILIPPE       SOLLERS

 

PREFACE

Le lecteur (mais de qui s’agit-il exactement ?), moi ou les autres… — exige toujours une lecture sur-montée; c’est à dire poussant au-delà ses contradictions, mettant hors-jeu ses propres conventions et faisant de ses combinaisons — pourvu qu’elles soient siennes — les conditions d’une identité. Car c’est bien de cela qu’il s’agit — ces noms d’auteurs, rassemblés, amalgamés, connus ou inconnus, dilués en un composite de traverses et de coupures, nourrissent et se nourrissent d’un texte originel(al)  jalousement respecté mais toujours éclaté, déplacé (orchestré ?) en un composite de mémoire compacte, ressemblant fort à une histoire d’amour infinie, infernale, là où un homme et une femme se (re)trouvent opposés-épousés dans le temps des retrouvailles. Ces « tu », « je », « nous » de Proust, Sartre, Queneau, Balzac… abandonnent leurs silences (les signes d’un récit linéaire) et (re)trouvent eux aux aussi –enfin ? — l’intégrité de leur logique intérieure extériorisée, une littérature alphabétique, transversale et transgressive des origines. 

PHILIPPE SOLLERS ET MOI...
Né en 1936, fondateur de la revue « Tel Quel » puis de « L’Infini ». Auteur de « Watteau », « Picasso », « Mozart », « Casanova », « Femmes »… Première lecture de Sollers avec sa préface de « Compact », le livre de Maurice Roche. Puis la découverte de la revue « Tel Que »l avant « L’infini ». Lectures d’articles, écoutes d’interviews (en particulier à propos de « Casanova » et « Mozart »). Longues discussions autour de « Femmes » offert à Noël. Préfacier de « Compact », récit de Maurice Roche, rencontre en 1991 avec celui-ci à Lagnes près de l’Isle-sur-Sorgue. Maurice Roche me parle souvent de Sollers.

Isle-sur-la Sorgue, Lagnes

 

 

MAURICE   ROCHE

 

 

COMPACT

 

Comment dès lors faire le départ de l’amour ou de l’infini ?

Du bout des doigts, l’épaisseur fruité des cheveux, la bouche, le ventre (les restes d’un cours d’anatomie ?) avec en exergue « tu m’aimeras parce que je veux que tu m’écoutes et que tu me parles… ».

On se l’enfoncera dans le crâne en attendant la suite, histoire de prendre conscience du piège doré de notre situation et demain plus tard, toujours cette douleur lumineuse pour sortir du cauchemar (et le vivre ailleurs…) à la fenêtre du séjour en un dernier coup d’oeil gris et blanc.

 

MAURICE ROCHE ET MOI...
1924-1997. Ecrivain, compositeur, journaliste, dessinateur, fondateur de la revue « Change », auteur de « Compact », « Codex », « Maladie mélodie », « Je ne vais pas bien mais il faut que je m’en aille »… Premier contact téléphonique avec Maurice Roche en mai 1990, bruits de toux et d’éructations… « ma maladie vous savez, ma maladie… je souffre je souffre… oui… je connais quelqu’un qui pourrait vous aider. Envoyez-moi quelque chose je vais réfléchir… ou organiser des ateliers d’écriture pourquoi pas. Il faudrait contacter mon ami le président du conseil général, il saurait vous dire… rappelez-moi demain matin quand j’aurai retrouvé son numéro, c’est là-haut dans ma chambre. » Le lendemain matin « oui… on a réfléchi à votre affaire hier soir avec ma femme, finalement il vaudrait mieux mon ami JC àl’ Isle-sur-Sorgue, il a une galerie, la galerie Lagier, il connaît du monde il saura vous conseiller, voici son téléphone… » Janvier 1991 un samedi après-midi, rendez-vous chez Maurice Roche à Lagnes, avec JC. ciel gris et froid. Dans sa maison, Roche et ses chats. Quelque chose de célinien dans le personnage(forme du visage émacié ?) ou le caractère excessif, bourru et parfois emporté. Quelque chose avec une photo de Céline à Meudon en 1959 devant sa maison…  Mai 1991 IC à DC « Roche, il est malade quand ça l’arrange »… Beaucoup plus tard, je pastiche « Compact » sous forme d’une exposition intitulée « La leçon d\’écriture » à l’université de Caen.

 

 

MARCEL      PROUST

 

A LA RECHERCHE SU TEMPS PERDU

Longtemps j’ai voulu faire de bonnes œuvres. A peine endormi, la pensée qu’il était temps de chercher la matière même de mon ouvrage m’émerveillait : il me semblait ne pas avoir franchi toutes les étapes pour pouvoir revenir en arrière et creuser alors le mystère de mon avènement, imaginer des histoires où ma volonté se disait, « je m’endors »; quelque chose comme une douce volupté pleine de lumières et jamais troublée. 

MARCEL PROUST ET MOI...
1871-1922. Romancier, essayiste, auteur de « La recherche du temps perdu », « Jean Santeuil », « Pastiches et mélanges »…Premier contact avec la « Recherche du temps perdu »au 51 cours Franklin Roosevelt à Lyon en 1969 avec « Du côté de chez Swann » puis « A l’ombre des jeunes filles en fleurs, » etc… Lectures et relectures pendant plus de vingt-ans avant les rencontres avec différents spécialistes de Proust à la Bibliothèque Nationale à Paris en 1990 en vue de la préparation du spectacle Invisible Seattle à la Bibliothèque Elsa Triolet de Pantin avec Proust comme personnage dans la Bibliothèque invisible. Répétitions avec Richard Aubry puis le même spectacle à l’université de Caen pour le stage du BELC en 1995. Souvenir d’une thématique Proust été 85 sur France Culture, une série d’émissions mises bout à bout une nuit durant, en particulier une visite du Paris de Proust menée par Roland Barthes.

 

 

 

LIEUX   COMMUNS

PETIT INVENTAIRE D’US ET DE COUTUMES

 

 

EMBALLAGE PLASTIQUE POUR APPAREIL PEU ENCOMBRANT– L’emballage est parfait. On ne voit que des bandes blanches. Aucun bruit (crissement, grincement, déchirement…) ne perce la carapace. L’emballage donne toutes les garanties de sécurité pour un transport aérien, fluvial, routier ou autre. Il faut se munir d’une pince et d’un tournevis, c’est plus prudent. Parfois un couteau fait aussi l’affaire. On tranche les rebords et les bouts résistants, on élève de trois quart le paquet afin de libérer les morceaux précédemment introduits dans les parties coulissantes. Le reste des pièces, en principe, doit coulisser par le bas. Dans le cas contraire, il suffit de secouer légèrement les deux extrémités pour obtenir l’effet que l’on recherche, c’est très simple. Ensuite la deuxième étape commence. On se trouve en présence d’un emballage plastique résistant, parfaitement imperméable à l’humidité. Il est inutile et ridicule (il peut servir pour autre chose) de le déchirer et le jeter. Les rebords autocollants s’enlèvent très facilement, il n’y a plus qu’à sortir le contenu. C’est agréable de voir les pièces brillées au soleil. On en éprouve presque une joie enfantine et discrète. On se sent également en parfait accord avec l’odeur subtile de la peinture. Cela fait papier propre ou classe toute neuve. On ose à peine y toucher, c’est presque sacré. Pour des raisons évidentes, il faut ensuite passer à l’action : le montage proprement dit. Il n’y a qu’à se conformer au mode d’emploi plié en quatre (toujours très bien fait). Une fois monté on peut replier le tout dans une pièce sèche, à l’abri du vent. C’est là qu’il sera le mieux, en tous les cas c’est là qu’il se conservera le mieux et pourra resservir pendant de longues années. C’est cela que l’on demande à un tel appareil, une facilité de montage, une efficacité dans l’utilisation, une rapidité dans ses capacités de rangement, une résistance incontestable. Peu d’appareils combinent toutes ces qualités. Peu apportent autant de joie. Quand les hasards du calendrier font rencontrer de tels phénomènes, on ne peut que s’en féliciter et chercher à en faire partager ses proches ou ses amis. C’est un échange de bons procédés.

METRO JOUR ET NUIT — Il y a d’abord un grand corps allongé. On ne voit en fait que la jambe droite comme si le regard n’arrivait pas à distinguer le reste des membres. La lumière est seule responsable de cet état de faits. L’ocre et le rouge se confondent, masquant ainsi les reliefs. Puis un corps plus petit se décale lentement. Il semble planer et ne se rattache à l’autre que par un mince couloir sombre, difficile à définir. Il y a aussi trois pieds et un bout de bras qui pendent sur le côté. On ne voit pas les chevelures. L’originalité, le fait qu’il soit très difficile de rendre compte de la place tenu par cet enchevêtrement. Les rideaux et les strapontins jouent bien sûr leur petit rôle mais cela ne suffit pas. Certains se regardent mais n’osent pas poser de questions. D’autres se retournent comme retenus par une pudeur ridicule et les fait rentrer chez eux en se disant qu’on ne les y reprendra plus.  D’autres encore passent négligemment sans jeter un œil. On dit que c’est le dernier snobisme. Ce sont pour la plupart des êtres jeunes et fortunés qui vagabondent dans la ville, ils vivent de rien et de tout, causant à la régalade et ne se souciant que de vivre ou d’être là. Ils ne peuvent donc assister aux petites transformations…. les pieds ont bougé de quelques centimètres et les yeux hagards cherchent désespérément  une brassée d’air. Un chien est même apparu. Il se vautre lui aussi puis prend une position caractéristique, c’est agréable à voir. Les autres ne semblent pas se connaître. De nouvelles dispositions ont été prises concernant les horaires d’ouverture et de fermeture.

PRODUIT NETTOYANT – On n’est pas obligé de tout faire briller. Il existe maintenant des produits, une fois appliqués, développent des qualités fort appréciables. On peut en mettre de partout : sur les chaises, dans le salon, en haut des armoires ou sur le dos des cartables. Il suffit de se munir d’un chiffon. Dans d’autres cas, des vaporisateurs particulièrement bien adaptés aux situations délicates (dorures, extrémités de torsades, etc…) font très bien l’affaire. C’est une clientèle plutôt jeune qui achète ce produit, les célibataires et les gens pressés étant les plus concernés. Tout a été fait pour cibler ce type de profils (coût, maniabilité…). Aucun sentimentalisme n’est admis. On achète, on consomme et on jette. Finies les mixtures de grand-mères, finies les odeurs de nostalgie ! Aujourd’hui on fait dans le concentré et le pratique. Reste à savoir si la qualité est au rendez-vous… certaines voix se font entendre affirmant que la poussière s’accroche trop facilement avec ce type de produit. D’autres contestent la maniabilité de l’emballage ( des blessures au pouce ont même été signalées ici et là). Les fabricants préfèrent garder le silence. Il est cependant évident que certaines imperfections sont évidentes (prouvées en laboratoires). La plus sérieuse, curieusement passée sous silence par les consommateurs eux-mêmes…, réside dans les petites démangeaisons lors d’une inhalation du produit. Cela commence par une toux pendant deux ou trois jours puis par l’apparition de plaques verdâtres avant de se terminer en irritation de la peau peu sensible certes mais persistante. Devant le mur du silence, on ne peut que conseiller l’application du produit dans une pièce bien aérée ou en plein air (cela n’est pas possible avec certains meubles, armoires du XIIIem ou coffre-fort de l’Ancien Régime). En cas de gros problèmes respiratoires, il est vivement conseillé de faire appel au médecin ou à l’établissement hospitalier du département.

POSITION ASSISE — Le pied droit ne se pose pas directement sur le parquet. Une légère  inclinaison nécessite de faire pivoter le tronc de quelques centimètres puis de l’incliner doucement. Les poussières n’adhèrent plus à la semelle et ne se posent plus sur la chaussure (très ennuyeux quand elles sont brillantes). Il est très néfaste de superposer le pied gauche sur le pied droit, cela développe des varices et fais mauvais genre. On peut inventer d’autres manières de faire qui révèlent le caractère de chacun. La fréquentation des salons s’en trouve très instructive.

ECRITURE — Le métier d’écrivain se compte sur les doigts de la main. On ne voit plus les grands plumeaux à balai façon plume d’oie esquisser des tentatives audacieuses pour retrouver l’inspiration. Il y a simplement un petit écran, un espace lumineux d’écriture automatique. Les uns disent que les enfants s’en trouvent tout chiffonnés, qu’on ne va plus pouvoir leur apprendre l’orthographe, que c’est un malheur, que c’est une tyrannie pire que la télévision… Et la littérature dites-vous ? Une expérience de la main droite ou gauche. Un crayon, un stylo, un clavier… on prend son temps. Une déchirure à contre-temps, une polissonnerie pendant que les fracas du corps vont et viennent… 

LES MOTS DANS LA BOUCHE — L’homme bafouille. Il ne peut prononcer une phrase sans écorcher la moitié des mots. Les consonnes et certaines voyelles sont particulièrement concernées. Cela est moins sensible au téléphone où une certaine assurance peut se manifester avec un haussement de ton (surtout sur les fins de phrase) en fin de conversation; Le bafouillement se développe en public, devant une assistance supérieure à quatre personnes. L’homme  prolonge alors chaque mot d’un mouvement du bras ou de la main. Il semble très heureux entouré de ses enfants, cela lui procure une forme de sécurité, de protection contre les agressions extérieures. C’est un timide. Un être replié sur lui-même. La vie intérieure ne semble pas beaucoup compter pour lui. C’est, pense-t-il, l’affaire des autres, de personnes expérimentées, de professionnels…

APPARENCE — Il est tout à fait possible de dire que c’est vrai sans que cela soit vrai. Je peux le faire sans le croire. L’illusion ne travaille là que comme substitution à autre chose. En somme il faut faire le vide, une totale abstraction de ce qui est. En face ne se trouvent que des fantômes qui alimentent cette identité. L’objet devient un contour abstrait aux variations multiples avec plusieurs lectures possibles. Cela donne une perception en « volume », une sorte de déplanification à l’opposé du premier mouvement qui consiste au contraire à tout mettre à plat. Puisque tout est néant il devient possible de tout identifier, numéroter et cataloguer. Un décalage profond, essentiel, avec l’unité sociale qui, elle, donne du volume à l’identification, à la psychologisation des personnages qui met à plat la perception. Il n’y a pas trente-six façons de voir une chose.

QUAND RIEN NE SE PASSE : Ce n’est rien mais comment peut-on affirmer qu’il s’est passé quelque chose ? Aucune preuve. le couperet tombe inexorablement et il n’y a rien d’autre à faire. Ecouter la terre s’effondrer prend du temps. Ou voir l’eau couler dans le bassin. Une occupation qui ne comporte pas beaucoup de risques mais qui inquiètent ceux chargés de la surveillance (on s’inquiète facilement pour les jeux idiots alors que les divertissements éducatifs assurent un certain confort de l’âme). C’est une bonne raison pour faire la mauvaise tête, c’est à dire avoir un certain recul par rapport aux choses et aux gens. Comme pour leur dire que le temps ne presse pas, on n’est donc pas forcé de savoir exactement où l’on est. Une manière de faire la mauvaise tête (on dit aussi « avoir une tête de cochon »).

ESPACE PUBLIC : C’est un chemin forestier, inhabituel dans un tel secteur. On y accède par une route étroite en corniche qui serpente allègrement entre les arbres et qui débouche sur une plateforme chaotique. On est tout de suite frappé par le spectacle qui s’offre aux yeux. La ville resplendit dans la douceur du soir et semble posée là comme un diamant aux mille éclats.

DOULEUR D’AIGUILLE : Un cri et pas grand chose. L’os au fond de la gorge dégage tout de suite un bon râle qui met rapidement en conditions. Les oiseaux ne s’y trompent pas. Dès la première alerte on les voit se rassembler en courbes harmonieuses et se poser à distance respectable, histoire de ne rien rater du spectacle. Pendant ce temps l’aiguille s’enfonce et le râle augmente. Il se forme des petites protubérances et de la sueur que l’on peut recueillir sans trop de mal. Le teint devient bleuâtre, verdâtre ou carrément jaune. Il est rare de ne pas entendre de petites plaintes stridentes. L’aiguille atteint la région désirée et enclenche le processus inéluctable. Cris, coupure et nouveaux cris. L’affaire est dans le sac. On peut ranger les affaires.

SUR LA ROUTE : Aucune fissure. On peut quand même y passer le doigt. Il y a toujours des granules de pierre et de pierre, ensuite rien. L’œil n’est pas suffisamment exercé. Il faut encore se détacher et comprendre, c’est peut-être un mauvais rêve. L’homme et la femme (s’agit-il du fils et de sa mère ?) avancent rapidement sur une route de campagne. Rien ne semble les arrêter. Ils discutent ou plutôt il sort de leurs bouches une suite de formules prenant rapidement une tournure imprécatoire. Ils arrivent à l’entrée d’un gros bourg ou d’un village. Il y a très peu de monde. Ils se dirigent vers une maison basse assez cossus, et rentrent sans frapper. C’est un cabinet de consultations. La femme qui les reçoit semble les connaître depuis longtemps. Echanges de sourires concertés, on est entre gens de bien… Brutalement l’homme se lève, son regard fait un large tour d’horizon, sa main tremble, les deux femmes restent muettes et assistent sans broncher au départ de l’homme qui claque la porte. On le retrouve quelques instants plus tard sur la route. Il marche à la même vitesse qu’à l’aller. Ses yeux n’expriment rien, et c’est cela qui inquiète. Ainsi n’aperçoit-il pas la femme (celle qui est peut-être sa mère) revenir à grands pas derrière lui. Il ne donne pas l’impression d’en prendre conscience. Petit à petit la femme refait son retard et arrive à sa hauteur. Il est difficile de préciser le temps qu’il lui a fallu. Sans explication, ils font demi-tour. Etait-ce une combine ? une docilité de circonstance ? Autre chose ? Il sont vite chez eux. L’autre femme n’est même pas à la porte. On la retrouve à son bureau en train de consulter une grande bande papier quadrillée découpée sur toute la longueur avec des encoches. La femme hoche pensivement la tête. L’homme s’affale dans l’un des fauteuils (d’un beau cuir fauve) et avoue péniblement qu’il n’est pas doué pour le nouveau roman. Ce à quoi l’autre femme ne répond pas.

TROUBLE(S) DU COMPORTEMENT : On remarque la provocation et l’ambiguïté ainsi que l’agressivité. On retrouve le caractère visqueux et explosif de la personnalité épileptique jusque dans la touche large, empâtée, impulsive et irradiante. Cette vision fragmentaire, « dissociée » de soi et du monde est typique de la maladie. Ces peintures sont pour le malade un effort, une difficulté pour se retrouver et se reconnaître afin de conserver une certaine réalité, menacé qu’il est par l’invasion de son monde imaginaire.

MOUVEMENT(S) : Ainsi acquier-t-on une souplesse du mouvement, une courbe toujours incisive. Il y a de l’ornementation dans le geste; peut-être un instinct de foideur décorative, quelque chose qui pousse à penser que rien ne peut être tenté avant des efforts aussi soudain que violents. Il y a un vouloir-rester, de l’affirmation et de l’aide. C’est l’écart qui sépare le reste de la structure de l’instant présent. On aimerait danser, zigzaguer. A-t-on peur de la vie ? Voilà des remous où l’aube se creuse, laissant paraître n’importe quoi. On le sent dans cette prise d’air. Et puis la courbe se fait replis, stratégie peut-être. On monte, on descend, on se fait prendre au piège. Le temps de l’absence et de la revanche.

CONFESSION : Chaque jour il prend conscience de son importance. Cela a commencé il y a très longtemps mais prend maintenant des proportions qu’il importe de faire connaître, ne serait-ce que pour rendre service à d’autres personnes peut-être dans le même état. Cette importance est à double tranchant, avec des statuts à amplitudes variables. Le concept d’immortalité est acquis, semble-t-il après un certain nombre d’exercices délicats qui finissent par user. il a le mérite de balayer tout sentiment de solitude. Histoire de la rendre neuve et fraiche, d’en faire un produit agréable et viable. L’existence ne se réduit pas à des abstractions quotidiennes ni à des allégations.

FAIRE DES PIEDS ET DES MAINS : Trente millimètres entre l’ongle et le petit annulaire puis trois centimètres entre le pouce et les autres doigts. On n’envisage pas la même chose pour les pieds. Simplement l’écart se creuse puis diminue un petit peu. Cela suffit pour une stabilité moyenne. En cas de légère accélération de la course il faut envisager d’autres moyens de progression et d’autres systèmes de stabilisation. Certaines trouvailles font déjà leurs preuves mais rien n’est encore prouvé. On peut se procurer des systèmes très perfectionnés mais assez chers. Cela fait la joie des enfants et des personnes éprises d’innovation technologique. A la nécessité quotidienne, le goût de la modernité. C’est un bon signe en attendant mieux.

CHIFFRES ET LETTRES : On utilise la face cachée des comptes pour l’addition, qualifiée de probabilité incluse. Deux sortes de combinatoires se présentent alors. La première consiste à réutiliser les chiffres du départ (ceux de la soustraction additionnelle) puis de les élever au carré de l’hypoténuse. On obtient alors un chiffre toujours inférieure à la normale, cela n’a aucune espèce d’importance. Il va servir pour la combinatoire ultime permettant ainsi d’avoir une certaine sécurité. Les extrêmes sont alors au point le plus bas. On les fait varier pour atteindre le plafond souhaité. Opération difficile qui nécessite beaucoup de doigté. Une fois fait, les premières lettres apparaissent. Toujours inversées, toujours complexes dans leurs formations, elles constituent les éléments de base du matériau. Une vertu magique qui compte pour la suite des opérations. La deuxième combinatoire est (en apparence…) plus simple, tout au moins plus rapide. Elle consiste à ralentir la diminution des multiplications et à diviser à tour de bras pour atteindre directement les chiffres du départ. Evidemment cela offre quelques avantages (coût moindre, netteté de l’opération…), pourtant elle ne fait pas l’unanimité auprès des spécialistes qui y ont décelé des sources d’erreurs et de déviation, incompatibles avec la compétition. Il s’agit d’une conséquence assez étrange, elle provoque des crises d’insomnie et de perturbation mentale pour le moins surprenantes. Certains sujets ne s’en sont d’ailleurs jamais remis. La vue d’une surface de jeu les rend particulièrement irascibles et peut même provoquer des crises d’épilepsie qui les contraignent à une passivité fort contraignante. 

INVENTIONS EN TOUS GENRES : Plusieurs solutions sont envisageables (toutes conformes à la législation en vigueur) permettant d’intéresser une clientèle souvent désemparée. Ainsi est-il possible de découvrir….

 

EXPOSITION BIBLIOTHEQUE ELSA TRIOLET, PANTIN

1988

 

LA VOIX DE SON MAITRE

 

« L’œil est superficiel, l’oreille profonde et inventive » Robert Bresson

 

DI VIN

 

BOULVARD  ET PECUCHLET

Tu te rends compte, ce Méclenchon n’a que de la haine, juste un esprit de revanche, son jusqu’au-boutisme va faire élire la droite ou l’extrême droite, disait Boulvard.
– Oui, c’est un peu vrai, tu as probablement raison, disait Pécuchlet.
– Voilà ce type n’est pas honnête, il ne flatte que son ego, avec ses grandes qualités de tribun, il galvanise les foules avec de belles paroles qu’il est bien certain de ne pas tenir. Seul l’échec du P.S. et son é…parpillement complet seront son ultime victoire. Et bien sais-tu Pécuchlet, Malraux a dit ; – l’Homme est la somme de ses actes et rien d’autre … Alors, à la fin, on jugera Méclenchon sur ses actes et non pas sur ses belles paroles !!
– Oui Boulvard, ça mérite réflexion tout ça, c’est compliqué et intéressant bien-sûr.
– Et bien moi, Pécuchlet, c’est pour cela que je ne voterai pas Méclenchon.
– Ah bon, dit alors Boulvard, c’est peut-être aussi parce que tu n’as pas de carte d’électeur !?
– Euh …
– ‘Peut-on être Homme sans être citoyen’ ? Ce n’est pas du Malraux mais réfléchis bien quand même Boulvard, réfléchis … GUSTAVE FLAUBERT.

 

CERVANTES & HUGO

 

Reprise et autres coutures …

Son chien, quelque peu pris de
boisson, sortait de l’estaminet , dans la gueule un poisson, du bar me semble – t – il ? Le prêcheur, lui, un ver à la main, devisait avec mon cheval sur les dernières noces de canassons du quartier Bresson et sur l’utilité de tremper le lombric dans l’aut’e vie, soit disant pour le mieux conserver. Le « mon père » sortait de son église en face. En ce bel après-midi de presque printemps dans le bistro rentra un ibère plutôt doux, c’était un espagnol de l’armée des croûtes ( collectif de peintres qu’ à talent ), je le reconnu à son étrange commande: una Cervantes por favor …, je choisi de m’éloigner en Claudie quand bien même de la gauche guibole à force de boisson il m’en restait la goutte !! Mais Claudie ne voulu pas deux mois, ni dix minutes, et même lançait à la Cantona (ch’ai pu son nom à la dame du king) une hache pour tailler un 🐷!! Alors le merle au choeur qui sifflait par là subtilisa le ver du prêcheur. Moralité ; tant va la cruche Allô (c’est son nom, à la cruche ) qu’à la fin des haricots !! Le prêcheur, du coup, se retrouve cul sec et chope la bière de l’ ibère Annagram ( drôle de nom !!)
Oh cielos, mais que faire dit l’Ibère qui préfère le roux blond (il prononce le h plutôt en r car il est tibaire) car pour lui l’eau tonne ( jusqu’à aujourd’hui on a pas compris ce que voulait bien dire Annagram par cette locution hasardeuse !!) Mais, toujours est-il, on admet cependant qu’il n’est pas bon pour un ibère que l’eau tonne !! C’est alors que, fort surpris de la tournure des évènements, j’ai cru ouïr; – donne-lui tout de même à boire, à l’espagnol, dit le « mon père » ….
*les faits sont inspirés par des grands écrivains … , mais ne le dites à personne, ça mérite la prison !!

 

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