riM O I R E  

2

 

VOUS  ETES  ICI

ZENITH   NADIR

                                                        Le ZENITH, là où se tient la lumière et son NADIR, l’espace des ténèbres.

 

usage du mot (ou de l’image, du son, du graphisme…– ce que l’Etre va chercher au plus profond de lui-même) et la géolocalisation du piéton voyageur dans le chantier, révèlent ce qui le rend semblable et différent, masculin et féminin, singulier et pluriel… — une éniantologie renversante. Dans ce jeu des contraires incarné par les positions du Zénith et du Nadir, le mouvement épouse l’essence du baroque, cette période charnière faisant lieu et lien entre l’époque médiévale et moderne (XIVem – XVIem siècle), une Renaissance correspondant à la fin de la monarchie et sa Révolution. Un axe central autour duquel s’enroulent la poésie, l’architecture, la peinture, la géographie, l’astronomie, la religion, la politique, les grandes explorations, l’Europe et le monde… bouleversant valeurs et croyances, manières de se connaître et s’y reconnaître.

e baroque fait œuf et perle, questionne la dualité et son essentiel, invente une gémellité féconde entre Venise la byzantine et Constantinople la flamboyante, lumineuses à l’excès à travers l’Italie, la France et toute l’Europe. De cette hyperconcentration (des arts, des techniques et des découvertes), apparaît un Compendium de l’Espace/Temps par ses explorateurs (Colomb, Magellan, Cartier, Vasco de Gama…), ses arts (Léonard de Vinci), son architecture, ses inventions technologiques (Sextant) … — un Soleil paradoxal dans le Versailles de Louis XIV, miroir et reflets d’un rayonnement Absolu avant son déclin puis sa chute à en perdre la tête (Louis XVI…). Un Zénith et un Nadir dans toutes leurs correspondances contraires, microscopiques et macroscopiques pour une Parole et son langage interrogeant le sujet, son genre et son nombre dans un jeu d’ombre et de lumière.

 

                                                                                     « Secrétaire à cylindre » de Louis XV

 

ans ce creuset d’Histoire, il suffit de lire le ciel et ses constellations, quelques figures y scintillent puis s’oublient et renaissent, révélant un monde Autre. Ainsi le « secrétaire à cylindre » dont le Roi Louis XV charge en 1760 Jean-François Oeben, maître-ébéniste à l’Arsenal royal, d’en exécuter la réalisation et qui deviendra plus tard le « Bureau du Roi » dans toute son architecture minutieuse. L’objet excite l’imagination. La rotation d’un quart de tour de la clef déverrouille l’abattant et l’ensemble des tiroirs, permettant à l’encre et au papier d’être rechargeables à l’aide de petites trappes dissimulées sur le côté sans que les domestiques n’aient à ouvrir le meuble. Quatre tiroirs disposés par pairs de chaque côté favorisent l’ouverture de l’abattant facilitant l’accès à six tiroirs disposés en deux colonnes latérales. Le centre mobile de la table fonctionne en pupitre ou au contraire bascule à l’avant se transformant ainsi en espace de rangement avec un plateau marqueté surmontant le bureau permettant de positionner une horloge de Lépine. Dans son ensemble une œuvre d’art faisant œuf et perle par sa beauté et son fonctionnement, pièce majeure et brillante dans l’histoire du mobilier français. Un Compendium de savoir-faire en menuiserie et marqueterie, un Compendium de signes et symboles par l’ingéniosité de son mécanisme permettant l’incarnation du Secret absolu et de son Sceau, une image du divin (sacrum facere, faire du secret et du sacré…), l’illustration parfaite du lien Terre / Ciel, les deux corps du Roi. Ainsi élaboré un petit théâtre de l’Unique et du Multiple, le double et son inverse, clos et ouvert sur le monde dans tout son mystère… — personne ne peut ouvrir le Bureau, sauf sa Majesté. Un exemple de bipolarité Zénith Nadir à l’extrême : le sacré du secret, incarné par le Roi (figure de l’Unique), et le secret du sacré représenté par les domestiques (figures du Multiple) chargés d’en assurer la fonctionnalité. Les deux renvoient l’Un à l’Autre mais ne se croisent jamais dans l’Espace et le Temps….

 

                                                                               Pendule de Passemant et Dauthier (XVIIIem)

 

 galement la pendule de Passemant (ingénieur) et Dauthier (horloger) à partir de 1740 et livrée en 1754. Crée en même temps que le réaménagement d’une partie des appartements du Roi Louis XV à Versailles (qu’on appellera ensuite le cabinet de la pendule), elle nécessite douze ans de recherches et d’un travail conjuguant conscience et connaissance du Temps et de l’Espace révélant l’Homme en tant que sujet dans le monde et en tant qu’Etre dans l’univers, une conscience renversante. Là aussi un Compendium de technologie et de savoir-faire à travers un bijou unique et magnifique surmonté d’une sphère en cristal abritant une autre sphère armillaire (latin armilia… cercle, bracelet de la voûte céleste) indiquant la position des planètes (la pendule donne l’heure, le jour de la semaine, le mois, l’année en tenant compte des années bissextiles) et les phases de la Lune. Sa sphère armillaire modélise la sphère céleste en montrant le mouvement des étoiles, du Soleil et de l’écliptique autour de la Terre. D’abord sphère d’observation géocentrique puis sphère Copernicienne intégrant le Soleil, l’invention est ensuite utilisée en astronomie permettant la réalisation de chefs d’œuvres dans toute l’horlogerie des siècles suivants.

insi dans ce secrétaire et cette pendule la même figure de l’œuf et de la perle, le même mouvement de balancier et d’altérité Zénith Nadir dans une Totalité entre la Terre et le Ciel se croisant mais ne se rencontrant jamais. Une correspondance en allers-retours dans la brillance lumineuse de ses éclats, une éclosion inventive et minutieuse à travers les siècles d’un Ailleurs en autant de points cardinaux scintillants à tous les vents. Un rien et un Souffle, là où les extrêmes se rejoignent. Quelque chose raconte midi au cœur de minuit et la nuit dit quelque chose du jour dans son Zénith et son Nadir pour que de « l’ombre naisse la lumière et de cette lumière un peu d’ombre » (taoisme)… Eléments d’un grand Récit, ses légendes et ses mythologies, « …minuit ou midi au solstice, l’instant sacré dans un Temps n’existant pas, l’espace d’une seconde une éternité, là où tout bascule sans doute est-il possible de voir l’au-delà… » raconte une légende roumaine. L’ancien Astrolabe nautique restauré aujourd’hui en Astrolabe Compendium révèle et indique lui aussi, par son principe moteur de dualité altérée et alternée, la densité contradictoire du monde, et comme Christophe Colomb avec l’Amérique, une manière de prendre Parole et Place dans tous ses questionnements.

u’apprendre en effet du clair-obscur, figure baroque par excellence ? Quels nouveaux territoires dans et hors de nous, le sens des limites ou des frontières ? Qui sommes-nous où sommes-nous, reflets du double et de son inverse, là où plonge le regard, l’âme de tous les récits du monde ? Une mise en abîme de la vie et de son mouvement, un corpus de langue et toutes ses tentatives pour se ré-approprier un mandala imaginaire au cœur de la pierre précieuse. La rubrique 1 du Compendium se miroite dans la 5, la 2 dans la 6, la 3 dans la 7 et la 4 dans la 8, autant d’opérations de langage se faisant voûte systémique d’un Ciel et d’une Terre en son Centre de gravité (gravis, lat. ce qui fait poids, pèse d’importance dans l’équilibre essentiel de l’Etre). Une symétrie minutieuse en équilibre sur un fil bifurquant (savamment et précieusement bancale… l’irrégularité de la perle), une pierre précieuse miroitante, double et transversale donnant à voir le monde.

insi s’écrit et se tisse un astrolabe en apesanteur (explorer et découvrir le dedans et le dehors) sécrétant une toile de maillage et d’araignée, un Texte de fil en aiguille… — l’Etre ici et l’Ailleurs dans son inverse. Une Présence invisible mais parlante (« Ni pli ni trou, rien de caché donc rien de visible… ») et pour le sujet éclairé qui l’habite et l’anime, un exercice d’équilibre au-dessus d’un vide à combler, détaché de tout, retenu par un je-ne-sais-quoi-presque-rien… faisant de l’Etre devenu astre une Lumière pieds sur Terre et tête au chevet de l’essentiel. Toute la symbolique des deux grandes aiguilles Zénith Nadir au cadran de leur ®évolution donnant à lire « l’heure » de l’Histoire du piéton voyageur (sa géolocalisation dans son instant et sa durée, son Humanité), sa manière d’Etre au monde dans toutes ses renaissances. Au grand zénith hallucinant du Ciel, sa carte et ses étoiles, une histoire de l’humanité à travers le Temps, souvenons-nous : la géolocalisation de l’Homme sur sa planète (découverte et conquête des mers, des territoires, appropriation et exploitation des richesses, une idée de frontières… — plus aucun espace n’échappe à la connaissance) puis les tentatives de géolocalisation de l’Homme hors de sa planète (conquête spatiale, Lune, stations orbitales, Mars…– une approche du cosmos et de l’idée d’Infini) et aujourd’hui la géolocalisation de l’Homme au-delà de quelque chose, le virtuel (internet, exploration et conquêtes de nouveaux territoires « invisibles » mais connectés, modification des relations, soi et les autres, l’intelligence artificielle, une identité numérique… — mondialisation de l’ici et de son ailleurs, un tour complet de l’Homme sur lui-même dans toute sa révolution). De cette traversée des apparences, un paradoxal retour aux sources de l’œuf et de la perle à portée de clavier, dans un champ kaléïdoscopique et panoramique de l’Etre en complète géolocalisation. La totalité du Moi déterritorialise désormais à l’infini un Temps et un Espace indéfiniment explorables et fécondables.

 

EFFETS   DE   BALANCIER

ZENITH–NADIR ET NADIR—ZENITH

 

 

Rubrique 1 TRAIT D’UNION Rubrique 5 FAITS ET GESTES, MONDE SYMBOLIQUE MONDE DU MOI.

Rubrique 2 NOUS SOMMES ICI Rubrique 6 LA VIE EN JE(UX), MONDE DU VIRTUEL MONDE DU TEMPS

Rubrique 3  AILLEURS ET LES AUTRES Rubrique 7 ARTS ET METIERS

Rubrique 4 LIEUX COMMUNS Rubrique 8 ENCYCLOPEDIE I

 

HUIT   FIGURE  SYMBOLIQUES   

DU   

COMPENDIUM

 

ETOILE DU NORD

 

                                                                                                                        Etoile du Nord ou Grande Ourse

 

‘ étoile à 8 branches, dite aussi « Etoile des Mages », incarne la fusion du microcosme et du macrocosme. On l’assimile à la Grande Ourse ou à l’Etoile du berger guidant les nomades dans le désert, les marins en pleine mer… que l’on aime à repérer facilement les nuits d’été à la campagne. Elle nous rattache quelque part à une mémoire commune un peu archaïque du grand mystère cosmique, là où l’Homme ne ferait qu’Un avec la Nature, en nous éclairant sur l’image bienfaitrice et protectrice d’une Narration collective rassurante car toujours donneuse de Sens. En faisant signe ouvrant sur l’ailleurs et les autres, la voici figure lumineuse et victorieuse des ténèbres, définitivement singulière et plurielle, passerelle entre le dedans et le dehors dans toute sa considération féérique (cum-sidus : comprendre le monde à travers ses perspectives et ses dimensions…). Une aide à la découverte de la voûte céleste de l’Etre et l’écoute de l’au-delà, sa dualité et sa transcendance où l’Un interagit toujours avec l’Autre, une force attractive au centre de la gravité des Hommes. Une manière de s’inscrire affectueusement dans le coeur de l’univers tout en cristallisant la densité des opposés, inspiratrice à sa façon d’un mouvement perpétuel, un corps écrit en mythes et légendes de langues et d’universalité… — sa source son souffle sa finalité, une invention onirique et mystique du monde.

 

‘en éloigner s’en échapper trouble le jeu (le je…) et le Nord à en perdre la vie et la vue devant soi. Une déconnexion de l’Axe du monde hors de son point d’ancrage brouillant les points cardinaux, tous les repères (à en « être déboussolé », le déséquilibre et sa perte… – celle de la crainte des gaulois vis-à-vis d’un ciel pouvant « tomber sur la tête »…), obligeant l’Etre à toujours revenir à l’essentiel. Une manière de questionner son étrangeté, (ce semblable si différent, sa caisse de résonnance en écho et recherche de reconnaissance) sa densité, usant de Tout et de Rien (le mot dans le Compendium ou le « grain de riz » dans le taoïsme), un support intense de méditation infiniment petit infiniment grand. De ce Centre s’écrit l’universalité, là où la richesse de l’Etre se dessine dans sa transversalité (sa capacité à faire circuler entre l’ailleurs et les autres, un souffle un Esprit, le tempo du « moderato cantabile » de Marguerite Duras ou le chant des « Méditations sur les cantiques » de Sainte Thérèse d’Avila). Une géographie du mouvement et de l’élan, particulièrement lisible et sensible dans la traversée des grands mythes de la Connaissance : quêtes enquêtes et recherches pour quelque chose de précieux hors de prix (un trésor, un diamant…). Tous les fondamentaux du Récit initiatique passent par la symbolique du mouvement et du voyage, la primauté de la rareté et de la Lumière. De la légende des Rois Mages se laissant guider par l’étoile dans le désert avant l’apparition de l’enfant Jésus à l’aplomb de la crèche jusqu’à la quête modernisée du Graal et d’Aladin en bande dessinée, Tintin ou Jules Verne en illustrations, littérature (roman policier « cherchant à faire la lumière sur… », roman d’aventures de cap et d’épée) ou cinéma (des frères… Lumière) toujours une lanterne magique une source lumineuse inspiratrice. Celle des encyclopédistes Diderot et d’Alembert et leur siècle le XVIIIem les Lumières ou le Moyen Age sa pierre précieuse à 8 branches enchâssées, « l’escarboucle » (forme minérale du « grenat » en lignes spiraliques), sa réputation magique à briller dans l’obscurité la plus complète, en fait simplement une capacité à capter la plus petite source lumineuse dans le noir le plus profond, à contrario de l’oeil humain…,, de quoi lui prêter toutes les vertus et en faire pour les chevaliers un talisman protecteur sur leur armure avant de partir en croisade (tapisseries des Gobelins). A travers le Temps et les croyances, une même logique interne : faire apparaître une Vérité et se sentir ainsi protégé. De cette métaphore irradiante, proche du procédé de la diffraction de la lumière en photographie ou du miroir vénitien aux contours éclatés vers d’autres regards d’autres ailleurs.., une image non captée mais disséminée, une Parole révélatrice bifurcante, transversale et transgressive obéissant à une loi immuable. La Lumière ne peut se regarder en face, seulement doit-on en accepter, par effet de transversalité, toutes les intersections et les imprévus en autant de routes et destins. Une épiphanie (epifenaios : apparition) de sa transcendance à en fédérer le Sens (son trait d’Union ses mille disséminations…) sans incarner le pouvoir de celui-ci. Une polyphonie de voie(x)s), un obscur soleil innommable dans son mystère : signes et symboles des voyages allers-retours de la Parole traversée pour en faire sous nos yeux sa matrice nourrissière, le mot… — l’épaisseur de la Langue son Histoire, une étymologie du monde.

 insi nous guide la question du choix du piéton voyageur avec l’intime de la Lettre (l’Etre) par le mot dans le Compendium. L’alphabet d’un corps écrit, son intégrité… — une incarnation dans le réel d’une énergie invisible. Le A, le C ou le O souffles d’une inspiration et aspiration de la base vers les sommets (consonne voyelle labiale ou dentale, phonique ou très sourde, quelque part une essence d’Absolu rendue à la réalité… — un yoga de toutes les postures), parler n’est pas innocent. Un oui à la vie sa bienvenue, une identité révélée dans toute sa représentation sonore ou graphique (la voix le geste, la parole le texte, le regard la couleur…), une plastique calligraphique ici mise à jour d’un point d’un trait, une Lettre en son Etre magnifié, ensorcelé et libéré… — l’âme de ses douceurs et douleurs. Sans doute le phrasé (tourner sept fois sa langue…) n’est-il que la révélation et traduction de ce quelque chose d’Autre (en chacun l’étrangeté, l’Unique et l’originalité) — la part minuscule et géante de l’Etre. Son lieu son lien offert à la Terre et au Ciel (ce qui l’enracine, l’élève… — un ADN sacré et secret, la part de sa/crifice qu’il faut abandonner à l’Autre), une rencontre du Corps avec l’Esprit (une langue, un métier, un savoir-faire…). Le destin tragique et magnifique du mot-miroir, ce que reflète le Principe Compendium, n’est que l’éternel glissement de la Lettre dans l’Etre, l’intime d’une correspondance, une logique du mouvement dans l’équilibre de la terre. Une circonférence parfaite de la fin et de son commencement.

 e mot, le piéton voyageur et ses rubriques, un paysage un terroir, des territoires en mouvement. Un même voyage un même environnement et un retour aux sources avec le vent, le ciel, la pluie de l’Ouest ou le brouillard du matin, le soleil de juillet, l’écorce du bouleau, un grain de blé, la main du vendangeur, la parole du grand-père ou le sourire de l’enfant, la pioche du laboureur le geste et son outil, là où quelque chose s’inscrit dans le sol et la lumière, celle des siècles et des descendances : une histoire de l’Origine, l’infime et l’infini… Ainsi l’utopie d’une mémoire quand la main et la Parole se font éclaireuses de territoires, (ubi/topos : là où il y a du lieu un lien, une quête d’Absolu, un travail sur l’Origine du Sens…) et quand celle-ci se trame se trace dans l’immanence de sa mystique (« La vraie connaissance vient de l’intérieur du non-sens… » Socrate). Sans doute le piéton voyageur est-il d’accueil et d’accord — complètement d’ici, peu importe d’où…– sous ses yeux dans le coeur et l’imaginaire intime d’un pays au départ étranger à lui-même (en lui depuis l’Origine mais sans qu’il le sache) puis devenu paysage familier, terroir d’un territoire se faisant écriture, pages à défricher déchiffrer toujours et encore. Le voilà pointillés, relais d’un héritage imprimé au fil des siècles et des pratiques en autant de couches archéologiques, semblables et différentes, façonnant l’art d’une transmission millénaire, un imaginaire dans la conscience collective, sa pesanteur et sa grâce. Et de ces profondeurs une remontée vers le Temps, un enracinement une élévation. L’ailleurs de l’Un vers l’au-delà de l’Autre où le passé le présent en un même mouvement s’unit en un point aveugle vers un Nord complètement éclairant, sa bonne étoile…, là où le corps s’écrit dans le mystère de l’Homme.

 uelque chose se met alors à parler, fait écoute écart sans doute écho : le mot son dialecte son patois (je te re-connais mon pays, mon ailleurs aller-retour entre corps et langage..), l’inscription dans l’espace et la loi de son silence, dedans dehors une Parole muette… — l’esprit d’un Ici es-tu là ? Que faut-il entendre sinon une géographie intime et silencieuse, un babil balbutiant de voyelles et syllabes, un phrasé une remontée vers des temps plus anciens, ancêtres d’une matrice dont il faut mesurer la distance. D’autres ont parlé avant l’heure en ce même lieu, d’autres ailleurs encore demain certainement… — un goût fruité dans la bouche, une pause, un accent une virgule de tout cela un héritage un voyage vers le centre d’une matière en transmission (une « legenda » devant être lu…) se faisant passante, passerelle, chemins et traverses vers des lieux-dits sonores et silencieux, une langue maternelle de l’instant, une renaissance de l’ailleurs et du lien dans ce qui fait chacun Autre semblable et différent. Un fil une filiation une étymologie pour une même traversée du sens questionnant invariablement qui nous sommes et d’où nous venons.

 

CLOU DU CIEL

 

Représentation de la Voûte céleste (tapisserie du Moyen-Age)

 e ciel incarne la division des plans de la conscience cosmique. Il n’est pas un lieu mais un état extatique résultat d’une réunification de la conscience divine. Contempler le ciel, le considérer (cum/sidus : prendre de la distance pour observer les étoiles) est une manière de fixer son regard intérieur sur la réalité infinie pour en saisir le Tout, au-delà des apparences. Le Principe Compendium et son Opération du Saint Esprit créent ce Centre et la densité de son Sens… — le point culminant d’un état, nommé dans l’Antiquité « clou du ciel » dans le petit théâtre de l’univers. L’essentiel de l’Etre à un moment donné (celui du piéton voyageur à l’intersection du choix de son mot et de sa date de naissance) chargé de « porter le monde » dans la représentation symbolique d’une voûte céleste retenue seulement par un clou, un point central et la crainte de sa chute (celle du ciel pouvant « tomber sur la tête »). De cette densité compactée, l’équilibre de l’univers… — son alpha son oméga, sa naissance et sa mort.

 

 L’ŒUF ET LA PERLE

 

     « Le jardin des délices » Jérôme Bosch (1503)

‘Etre et la Lettre au cœur et à corps d’une histoire de la fécondité… — une philosophie de la perle. Le Compendium y invente sa circonférence à l’in[tersection d’un Centre et d’un Sens en mouvement donnant naissance à une cellule (gamète mâle et femelle) devenant figure du masculin et du féminin, unicité dans la dualité, paradoxe des opposés… — le Temps fait ici son œuf (du grec, zygote… lien) et de son Vivant une œuvre (un lieu).

insi l’histoire d’une cellule diploïde (diploos, en forme de double), comme théâtre d’opérations : l’espace et la quête du sujet vers la révélation d’un monde à la fois lié et individualisé, figure plurielle d’une obscure clarté dans sa trajectoire inventive. Un voyage de l’Etre entre origine et finalité, l’Alpha et l’Omega… A tâtons et à travers une maïeutique méditative du mot où tout ce qui fait Signe et Sens (image, son, graphisme…) rencontre l’Etre et ses richesses : l’apparition de l’innommable dans une lumineuse densité de questionnements disséminés.

e chantier Astrolabe Compendium exprime le mystère du comment dire l’Unique et le Multiple dans son étrange étrangeté par une tentative d’éclosion du monde et de sa conscience, une manière de « prendre Parole et Place ». Ici la symbolique de l’œuf se faisant perle, nacre et brillance, dans la diffraction de sa Lumière… — éclat précieux d’un ailleurs éclairant. Un penser baroque du semblable et du différent (« barroco », perle irrégulière en portugais) dans sa féminité et sa créativité sous la protection d’une Lune (une « perle de la nuit » selon la tradition arabe) toujours en mouvement. Miroir de toutes les inversions, effet de ses contraires, la seule pierre précieuse issue du vivant (huître) à laquelle, grâce à l’intervention de l’homme, on fait subir un délicat procédé de fécondation. Sans axe donc sans symétrie sauf déguisée (le joaillier peut en jouer… — du caché déformé laisser croire à une perle parfaitement ronde et devenir ainsi théâtre de la comédie du réel), mère potentielle de tous les vices et vertus (le Haut et le Bas, la Terre et le Ciel, le Nord et le Sud… — hémisphères à l’envers). Brillante, miroitante, attirante mais renvoyant toujours au-delà, bousculant l’ordre du monde, l’ICI de la perle est toujours AILLEURS. Ainsi faut-il en accepter l’indicible et la méconnaissance mais non l’ignorance… — un décentrage du Sens, une révolution copernicienne à l’intérieur et au-delà de soi, une découverte revisitée (comme jadis, l’abandon d’une croyance en une Terre au centre de l’univers puis du Soleil au cœur de l’espace jusqu’à la conscience d’une galaxie au centre de nulle part), un principe post-moderne touchant la matière même de l’espace du dedans et de son langage illimité: la Parole et sa géolocalisation. Autant de questions autour de ce qui fait Centre donc Sens paradoxal de la chiralité (voir Principe Compendium), cœur d’un système jamais clos, conscience d’un Infini… — qui parle et que dit-on dans cet inachèvement ?

ous savons ce que cette matière (cosmique ou langagière) N’EST PAS mais nous ne savons pas ce qu’elle EST. En choisissant un mot Compendium, le piéton voyageur transgresse les repères. L’Instant devient Durée, faisant apparaître une réponse en creux, quelque chose d’Autre (une visibilité invisible intemporelle…), ce que nous ne voulons pas dire mais que malgré soi et sans comprendre nous disons quand même… L’exactitude d’un Souffle innommable. Qui es-tu Toi dans et hors de moi ? Quelque chose (me) parle mais sans savoir quoi. Une ténébreuse Lumière similaire à notre manque de connaissance sur la matière noire de l’univers (paradoxalement « matière transparente » selon les astrophysiciens) et la matière de notre espace du dedans, ce point central opaque si muet si parlant, noir dans toute sa transparence… — là où l’infiniment grand (du cosmos) rejoint l’infiniment petit (du centre de soi). Dans cet entre-deux, un lien invisible nous tisse, nous lie et nous délie (une gamète mâle/femelle entremêlée mais dissociée, un jeu du double et du couple), une absence visible dont l’ampleur de sa dualité finit par créer une tension dialectique entre la théorie de la vie et la réalité du vivant. On sait que la matière noire agit comme creuset, espace de condensation permettant aux galaxies de se former, le Compendium facteur régénérant agit lui aussi comme réceptacle, acteur d’une énergie « noire » structurant un système de langage (cf. rubriques, applications, 8 mondes, mots-clefs, textes fondateurs) similaire aux étoiles et galaxies où se niche ainsi l’alchimie d’une Vérité du vivant et du mouvement… — l’œuf à la perle dans la création d’un monde et toutes ses Renaissances.

DIFFRACTION DE LA LUMIERE

 

                                                                                       

Diffraction du mot et de sa lumière

e phénomène a été découvert en 1655 avec celle de la lumière par Grimaldi. Le comportement d’une onde se modifie quand elle rencontre un obstacle, la densité s’en trouve transformée et prend la forme d’une diffraction résultant de l’interférence provoquée, sa signature en quelque sorte.

 

e Principe Compendium par l’Opération du Saint Esprit diffracte le mouvement, du Moi au mot et au monde. Il crée de l’élan et du sens, une dissémination entre rubriques et 64 applications, 8 mondes, 64 mots-clefs et 8 merveilles. Une démultiplication de l’Etre devenant force centrifuge, rayon laser cristallisant des molécules et propulsant mille facettes de lui-même en interactions… — l’Unique devient Multiple pour un mot en scintillements et magnificence.

 

 

 MANDALA

 

        Mandala, première ébauche…

 

sanskrit signifiant cercle, sphère, communauté dans le cadre d’une méditation. Un travail de recentrage du sujet dans son Yin et son Yang, sa Terre et son Ciel. Le mandala est relié au principe du samsara (ensemble de ce qui circule) dans la philosophie tibétaine, la transmigration de courants et de renaissances successives. Il clôt et ouvre tout à la fois, fait œuvre de Compendium en recentrant le sujet sur l’essentiel et en le propulsant sur l’ailleurs. Le cycle infini « Moi le mot le monde » ressuscite ainsi indéfiniment un principe de réappropriation du sujet avec le réel (mais sans commencement avec le temps) dans l’apprentissage de son lien Terre/Ciel. Un mandala ne se détruit jamais, il se métamorphose autrement ailleurs en un « rien ne se perd tout se recycle »…

 

 ACCELERATEUR DE PARTICULES

 


   Particules accélérées…

 

utre figure du Compendium… un instrument utilisant des champs magnétiques ou électriques pour amener les particules à des vitesses élevées communiquant ainsi de l’énergie à haute tension. Le principe est utilisé en médecine pour certains traitements, également dans le cadre militaire. En physique fondamentale il sert à l’accélération des faisceaux pour les faire rentrer en collision afin d’en étudier les particules élémentaires. Le Compendium par son principe de concentration accélère en un instant précis la densité « électrique ou magnétique » du sujet pour en favoriser le développement et provoquer une diffraction de ses « particules » rentrant alors en contact avec d’autres éléments, un tourbillon du vivant dans son processus intérieur.

 

 MIROIR VENITIEN

 


 Miroir italien du XVIem

iroir d’influence orientale orné d’un large cadre à mille facettes favorisant la diffraction d’une image sur l’ailleurs et les autres. Symbolique de l’âme faisant « déraper », l’image de celui ou celle qui le regarde, vers quelque chose d’Autre, abandonnant ainsi le narcissisme du miroir occidental egocentrique se mirant invariablement dans la même transparence. Le miroir vénitien échappe à celui qui le regarde, et crée indéfiniment de la différence, un partage et du mouvement. Il fait de l’Etre une force centrifuge en son centre propulsant l’essentiel du Moi en d’autres lieux, métamorphosant la sédentarité en nomadisme.

 

 ROUE, ROSE ET ROSACE

 

a roue la rose et la rosace entremêlées. Symboles de la renaissance, du mouvement perpétuel…. Dans l’iconographie chrétienne, la coupe recueillant le sang du Christ, le Graal. Le Centre du monde et des vents, une rose à huit rayons (Grande Ourse…) dans le monde celtique jusqu’à l’Inde. Image de Vénus et de l’amour très représentée dans l’univers héraldique. De cette rose, une rosace… — figure sublimée du cœur de la fleur assimilable à une étoile brillant seulement dans l’obscurité (cf. escarboucle). La rosace ne se regarde que de l’intérieur dans tout son éclat et sa transcendance, du Nadir à son Zénith en un mouvement perpétuel s’accordant avec la roue et la beauté de la Lumière. Figure de la Rose des sables, représentation de la vie, de la spirale et du Zodiaque telle une roue à aube roue de l’aube, symbole de résurgence… l’Unité dans la Totalité.

 

Grimoire 3 

 

F
F
Twitter
astrolabe10 on Twitter
6 people follow astrolabe10

F